CHAPITRE XX
482 , il fut attaqué d'une pleurésie. Le quatrième jour de sa maladie, il demanda le saint Viatique; puis ayant fait le signe de la croix , il dit avec le psalmiste : Que tout esprit hue le Seigneur; il ferma les yeux et mourut tranquillement le 8 du même mois. Longtemps auparavant il avait prédit sa dernière heure.
Nous avons vu , dans le cours de cette histoire , que le sang des martyrs qui , depuis le Calvaire , ne cesse jamais de couler pour la propagation et la conservation des vérités évangéliques , n'a pas manqué d'arroser la bonne semence cultivée par le génie , la piété et le dévouement apostolique. Ajoutons encore quelques nomf à ceux de saint Flavien , de saint Protérius , de saint Nicaise, de sainte .Ursule, de sainte Julie, des saints martyrs d'Afrique.
Au commencement du cinquième siècle , le sang d'un martyr procura enfin à l'humanité l'abolition des combats de gladiateurs. Un solitaire d'Orient, nommé Almaque ou Télémaque , élait pénétré de douleur en pensant à ces jeux barbares qui faisaient tant de victimes, et causaient la mort spirituelle de la multitude des spectateurs coupables de cet horrible plaisir. Il quitta son désert pour se rendre à Rome , dans le dessein de détruire , par le moyen que Dieu lui inspirerait , cette sanglante coutume. Le 1er janvier 404 , il arriva à Rome , un jour que toute la population assistait aux jeux du cirque. Il n'eut pas plutôt vu les gladiateurs fondre les xuis sur les autres pour s'égorger, qu'il se précipita vers eux pour les séparer, en s' écriant : « C'est aujourd'hui l'octave du Seigneur, quittez ces superstitions, retirezvous des sacrifices impurs qui se font aux idoles ! » Mais le Saint fut aussitôt enveloppé et massacré par le peuple et par les gladiateurs. Alype , préfet de la ville , t. u. 26
qui était présent, laissa immoler le solitaire > sans aucune résistance. Mais le sang de ce martyr obtint ce que n'avaient pu exécuter ni ses paroles , ni les édits des Empereurs. Honorius, ému du généreux sacrifice d' Almaque , supprima définitivement ces spectacles cruels et impies.
Parmi les nombreux chrétiens auxquels les Barbares firent souffrir le martyre pendant l'invasion des premières années du cinquième siècle , l'Église honore la mémoire de deux laïques , saint Florentin et saint Hilaire ou vulgairement Hilier. Florentin servait dans les troupes romaines. Il demeurait à Pseudua , dans le diocèse d'Autun , avec son ami et compagnon d'armes, Hilaire. Ils jeûnaient et priaient ensemble , se soutenant et s'excitant dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Les Barbares qui ravageaient , à cette époque , la Gaule lyonnaise , s'emparèrent de ces deux fidèles serviteurs de Jésus-Christ , les dépouillèrent de leurs biens et voulurent de plus leur ravir leur foi y le chef des Barbares , pour les forcer à l'apostasie , les fit tourmenter cruellement : on les frappa au visage , on leur brisa les dents , on leur coupa la langue ; mais ils résistèrent héroïquement. Les Barbares , ne pouvant vaincre ces vaillants soldats dé lf Église , les tuèrent d'un coup d'épée , le 27 septembre 406.
Après l'Afrique , la Perse est le pays où. les chrétiens, dans le cinquième siècle , ont été persécutés en plus grand nombre , le plus longtemps et avec le plus de cruauté. Il serait difficile , raconte Théodoret , de décrire et d'exprimer les raffinements de cruauté qui furent inventés contre les disciples de Jésus-Christ. On les écorchait tout vivants ; les mis par le dos, tes autres par le visage , depuis le front jusqu'au menton. Il y avait des