‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 54 sur 378 · CHAPITRE IV. ISS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ISS

corporelle , n'est point altérée par la boue et par les ordures qu'il éclaire, comment l'essence de la lumière incorporelle et éternelle pourrait-elle recevoir quelque souillure en s'unissant à une créature formée à son image? Elle l'a purifiée par cette union, mais sans contracter aucune tache : elle a guéri les blessures que le péché lui avait faites , sans souffrir aucun affaiblissement.

« Ce mystère , qui est le grand ouvrage de l'infinie miséricorde de Dieu , a été annoncé par tous les témoignages des saintes Ecritures , et c'est pour cela que les hérétiques dont nous parlons ont rejeté la loi donnée par Moïse et les écrits des prophètes qui ont été inspirés par le Saint-Esprit. Ils ont aussi falsifié les livres de l'Évangile et des apôtres, en y ajoutant ou en retranchant ce qui ne leur plaisait pas. Ils voient que tout leur est contraire, que le monde entier réclame contre leurs erreurs, et qu'ils sont confondus par toutes les pages de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui condamnent la folie de leur sacrilège impiété ; et cependant ils ne cessent de troubler l'Église par leur opiniâtreté à persister dans leurs mensonges imposteurs. Ils viennent à bout de persuader aux malheureux qu'ils séduisent, que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est point né vraiment homme-, qu'il n'a point été crucifié pour le salut du monde \ que de son côté, percé d'une lance, il n'est point sorti le sang qui nous a rachetés , ni l'eau qui nous a purifiés dans le baptême ; qu'il n'a point été enseveli et n'est point ressuscité le troisième jour; qu'à la

vue de ses disciples il n'est point monté au ciel où il est assis à la droite de son Père au-dessus de toutes les puissances qui sont dans les cieux ; et afin de délivrer les impies de la crainte des peines qu'ils méritent et d'ôter aux saints l'espérance qui les anime , ils s'efforcent de détruire la vérité des articles de la foi contenus dans le symbole des apôtres. Ils nient que Notre-Seigneur Jésus- Christ doive venir un jour juger les vivants et les morts. Après avoir privé leurs sectateurs de la vertu et des grâces attachées aux sacrements, ils leur apprennent à honorer Jésus-Christ en rendant des adorations au soleil et à la lune , et, sous le nom du Saint-Esprit, à adorer leur maître Manès, qui est l'auteur de ces horribles impiétés. »

Le jour de la fête de la Nativité, il développe le même sujet (1) :

« C'est dans de pareilles écoles que prend naissance cette autre impiété qui entraîne quelques esprits crédules et trompés à aller sur les lieux les plus élevés pour adorer le soleil levant. Des chrétiens croient tellement faire en cela un acte de religion , qu'avant d'arriver à la basilique de l'apôtre saint Pierre , qui est consacrée au Dieu vivant et véritable , lorsqu'ils sont au haut des degrés par lesquels on monte à la tribune de l'autel , ils se tournent vers le soleil levant , baissent la tête et inclinent le corps pour honorer cet astre lumineux.

(1) Septième homélie pour la f&ie fie U Nativité.

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