‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 349 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

corruption et de l'anarchie , pour confier la pureté de leur âme à la garde du désert. C'est à la même époque , comme nous l'avons vu > que le précepteur des enfants de Tbéodose-le-Grand , Arsène , abandonnait la cour pour embrasser la vie monastique. Saint Nil et saint Arsène s'étaient connus à Constantinople. Saint Nil se sépara de sa femme qu'il aimait tendrement, lui laissa sa fille et emmena avec lui son fils Tbéodule. Us se rendirent tous les deux dans le désert de Sinaï. Les Sarrasins, ayant envahi cette solitude, massacrèrent un grand nombre de moines et enlevèrent Théodule. Le Saint, pour qui ce fils était toute sa joie et son affection du monde , erra longtemps pour chercher son enfant et tomba lui-même entre les mains des Barbares , qui lui rendirent la liberté. Tbéodule avait été exposé en vente, et personne ne voulant donner le prix demandé par les Sarrasins , ces Barbares voulaient le tuer. À force de larmes , il obtint qu'on l'achetât. Il fut revendu à Tévêque d'Éleuse , chez lequel saint Nil finit par retrou* ver son fils; Tévêque le lui rendit, mai» en l'obligeant de le laisser ordonner prêtre. Tout le temps que saint Nil , dans sa solitude , ne consacrait pas à la prière et a la pénitence, était employé à la composition de divers ouvrages qui sont parvenus jusqu'à nous et seront u% monument éternel de son émin ente vertu et de son éloquence. Us lui ont mérité de prendre rang parmi les Pères de l'Église. Ces ouvrages sont: des traités, an nombre de neuf, sur les devoirs de la vie chrétienne et ascétique ; des recueils de sentences ;' un récit du massacre des solitaires du Sinaï et de la captivité de Théo* <J«le 5 des fragments de ses discours sur les fêtes de Piques et de l'Ascension } un grand nombre de lettres (4).

(1) 335 lettres de saint Nil , publiées par le P. Poossines , 1657, in-4«. — Re-

(20 SAINT LÉOX-LE-CRAWO.

Jean Cassien fut, avec saint Martin de Tours, le premier fondateur, en Occident, des instituts monastiques. On ignore l'époque de sa naissance , et les historiens varient sur sa patrie: mais il appartenait à une famille illustre et chrétienne. 11 fut élevé parmi les solitaires de FÉgypte et de Palestine , qui lui inspirèrent le désir d'imiter leurs exemples. Accompagné d'un ami , nommé Germain , il passa plusieurs années dans les solitudes les plus austères de Scété et de la Thébaïde. Ils marchaient nu-pieds, pauvrement vêtus , n'ayant pour vivre que le travail de leurs mains. Ils mangeaient à peine par jour deux pains de six onces. La renommée de saint Chrysostome attira, en 407, les deux amis à Constantinople , où Cassien fut ordonné diacre. Après l'exil du grand archevêque , Cassien et Germain se rendirent à Rome, Dans ce voyage, Cassien fit la connaissance de saint Léon , à cette époque archidiacre de Rome; celui-ci sut apprécier le mérite de Cassien et le pria de réfuter l'hérésie de Nestbrius-, ainsi fut produit le traité de Y Incarnation. De Rome, Cassien se rendit à Marseille, où il fonda deux monastères , l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Le premier a été célèbre sous le nom de Saint-Victor, et Cassien eut sous sa direction jusqu'à cinq mille moines. C'est dans cette retraite qu'il a composé ses principaux ouvrages : les Institutions de la vie monastique , en douze livres, ouvrage fort curieux pour étudier la règle,4 la vie , les mœurs, le costume des moines du cinquième siècle; les Conférences des Pères du désert, où se trouve le recueil des maximes spirituelles des moines les plus expérimentés avec lesquels il avait vécu en Egypte ; le traité de Y Incarnation,

cocil ploi coimdérable encore , par Léon Allatim , in-folio, 1668. Les oiiYrsfcs ** Saint , publiés par Snartt , 1673.

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