‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 334 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

piété. Quelque temps après , il distribua sa fortune aux pauvres , et partit pour bphèse afin de se mettre sous la direction de pieux serviteurs de Dieu , renommés par leurs vertus. Gomme il possédait une belle écriture, il s'occupait à transcrire des livres, et gagnait, par cette industrie , ce qu'il lui fallait pour vivre et faire l'aumône 5 il passait presque toute la nuit en prières. La réputation de saint Alexandre , fondateur des A ce m êtes, l'attira à Gonstantinople , et il entra dans cette communauté. Il donna de si grandes preuves de sa capacité et de sa sainteté , qu'après la mort de l'abbé Jean , successeur de saint Alexandre , Marcel fut élu supérieur de l'ordre. Il attira un si grand nombre de disciples , qu'il fallut augmenter considérablement les bâtiments du monastère. La Providence lui envoya les ressources nécessaires. Un homme très-riche , nommé Pharétrius , vint se placer sous sa direction avec ses enfants et tous ses biens. Marcel construisit une plus grande église , une infirmerie , un logement pour les étrangers , et répara les anciens bâtiments qui tombaient en ruine. Son frère , qui possédait d'immenses richesses , l'ayant institué son héritier, il distribua toute cette succession à d'autres monastères d'hommes et de filles , dont il connaissait les. besoins , sans rien garder pour le sien. Du monastère de Marcel sortirent une foule de disciples qui rendirent dés services signalés à l'Église et aux institutions monastiques. Toute l'existence du Saint était partagée enlre la prière et les devoirs de la charité. Il prenait sur son sommeil pour élever son cœur, à Dieu. Le jour, il commençait par recevoir les malades de cœur et d'esprit , et les renvoyait consolés et fortifiés ; ensuite il donnait audience à oeux qui venaient se plaindre d'avoir reçu des torts \ après les avoir en-

382 gAINT LÉON-LE-GftAND.

tendus , il leur remettait des lettres de recommandation pour les juges et les magistrats, et quelquefois pour l'empereur lui-même. Enfin , il allait visiter les malades et leur procurer toutes sortes de secours. Il acceptait souvent des arbitrages pour terminer des différends et réconcilier des ennemis. Tel était saint Marcel, abbé des Âcemètes , qui assista au concile de ConstanUnople et souscrivit à la condamnation d'Eutychès» Il passa soixante ans dans l'état monastique , et mourut en 485 ou 486.

Saint Siméon Stylite eut un disciple qui imita la vie extraordinaire et les grandes vertus de son maître. Daniel était de la ville de Marathe , près de Samosate. À l'âge de douze ans , il se retira dans un monastère du voisinage , où il manifesta une ferveur surprenante pour la perfection évangélique. Longtemps après , son abbé, que les affaires de l'Église appelaient à Ântioche , lui dit de l'accompagner. Ils passèrent par Télanisse et allèrent voir Siméon. Le Saint ayant permis à Daniel de monter sur sa colonne , il lui donna sa bénédiction, et lui prédit qu'il souffrirait beaucoup pour Jésus-Christ. L'abbé étant mort , les moines voulurent éKre Daniel pour le remplacer ; mais il prit la fuite , et retourna auprès de saint Siméon. Lorsqu'il eut passé quatone jours dans le Mandra , ou monastère situé auprès de la colonne du Saint, il entreprit le pèlerinage de la Terre- Sainte ; mais il eut sur la route une vision dans laquelle saint Siméon lui apparut, et lui ordonna de se rendre à Gonstantinople , pour donner l'exemple d'une vie pénitente à la cour et aux grands personnages. H obçit et passa sept jours dans l'église de Saint-Michel hors des murs de la ville. De là il se rendit k Philempore , et fixa sa demeure dans un petit temple abandonné qui n'offrait

Page 1