‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 40 sur 378 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

peu propre à lui être comparé. Afin donc, mes trèachers Frères , que cette tendresse que vous me témoignez unanimement , malgré le peu que je vaux , produise ses fruits véritables , priez instamment la clémence très-miséricordieuse de votre Dieu , qu'il dompte, durant nos jours , ceux qui s'opposent à nous; qu'il affermisse votre foi ; qu'il multiplie votre dévotion et votre piété-, qu'il accroisse la paix; qu'il daigne, moi qui suis son humble serviteur, et à qui il a voulu faire tenir le gouvernail de l'Église , pour déployer les richesses de sa grâce, qu'il daigne, dis-je, me rendre assez fort pour une si rude tache , et utile à votre défense ; et qu'enfin il lui plaise prolonger pour cela le temps de notre servitude , afin que ce qu'il m'aura accordé du côté de l'âge , profite au service que je vous consacre. Par Jésus-Christ Notre Seigneur, ainsi soit-il. »

Quelle foi simple et profonde dans ce langage ! quelle humilité touchante dans la personne de ce Pontife suprême et de ce grand génie ! Quel amour pour Dieu et quelle charité pour son troupeau ! Nous venons d'entendre saint Léon épancher son cœur en actions de grâces vers le Seigneur, en remerciements pour l'insigne témoignage de confiance qui lui a été accordé par l'Église et le peuple de Rome. Écoutons-le maintenant nous exposer ses idées sur les droits et la puissance de la Papauté; ces idées serviront à nous expliquer toute sa conduite pendant son long pontificat. Nous empruntons cette exposition aux sermons qui nous ont été conservés parmi ceux qu'il prononçait chaque année pour l'an-

niversaire de sa consécration en qualité de SQUYwiflr Pontifp :

« Toutes les fois que la miséricorde de Dieu daigne renouveler pour nous les jours où nous avons été honoré par ses bienfaits, nous avons, mes très-chers Frères, un juste et raisonnable motif de nous réjouir, si l'origine du ministère dont nous avons été chargé est rapportée à la louange de son auteur. Je reconnais, en effet , que cette attention convenable pour tous les prêtres est surtout nécessaire pour moi , qui , en examinant d'un côté ma petitesse et mon néant, et de l'autre la grandeur de l'emploi qui m'a été confié , suis obligé de m' écrier, en empruntant les paroles du prophète : Seigneur, f ai prêté F oreille à votre voix et je me suis effrayé: j'ai considéré vos œuvres, etfai été saisi de crainte (1). Car, qu'y at-il d'aussi inusité et d'aussi redoutable que le travail imposé à la faiblesse , l'élévation accordée à l'abjection, la dignité prodiguée au défaut absolu de mérite? Et cependant nous ne désespérons pas , nous ne perdons pas courage , parce que nous attendons tout , non de rçousmêmes , mais de Celui qui opère en nous. C'est pour cela , mes très-chers Frères , que nous avons charité 4« concert avec vous le psaume de David d'où le verset ci* dessus a été tiré, non pour la satisfaction de notre propre orgueil, mais pour la gloire de Jésus-Christ notre Seigneur. C'est de lui , en effet , qu'il est écrit d'une manière prophétique : Vous êtes prêtre pour Téternité

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