CHAPITRE XX
seur, saint Sixte III , confirma la mission de Patrice et lui associa quelques ouvriers évangéliques pour travailler sous sa direction. Après tant d'épreuves et une si longue attente , Patrice touchait donc enfin au but si ardemment désiré. Le nouvel apôtre de l'Irlande revint par Àuxerre, afin de prendre congé de saint Germain , qui lui donna divers avis très-utiles pour faciliter le succès d'une si grande entreprise ; il passa ensuite en Irlande sur la fin de Tan 432, après avoir fait quelques conversions dans les pays de Cambrie et de Cornouailles, au midi de la Grande-Bretagne. Il commença ses fonctions évangéliques par la province de Lagenée , où saint Pallade, son prédécesseur, avait essayé de planter la foi, et Tannée ne finit point sans lui donner la consolation de voir des fruits abondants de son amour pour la conversion et le salut de ces insulaires. Il eut la joie de voir que Dieu, soutenant son zèle et conduisant ses pas, coopérait à ses travaux par sa grâce, et confirmait sa doctrine par les signes et les prodiges dont il accompagnait sa parole. Ayant laissé quelques missionnaires dans le pays de Lagenée pour y continuer son œuvre , il passa dans la province d'Ultonic. La moisson n'y fut pas moins heureuse. L'un des nouveaux convertis lui fit un don considérable qu'il employa à bâtir un monastère qui fut nommé Saball , ou plutôt Sabhall-Padrigh , c'est-à-dire la grange de Patrice , près de la ville de Dow ne. Il le peupla d'un grand nombre d'excellents religieux qu'il avait portés à quitter le monde avec l'idolâtrie , ce qui doit faire juger des prodigieux progrès de la foi dans ce pays. Les conversions augmentant de jour en jour, Patrice fut obligé de multiplier les ouvriers : il ordonna des évêques et des prêtres en plusieurs endroits. Jamais on ne vit un zèle égal à celui avec lequel ces nouveaux
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convertis prêtaient leur concours à saint Patrice pouî briser leurs idoles , démolir leurs temples et bâtir des églises.
De TUltonie, Patrice alla prêcher la pai*ole évangélU que dans la Médie et dans la Connacie, portant le flâûibeau de la foi dans toutes les parties de l'Irlande. Mais les fatigues d'un apostolat. si laborieux , où il y avait beaucoup à souffrir de la rigueur des saisons et de la difficulté des chemins , de la barbarie et de la grossièreté des peuples , n'empêchaient pas saint Patrice de mener encore une vie fort austère. Son corps était couvert d'un rude cilice, et il pratiquait une abstinence trèsrigoureuse. Malgré les occupations multipliées attachées au gouvernement de tant d'églises, il trouvait encore le temps de réciter tous les jours le psautier, avec une foule d'autres oraisons ; la nuit, tout accablé qu'il était sous le poids de ses travaux, il se plongeait dans, l'eau pour Se mortifier, et n'en sortait qu'après avoir récité cinquante psaumes. Il se couchait ensuite sur une pierre et prenait un peu de repos. Jusqu'à l'âge de cinquantecinq ans , il fit tous ses' voyages à pied ; en Irlande, il fut obligé de prendre un chariot , à cause des mauvais chemins.
Dans l'année 444, il retourna à Rome, pour consulter, sur diverses questions, saint Léon-le-Grand, et s'assurer si la doctrine enseignée aux peuples d'Irlande était conforme à celle du chef de l'Église. Avant de rentrer en Irlande, il s'arrêta sur la côte occidentale de la Grande- Bretagne, prêcha la foi aux habitants de ce pays et fonda quelques monastères pour les deux sexes. Après avoir reçu le secours de quelques nouveaux évêques qui lui furent envoyés pour partager ses travaux en Irlande, ils passèrent eftsemblc dans cette île. Patrice ayant distri-