‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 57 sur 378 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

et notamment en ce qui concerne les abominables impuretés qui se commettaient dans leurs réunions, de sorte qu'aucun doute ne fut plus permis. Une des malheureuses victimes de leurs pratiques, jeune fille à peine âgée de dix ans , les deux femmes qui l'avaient élevée et préparée au crime, le jeune homme qui avait abusé d'elle , l'évêque qui avait présidé à la cérémonie , toutes ces personnes étaient présentes et convinrent des faits. Après la publicité donnée à ces scandales, beaucoup de gens qui, jusqu'à cette époque, avaient fait partie de la secte , abjurèrent leurs erreurs , se convertirent , signèrent la profession de foi qui leur fut présentée et se soumirent à la pénitence prescrite. Les endurcis furent punis conformément à la loi. Cependant un grand nombre des partisans de la secte ayant quitté Rome , dès le commencement des mesures prises contre eux , et se tenant cachés dans différentes parties de l'Italie , le Pape , aussitôt que les délibérations de l'assemblée furent closes , fit part du résultat aux évêques italiens T leur envoya copie des actes authentiques qui avaient été rédigés et les exhorta à la surveillance la plus active.

Dans cette circonstance, le gouvernement , comprenant ses devoirs et ses propres intérêts , seconda la décision du Pape. Au mois de juillet de l'année suivante , 444 , les empereurs Yalentinien III et Théodose-le-jeune publièrent une loi d'après laquelle partout où il se rencontrerait des manichéens, on devait leur appliquer les édits contre les sacrilèges. Toute affiliation à leur secte était considérée comme crime d'État; chacun était tenu de les dénoncer; nul ne devait leur accorder d'asile. Les manichéens étaient déclarés incapables de parvenir à aucune dignité militaire ,

d'habiter aucune ville , afin que personne ne pût être séduit par leur fréquentation. Ils ne pouvaient ni hériter, ni tester; tout ce qu'ils possédaient appartenait au fisc 5 exclus de tout recours en justice, ils n'étaient admis ni à porter plainte , ni à passer des contrats. Le chef militaire qui recevait des manichéens au service était condamné à une amende de dix livres d'or. La sévérité de ces dispositions était nécessitée par les mœurs de cette secte qui selivrait à des abominations inconnues même dans les repaires privilégiés de la prostitution (1). Peu de temps après cette destruction des manichéens, saint Léon se vit forcé d'exhorter les évêques de la Haute-Italie à surveiller de plus près les pélagiens. Avant même l'arrivée de Pelage et de Gélestin à Rome , leur doctrine comptait déjà de nombreux partisans dans cette capitale et le reste de l'Italie. Saint Augustin avait même logé chez un d'entre eux pendant son séjour à Rome. Plus tard , sous saint Léon et même avant son pontificat, ils avaient profité de la confusion qui régnait dans l'Eglise pour faire croire à leur orthodoxie et participer aux droits des fidèles. Le Pape invita, à plusieurs reprises, les évêques à veiller sur eux et à n'admettre dans la communion de l'Église aucun individu précédemment attaché à cette secte, avant d'avoir publiquement abjuré ses erreurs et souscrit tous les décrets du concile qui les avait condamnés, avec l'approbation de Févéque de Rome. Mais, ajouta saint Léon, les évêques devaient surtout prendre garde à ce que ces pélagiens convertis

* (1) Leg, nov. Valent, liv. IT, t. II.

Le* cours d'assises, à Paris et dans les départements, bous révèlent des habitudes d'immoralité systématique qui prouvent que notre siècle n'a rien à envier aux manichéens du cinquième. La statistique criminelle constate que les actes de la débauche la plus monstrueuse se multiplient d'année en année.

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