CHAPITRE III
mes brebis (4). Sans aucun doute le pieux pasleur s'acquitte maintenant encore de cette tâche ; il exécute le commandement du Seigneur, en nous affermissant par ses exhortations, en priant incessamment pour nous, afin que nous ne soyons vaincus par aucune tentation. Que si, comme on doit le croire, il fait ressentir partout et sur tout le peuple de Dieu la protection tutélairc de sa piété, à combien plus forte "raison daigncra~t-il nous accorder son aide, à nous qui sommes ses nourrissons, à nous auprès de qui il repose dormant de son bienheureux sommeil, dans son tombeau, avec la même chair dont il était revêtu quand il nous gouvernait? Consacrons donc ce jour anniversaire de notre servitude, dédions cette fête à celui dont le patronage nous a valu l'honneur d'être associés à son Siège , d'être secourus en toutes choses , comme nous l'avons été , par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne, avec Dieu le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Dans le quatrième sermon conservé parmi ceux qu'il prononçait le jour anniversaire de sa consécration, il développe encore avec force les mêmes pensées ; il montre que Jésus-Christ veille toujours sur son Eglise et saint Pierre sur le Siège de Rome. Par Jésus-Christ et saint Pierre, le Pape est le chef de toute l'Eglise. Saint Léon dit :
« Quoique chaque pasleur en particulier veille sur
(U Joan., xxi, 17*
son troupeau avec une sollicitude spéciale et qu'il sache qu'il rendra compte pour les brebis qui lui sont confiées, nous avons cependant un soin qui nous est commun avec tous les pasteurs : il n'en est pas un seul dont l'administration ne fasse partie de notre tâche. »
Nous venons d'entendre saint Léoh nous exposer luimême ses idées et ses sentiments sur l'autorité départie au Saint-Siège ; suivons-le maintenant dans les actes de son pontificat. .