CHAPITRE III
selon fondre de Mekhisedeçh, c'tfsfc-à-dire non selon Fon* dre 'fjaron, dont ta sacerdoce, continué dans les diverses branches de sa race , n'eut pour objet qu'un mi+» nistère temporaire , et dut cesser avec la loi de l'Ancien Testament , mais selon V ordre de Mehhisedech , dans la personne duquel a préexisté la figure du Pontife éternel. En ne faisant point connaître de quels parents il est issu, l'Ecriture montre dans m personne Celui dont la généra<lion ne peut être racontée. Enfin , bien que le sacrement de ce divin sacerdoce aboutisse aussi à des fonctions humaines , il ne se transmet point par la voie des générations , et l'on ne regarde point , en y appelant par réélection , ce que la chair et le . sang ont produit ; mais , sans tenir compte du privilège des pères , sans consulter l'ordre des familles , l'Église reçoit pour administrateurs ceux que le Saint-Esprit a préparés ; en sorte que , parmi le peuple choisi de Dieu , dont le corps entier par-* ticipe à la royauté et au sacerdoce , ce n'est pas la prérogative de l'origine terrestre qui obtient Fonction, mais c'est le don gratuit de la grâce céleste qui donne en quelque sorte la naissance au Pontife , et qui l'en* gendre à son saint ministère.
« Ainsi , mes très-chers Frères , quoique nous nous trouvions faibles et paresseux pour remplir le service de notre charge, et que nous soyons retardés par la fragilité de notre condition elle-même , lorsque nous souhaitons d'agir avec dévouement et avec vigueur ; néanmoins possédant incessamment le sacrifice propitiatoire du prêtre tout-puissant et perpétuel qui , semblable à vous
et égal à son père , a fait descendre la divinité jusqu'aux choses humaines , tandis qu'il faisait monter l'humanité jusqu'aux choses divines , nous nous réjouissons dignement et pieusement de ce qu'il a établi; puisque, s'il a délégué à un grand nombre de pasteurs le soin de ses brebis, il n'a pas cependant lui-même abandonné la conduite de son troupeau bien-aimé. C'est de son secours principal et éternel que nous avons reçu aussi le boulevard de l'assistance apostolique qui , sans contredit , n'épargne rien pour s'acquitter de sa tâche ; et le fondement solide sur lequel tout l'édifice de l'Église est construit ne se laisse point affaisser par la pesanteur accablante du temple qu'il supporte. En effet , la fermeté de la Foi qui a été louée dans le prince des apôtres, ne reconnaît pas de bornes dans sa durée $ et de même que nous voyons subsister pour toujours ce que saint Pierre a cru à l'égard de Jésus-Christ , de même nous voyons demeurer jusqu'à la fin ce que Jésus-Christ a établi à l'égard de saint Pierre : car, comme l'atteste la lecture de l'Évangile , notre Seigneur ayant demandé à ses disciples ce qu'ils pensaient de lui , au milieu de la diversité des opinions qui s'étaient formées à son sujet , et saint Pierre ayant répondu , en disant : Fous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant (1), notre Seigneur lui dit: « Vous êtes heureux, Simon Bar-Jona , parce que « ce n est pas la chair et le sang qui vous a révélé cette « vérité, mais mon Père qui est dans les deux. Et moi « je vous dis : Vous êtes Pierre et sur cette pierre ie bâ-
(1) Maib. xvi, 16.