‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 339 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

lroc les diocèses dans les provinces de Lagenée, de Médie et de Connacie , retourna dans l'UItonie , où il bAtit l'église d'Àrmagh, ville où il institua plus tard le siège métropolitain et la primatie de toute l'Irlande. Cette création le détermina à exécuter un nouveau voyage à Romfc , toujours sous le Pontificat de saint Léon, afin de ffeire confirmer l'érection de l'église d'Àrmagh en métropole , ce qui lui fut accordé. A son retour, il assembla le premier concile des évéques d'Irlande.

À cette époque, saint Patrice, rompu et épuisé par tant de travaux, de fatigues et de voyages, se vit condamné à tin genre de vie plus sédentaire ; il passa le reste de se» jours, tantôt à Armagh, tantôt dans son premier monastère de Sabhall, où il soutenait ses disciples par ses prières et ses conseils , s'occupait de tous les détails de l'administration avec la même vigilance et la même sollicitude, prêchait tous les jours, et tenait, chaque année, ses conciles.

Saint Patrice fut en même temps , l'apôtre , le civilisateur et le législateur de l'Irlande. Quand il débarqua dans l'île, les peuples de ce pays étaient si grossiers , qu'ils n'avaient nulle connaissance des lettres ; ils ne savaient pas même écrire, et de tous les arts libéraux, la poésie était le seul qui fût pratiqué parmi eux ; leurs poëtes, à l'imitation des Druides et des bardes gaulois , composaient des rimes mesurées pour conserver la mémoire des action» les plus remarquables de leurs princes, des généalogies des principales familles et des limites de leur terre. Ce fut saint Patrice qui leur apprit le premier à écrire 5 et afin que leurs caractères fussent uniformes , il traçait lui-même les tables alphabétiques qu'il distribuait aux évéques , aux prêtres et à ses au-

très disciples , pour être enseignées à ceux qu'on devait catéchiser.

Le lecteur comprend que j'ai dû nécessairement passer sous silence une foule d'actes d'un grand intérêt dans une vie si longue et si extraordinairement remplie. Par cette simple esquisse, j'ai voulu montrer combien saint Léon a été admirablement secondé dans l'œuvre de la propagation et de la défense du christianisme au cinquième siècle.

Tandis que saint Patrice était envoyé en Irlande, saint Léon donnait mission à saint Valentin d'aller porter la parole évangélique aux populations des bords de l'Inn et du Danube. En quittant Rome , Valentin se rendit directement à Passau et prêcha la doctrine de Jésus- Christ aux habitants de cette contrée. Mais ayant été mal accueilli , il se détermina à planter sur une autre terre l'étendard de la croix ; il retourna à Rome pour y prendre d'autres instructions. Saint Léon l'engageai faire une nouvelle tentative, afin d'adoucir la férocité de ce peuple , ajoutant que, s'il échouait encore T « il lui « permettait et lui ordonnait même , en vertu de son « pouvoir apostolique , d'aller chez d'autres peuples « annoncer la sainte foi. » Ayant dit ces paroles, il lui imposa les mains et le sacra évêque. Bientôt Valentin reparut à Passau ; sa voix s'éleva avec une nouvelle force pour annoncer le salut , mais elle ne put faire germer la foi dans ces cœurs indomptés. Les habitants de ce pays , composés d'ariens et de païens , le maltraitèrent et le chassèrent ; il se rendit alors dans la Rhétie , annonçant partout , sur son passage , la parole de la Rédemption. Il arriva enfin dans les montagnes duTyrol et propagea la foi dans la vallée de Vintschgau. De nombreuses conversions vinrent consoler le saint mission-

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