‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 38 sur 378 · chapitre m · texte numérisé non relu

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évêqae vigilant et éclairé ! Il partit donc pour Rome : Il y fat reçu avec acclamation par le peuple , avec joie par tout le clergé ; on l'ordonna enfin évêque de l'église de Rome, le 29 septembre 440 * Après quarante et un jours de veuvage, la chrétienté reçut dans la personne de Léon un des pontifes qui devaient le plus glorieusement illustrer le Saint-Siège , l'Église et l'humanité.

À l'avènement de saint Léon les Barbares dépeçaient l'Empire romain ; ils ne se contentaient plus de le cerner de tous les côtés, ils avaient pénétré dans l'intérieur, précédés de la dévastation et de la ruine. Nulle puissance n'était plus capable d'arrêter ces hommes dont la violence broyait impitoyablement tout ce qui se rencontrait sur leur passage $ la Ville, jadis maîtresse du monde, avait été plus d'une fois livrée au sac et au pillage , accablée sous le poids de toutes les humiliations; les pro# vinces s'étaient détachées d'elle : car, dans sa faiblesse, elle n'avait su ni les protéger, ni faire rentrer les rebelles dans le devoir. Sur cette terre inondée du sang de ses habitants, le jeune empire des Barbares s'élevait avec une vigueur primitive au milieu des vastes débris de cet Empire écroulé 5 l'antique et fière domination, vieille de quinze siècles, n'offrait plus aux regards qu'un cadavre dévoré par la corruption, et que le premier coup porté par une main hardie suffisait à faire tomber en poussière et rentrer dans le néant d'où il était sorti.

Les limites de l'Italie étaient devenues celles de cet Empire grand comme le monde; en Italie seulement se conservaient quelques restes inanimés de l'ancienne société ; partout ailleurs se formaient de nouveaux États, La Bretagne , après avoir secoué le joug des Romains , luttait pour son indépendance contre les Pietés et les Scots; les Francs fondaient leur royaume dans la Gaule

et les Visigoths en Espagne; les Bourguignons occupaient la partie orientale de la Gaule 5 et plus terribles que tous les autres Barbares , les Huns se montraient dans un lointain menaçant, semblables à ces nuées sinistres qui portent la foudre. Un homme cependant , Aëtius, tenait tête à l'orage et, de son bras puissant, retenait la chute de l'édifice ébranlé.

L'Église aussi était cruellement éprouvée ; le terrain sur lequel elle avait commencé à élever la société chrétienne lui échappait , et cette jeune société voguait , comme une nacelle sur une eau furieuse , battue sans relâche par les flots des invasions de Barbares. Les hérésies , d'un autre côté , se ruaient sur elle , pour lui ravir son ancre de salut , l'unité et la pureté du dogme : les ariens en Afrique , les manichéens en Italie , le* priscillianistes en Espagne, les pélagiens en diverses parties de l'Empire , les nestoriens , bientôt suivis des eutychiens , en Orient.

Telle était la situation de l'Église et de l'Empire , lorsque Léon monta sur le trône pontifical. Des tempêtes plus désastreuses encore qui se préparaient devaient éprouver le génie et la vertu du nouveau chef de l'Église.

Léon connaissait bien son siècle ; il ne se dissimulait ni les difficultés , ni les périls de sa mission 5 mais la foi la plus vive et le sentiment des devoirs imposés à sa haute position soutenaient son courage. Laissons-le parfer et nous exposer lui-même les pensées qui remplissaient son cœur au moment d'assumer sur sa tête une redoutable responsabilité. Nous allons voir quelle était, au cinquième siècle , l'opinion de la Papauté sur la nature et l'étendue de son pouvoir. Le jour de l'octave de sa consécration , saint Léon réunit les fidèles de Rome et un

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