‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 345 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Si le nom de sainte Paule a eu la gloire d'être associé à celui de saint Jérôme, une autre veuve > illustre par sa naissance , sa piété , ses œuvres de charité ^ sainte Olympiade , a eu la gloire d'associer son nom à celui de saint Chrysostome, à ses vertus et à ses épreuves. Les plus célèbres évêques de ce siècle, saint Amphiloque, saint Epiphane, saint Pierre de Sébaste, partageaient l'admiration de l'éloquent archevêque de Gonstantinople pour la Sainte. Elle mourut en 410.

Sainte Paule laissa une fille digne d'elle dans la personne d'Eustochie, dont la plume de saint Jérôme a rendu la mémoire célèbre dans l'Église. Ce fut pour cette Sainte qui! composa son traité de la Virginité, connu sous le nom de Lettre à Eustochie. Elle accompagna sa mère dans les voyages qu elle fit en Syrie , en Egypte et en Palestine, et vécut, sous la conduite de sainte Paule, dans son monastère de Bethléem. Après la mort de sa mère, elle fut élue supérieure de ce monastère. Eustochie avait une intelligence à la hauteur de sa piété. Elle était très-instruite dans les diverses branches des connaissances humaines et surtout dans l'étude de la langue hébraïque. Saint Jérôme lui dédia ses commentaires sur Ézéchiel et sur Isaïe. Eustochie , après avoir été violemment persécutée, dans l'année 416, par les pélagiens , mourut en 419, et fut enterrée auprès de sa mère. La mort elle-même ne put séparer ces deux êtres que la foi et la tendresse tinrent toujours si étroitement unies pendant la vie.

Je ne puis développer, comme je le désirerais, toutes ces existences admirables dans lesquelles se personnifie la société chrétienne de ce siècle. Mais, en terminant ce tableau, je veux raconter, avec plus de détails, la vie de deux saintes femmes, dont Tune fut contemporaine de

410 SAINT LéON-LB-G&AND.

saint Léon et sans douté connue de lui. Ce récit bous donnera une représentation fidèle du genre de vie des grandes dames chrétiennes à cette époque.

Par un privilège que la sainteté a partagé avec la gloire antique, on dit Mélanie t ancienne et Mélanie la Jeune, pour distinguer ces deux nobles romaines qui, à la fin du quatrième siècle et dans la première moitié du cinquième , illustrèrent les Églises d'Occident et d'Orient.

Mélanie l'ancienne était de l'illustre maison des Antoines, et fut élevée d'une manière digne de sa naissance, mais dans les sentiments de la piété chrétienne. Mariée fort jeune , elle devint veuve à vingt-deux ans, chargée d'élever un fils nommé Publicola. Après l'avoir placé entre les mains de tuteurs sages et intègres, elle voulut consacrer la liberté que son veuvage lui laissait au service de Dieu. Il n'était bruit dans le monde chrétien que des miracles de vertus dont les solitaires d'Egypte présentaient le spectacle et le modèle. Tout fidèle qui. aspirait à la perfection évangélique allait visiter te déserts de ce pays. Mélanie s'embarqua donc à Ostie, accompagnée du prêtre Rufin. Elle employa six mois à parcourir les plus célèbres solitudes de l'Egypte. Quand elle revint à Alexandrie , les ariens exercèrent la plus violente persécution contre les catholiques et surtout contre les solitaires de Nitrie et de Soété. Mélanie donna, dans cette circonstance , des preuves magnifiques de sa foi et de sa charité. Elle consacra son existence et ses richesses au soulagement des confesseurs. Pendant trois jours, elle nourrit cinq mille religieux persécutés avec quelques évéques.*EUe les cachait, et. quand ils étaient arrêtés , elle les accompagnait pour les protéger de son autorité ou les racheter des mains

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