‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 350 sur 378 · CHAPITRE XX. 4SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. 4SI

dont je viens de parler. Le style latin de Cassien se distingue par la clarté et la facilité, quelquefois parla chaleur, mais il manque de force et d'élévation. Nous avons vu que cet écrivain n'a pas su éviter quelques erreurs sur la doctrine de la grâce , erreurs qui ont donné nais* sahee à la secte des Semi-pélagiens. L'époque de sa mort n'est pas non plus bien déterminée ; elle paraît pouvoir être portée vers l'an 440 (<).

Les Gaules possédaient , au cinquième siècle , l'asile le plus renommé où se réfugiaient les hommes qui voulaient consacrer leur vie aux exercices austères de la règle monastique et aux études de la science. Ce monastère , fondé en 41 0 par saint Honorât , était situé dans la plus petite de deux îles de la Méditerranée , sur la côte du département du Var, lesquelles portaient le nom de Léritis (2). De ce monastère sortirent des saints \ et des écrivains qui furent la gloire de l'Église et des Gaules. Parmi les contemporains de saint Léon , je citerai surtout saint Hilaire d'Arles, saint Loup deTroyes, c saint Maxime de Riez, sur lesquels je ne reviendrai pas (3) , saint Eucher, saint Vincent de Lérins , Salvien,Fauste.

*- € Sans doute, écrivait saint Eucher, je dois un grand

: respect à tous les lieux du désert, mais c'est principalement ma chère Lérins que j'honore, elle qui, après avoir accueilli dans ses bras maternels ceux qui ont échappé aux naufrages d'un monde orageux , travaillés qu'ils sont encore des agitations du siècle , les introduit doucement sous ses ombrages , afin qu'ils reprennent leurs ' esprits , couverts par cette ombre intérieure de Dieu.

h (1) Éd. des OEuvre* de Cassien, 1732. in-fol., Leipsic.

g (2) Aujourd'hui les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat : c*e«t dans cette

dernière que se trouvait le monastère de Lérins. \fi (3) Voyct 1. 1 , chap. iv ; t. II , chap. XII, XX.

Arrosée d'eaux bienfaisantes, riche de verdure, émailtée de fleurs, pleine de charmes pour l'odorat et la vue, elle offre à ceux qui la possèdent une image de ce paradis qu'ils doivent posséder. Elle est bien digne d'avoir reçu d'Honorat ses règlements célestes, d'avoir trouvé pour ses institutions ce grand fondateur, si remarquable par la force de l'esprit apostolique et la gloire de son visage. Elle est bien digne de nourrir d'illustres cénobites , et de former des prêtres que le monde enviera. Elle voit maintenant à Honorât succéder Maxime , d'une ai grande renommée; elle a vu le vénérable Loup, qui nous a représenté ce loup de la tribu de Benjamin. Elle a vu son parent, Vincent, perle resplendissante d'un éclat intérieur. Elle possède aujourd'hui Gaprasius , si digne de vénération par sa gravité, par ses mérites, qui régalent aux anciens Pères. Elle voit aujourd'hui ces saints vieillards qui ont introduit dans nos Gaules les solitaires de TÉgypte avec leurs cellules séparées (1). »

Saint Eucher naquit dans une famille dont les membres occupaient les premières dignités de l'Empire. Il eut de Galla , son épouse , deux fils qu'il fit élever au monastère de Lérins , et qui devinrent évéques du vivant même de leur père* Vers l'année 422 , Eucher, après avoir distribué uue partie de ses biens aux pauvres et l'autre partie à ses filles qui ne voulurent pas quitter le monde, se retira dans le monastère de Lérins , du consentement de sa femme; celle-ci, de son côté, se consacra aussi au service de Dieu. Inquiété dans cette solitude par le bruit des applaudissements universels qui venaient saluer son génie et «es vertus , il se réfugia dans l'île de Léro , aujourd'hui Sainte-Marguerite. Cest

(I) Trad. de Grégoire et Collowbec.

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