‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 37 sur 378 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

T Église, et en repoussant Julien ,, qui était une dangereuse et trompeuse bétey il donna aux catholiques autant de sujets de joie que si le glawe apostolique n'eût commencé que dès lors à retrancher la tiès-superbe hérésie des pélagiens. En cette occasion le diacre Léon assista Sixte de son conseil. » L'événement fit voir quelles avaient été la prudence et la sagacité de Léon. Car l'hérétique, infidèle à ses promesses, se remit de nouveau à troubler l'Eglise , et reprit la plume pour attaquer la grâce du Rédempteur , ce qui prouve clairement qu'il avait agi avec dissimulation et que ses sentiments intérieurs démentaient en secret ses paroles. (Prosper chron. , ad an. 439.)

L'année suivante Léon fut chargé d'une importante mission qui témoigne de la grande confiance que son caractère et ses talents inspiraient à l'empereur. L'Empire d'Occident, qui, suivant l'énergique langage de Bossuet, attaqué par tant d'ennemis, n'en pouvait plus, se voyait encore affaibli par la jalousie de ses plus grands généraux. Aëtius et Albinus compromettaient la sûreté de l'Empire par leurs dissensions; Léon fut seul jugé capable de mettre un terme à cette rivalité calamiteuse ; il partit pour la Gaule en 440 , et parvint à réconcilier Aëtius et Albinus, dont toutes les forces furent dirigées contre les Barbares. Dans ces siècles où tout manquait à la fois à l'humanité , partout l'Église apparaît comme Fange de la paix et de la charité.

Léon était encore dans la Gaule pour remplir sa mission , lorsque le pape saint Sixte III mourut, dans le mois d'août 440, après un pontificat d'environ huit ans. L'Église et l'Empire se trouvaient dans la situation la plus critique. Les hérésies et les Barbares, les dissensions intérieures , la corruption et les vices de toutes

sortes conspiraient pour ruiner la société et neutraliser les efforts héroïques de salut tentés par l'Église. Dans ce péril immense , tous les regards se fixèrent sur l'homme qui , depuis longtemps déjà , donnait des preuves éclatantes et de son amour pour la vérité catholique et de la supériorité et de la vigueur de son intelligence. L'archidiacre Léon fut élu , et telle était la confiance universelle inspirée par ce choix, que l'Eglise romaine préféra rester quarante jours sans pasteur plutôt que d'en, nomtner un autre , et ces quarante jours se passèrent au milieu de la paix la plus merveilleuse. « Après la mort du pape Sixte , raconte saint Prosper, le siège romain vaqua pendant plus de quarante jours ; le clergé attendait, avec Une grande patience, et dans une tranquillité profonde, l'arrivée du diacre Léon , qui était allé dans les Gaules pour travailler à la réconciliation d'Aëtius et (F Albinos. Le délai même de son retour ne fut pas sans utilité, comme si, ajoute saint Prosper, ce retardement avait été prolongé exprès, pour que le mérite de fétu et le discer* nement des électeurs fussent mis en évidence. »

Aussitôt on adressa à Léon une députation composée des personnages les plus honorables , pour lui faire con«naître les suffrages du clergé , la volonté du peuple de Rome, et les désirs unanimes des gens de bien; et pour l'engager , au nom de tous , à hâter son retour , afin de consoler l'Église par sa présence. Quoique Léon fût bien étranger à l'amour des honneurs , il crut cependant devoir obéir : car , refuser le poste qu'il n'avait pas brigué , c'était manquer de soumission envers Dieu ; et fiiir le pontificat sous ombre de vertu , eût été trahir l'Église, et livrer en quelque sorte le Saint-Siège au pillage : tant étaient grandes alors les intrigues de certains hommes > et les machinations des hérétiques ,, qui redoutaient un

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