CHAPITRE IX. 40î
fidèles dont on couvrait le corps de roseaux fendus en deux y et quand ces roseaux étaient fortement enfoncés, on ne pouvait plus les retirer qu'en arrachant la peau. On liait à ceux-là les pieds et les mains , et on les jetait ensuite dans des souterrains où ils étaient dévorés par les rats et d'autres animaux affamés. Après avoir fait cesser la persécution pendant quelques années , Iezdegerde , roi de Perse , la renouvela , et son fils Yaranes la continua, en 421 , avec plus de fureur. Saint Hormisdas fut une des plus illustres victimes de sa cruauté. H appartenait à l'une des anciennes familles de Perse ; son père était un satrape ou gouverneur de province , descendant des Arehéménides. Varanes ayant envoyé chercher Hormisdas, voulut l'obliger à renier Jésus- Christ ; mais le Saint fit au tyran une réponse énergique qui jeta celui-ci dans la plus violente colère. Hormisdas fut dépouillé de ses biens et de ses honneurs ; on lui enleva interne ses habits , en ne lui laissait qu'un monceau de toile pour lui ceindre les reins. Réduit à cet état misérable, il fut condamné à conduire les chameaux de l'armée. Le Saint souffrit avec joie ce barbare traitement. Un jour, Varanes l'ayant aperçu par une fenêtre de son palais , remarqua que son corps était tout brûlé du soleil et couvert de poussière. Le souvenir de la grandeur passée d Hormisdas et le spectacle de cet abaissement parurent toucher le cœur de Varanes, qui fit venir en sa présence le Saint. Après lui avoir donné une n*nique de lin , il lui dit : « Quittez enfin votre opiniâtreté etrcaoncez au fils du charpentier. » Horwisda*, transporté dune sainte colère , déehira» la tunique et répondit au roi : « Gardez votre présent , puisque vous voulez me le fei»e acheter par l'apostasie* » Varanes chassa de nouveau le Saint, qui mourut , inébranlable-
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ment fidèle à sa foi , dans la misère et les plus dures privations. Un homme riche et puissant, qui possédait mille esclaves , se distingua aussi par son courage et sa persévérance. Il se nommait Suanès. Varanes ayant en vain essayé de lui faire abandonner le christianisme , lui demanda lequel de ses esclaves était le plus méchant. Suanès le désigna; aussitôt le roi lui fit épouser la femme du Saint, et le plaça, lui et sa famille, sous l'autorité de cet esclave. Suanès résista à cette épreuve et mourut dans la gloire du martyre.
La même persécution ébranla le courage d'un chrétien célèbre à la cour de Perse par sa naissance , ses richesses et ses rares qualités. Il est connu sous le nom de Jacques. Il avait été élevé par des parents chrétiens, qui lui firent épouser une feûime recommandable par sa piété et ses vertus. Quand le roi Iezdegerde déclara la guerre au christianisme, Jacques eut la lâcheté de sacrifier sa foi au désir de conserver la faveur de son mattre. La mère et la femme de Jacques ressentirent une vive douleur de cette chule. Après la mort de Iezdegerde, sous le règne duquel il avait apostasie, elles lui écrivirent la lettre suivante : c Nous savons depuis longtemps que vous a avez renoncé à l'honneur du Dieu immortel , pour « conserver la faveur du prince , avec les biens et les t honneurs de ce monde. Mais qu'est devenu celui à la « faveur duquel vous avez attaché un si grand prix? Le « malheureux ! il a subi la destinée commune , il n'est « plus que poussière. Vous n'avez aucun secours à es- « pérer de sa part; il ne pourra vous délivrer des super plices éternels. Sachez que si vous persévérez dans vo- « tre crime, la justice divine vous condamnera à ces « supplices , comme elle y a déjà condamné le roi vo-