CHAPITRE XX
gneur. Voyant qu'il n'avait plus de doigts ni aux mains, ni aux pieds, il dit à ses bourreaux : « Maintenant que les branches sont tombées, abattez le tronc. Ne vous laissez pas toucher de compassion pour moi $ car mon cœur s'est réjoui dans le Seigneur, et mon âme s'est élevée dans Celui qui aime les petits et les humbles. » On lui coupa ensuite les pieds, les mains, les bras, les jambes et les cuisses. Son tronc, privé de tous ses membres, vivait eacore et continuait à bénir le Seigneur. Enfin, un des gardes lui abattit la tête et termina ce long et glorieux martyre.- Le genre de supplice qu'il a souffert, le 27 novembre 421 , a fait donner à saint Jacques le surnom iïlntercis.
La même année vit aussi le martyre de saint Mahar* sapor, prince de Perse. Il avait été arrêté avec Narsès et Sabutaca qui moururent pour la foi. Maharsapor fut jeté dans une prison infecte où il souffrit, pendant trois ans, toutes les horreurs de la faim. Ce terme expiré, il fut conduit de nouveau devant le juge, qui, le trouvant inébranlable dans la confession de Jésus-Christ, ordonna de le précipiter dans une fosse obscure et d'en fermer l'ouverture. Quelques jours après, des soldats ayant ouvert cette fosse, aperçurent le corps du martyr sans vie, mais environné de lumière et à genoux, comme si le Saint eût été en prières. C'est dans cette posture que Maharsapor avait consommé son sacrifice.
En 424, sous le règne du même persécuteur, un diacre, nommé Benjamin, ftit arrêté et jeté en prison, pour avoir prêché l'Évangile. Délivré, un an après, par l'ambassadeur romain, il recommença ses prédications et fut condamné au supplice. On lui enfonça des pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains, et dans d'autres parties du corps extrêttiètnèfit
sensibles, ce qui fut répété plusieurs fois avec une cruauté inouïe-, enfin il mourut empalé.
Les saintes femmes, contemporaines de sainte Pulchérie, n'ont pas manqué non plus à la gloire spirituelle de cette première moitié du cinquième siècle. 11 commençait à peine, quand la mort enleva à Bethléem, au milieu des plus rigoureuses austérités, Y illustre pénitente et amie de saint Jérôme, sainte Paule. Quelques années après, en 410, mourait dans un monastère d'Egypte une jeune vierge de trente ans, sainte Euphrasie, parente de l'empereur Théodose-lc-Jeune. La Sainte, ayant perdu son père, se retira avec sa mère dans le voisinage d'un monastère composé de cent trente religieuses. La jeune Euphrasie, qui n'était encore âgée que de sept ans, loin d'être effrayée par la sévérité de la règle quelle voyait pratiquer, se sentit, au contraire, attirée à servir Dieu sous ce joug si doux et si léger aux cœurs possédés de l'amour de Jésus-Christ. Elle demanda donc à sa mère la permission d'embrasser l'état monastique. Celle-ci, pleine de joie, présenta Euphrasie à la supérieure, qui mit entre les mains de l'enfant une image de Jésus-Christ. La Sainte baisa respectueusement l'image, en disant : « Je fais vœu de me consacrer à Jésus-Christ pour le reste de ma vie. » Après la mort de sa mère, Euphrasie fut appelée à la cour de Constantinople par son parent l'empereur Théodose qui l'avait promise en mariage au fils d'un puissant sénateur. Mais la Sainte refusa obstinément de violer son vœu, ne demandant à Théodose, pour toute faveur, que la liberté de donner aux pauvres, aux orphelins, aux églises, les biens que sa famille lui avait laissés. Euphrasie passa le reste de ses jours dans les pratiques les plus rudes et les plus humiliantes.