‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 336 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

comme un criminel , le renvoya non-seulement absous et libre , mais encore comblé de ses louanges.

On ne sait ni en quel lieu Victrice se retira, ni combien d'années il employa dans les exercices de la piété chrétienne, ayant d'être élevé à l'épiscopat. La réputation de sa vertu et de son expérience dans les affaires de l'Église déterminèrent le clergé et le peuple de Rouen à le choisir pour leur évêque. Celte élection avait déjà eu lieu lorsque saint Paulin, encore engagé dans le monde, vit saint Victrice, vers Tan 389, avec saint Martin de Tours, dans la ville de Vienne. C'est là qu'ils jetèrent les fondements de leur amitié.

Pendant toute la durée de son épiscopat , saint Victrice déploya le zèle le plus admirable pour maintenir la pureté de la foi et défendre la vérité. Sa parole, dune éloquence simple, mais persuasive, l'exemple de ses vertus, ramenèrent à Dieu une foule d'âmes. Un grand nombre d'autres se vouèrent à la vie monastique, ou, tout en restant dans le monde, suivaient, sous sa direction, les pratiques d'une vie chrétienne digne des religieux et des solitaires les plus renommés.

Le diocèse de Rouen, quoique d'une grande étendue, ne suffisait pas à l'ardeur de Victrice pour la propagation de la foi. Il allait encore porter la lumière de l'Évangile parmi les peuples du nord des Gaules. 11 instruisit particulièrement les habitants de la Basse-Picardie , de l'Artois, de la Flandre et du Hainaut. Ces travaux ont mérité à saint Victrice le titre d'apôtre , comme ses premières souffrances lui firent donner celui de martyr par saint Paulin.

Victrice mourut vers l'année 41 5 , après un voyage à Rome entrepris pour justifier la pureté de sa foi contre d'odieuses calomnies. Ce séjour fournit occasion au Pape

et à tout le clergé romain de rendre le plus éclatant hommage à l'orthodoxie et aux vertus du saint évêque de Rouen.

Saint Niniçn , fils d'un prince breton , voulut , bien jeune encore, se consacrer à évangéliser les populations idolâtres de son pays. Pour se préparer à cette mission, il se rendit à Rome , où il s'appliqua en même temps ï F étude des lettres et à la pratique de la religion. Après quelques années de séjour, il retourna dans sa patrie; mais, avant son départ, il fut sacré évêque. À peine arrivé en Bretagne, il acheva d'instruire ceux qui avaient déjà commencé à s'initier aux vérités de la religion. Puis son zèle se dévoua à convertir ceux qui étaient plongés dans l'idolâtrie. Il porta la lumière de la foi dans le pays des Cambriens, dans toutes les provinces habitées parles Pietés méridionaux. Sa mort eut lieu le 16 septembre 432. Un an auparavant, le pape Célestin avait envoyé de Rome un Romain nommé Pallade, avec mission d'évangéliser les Scots, peuple grossier et barbare établi en Irlande. Il prêcha avec beaucoup de succès et forma une Église nombreuse. Ce Saint mourut vers l'an 450.

Mais saint Patrice est l'apôtre que l'Irlande vénère comme le principal fondateur de son Église , si féconde en héros chrétiens, si glorieuse par sa fidélité et son courage , au milieu de plusieurs siècles de malheurs et de persécutions , qui n'ont pu ni vaincre, ni même affaiblir sa foi. Né à la fin du quatrième siècle, mort vers Tannée 464, la vie de saint Patrice correspond exactement à celle de saint Léon, qu'il vint visiter et consulter à Rome, ainsi que nous le verrons.

1/apôtre de l'Irlande naquit vers l'an 377, dans le territoire de la ville d'Àl-Chuyd, appelée maintenant Dun- Britton, en Ecosse. La Providence le prépara aux fiti-

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