CHAPITRE IV
ses causes loi ayant été portées par appel , selon Tan* cienne coutume, il a confirme ou cassé les jugements qui avaient été rendus. Mais Hilaire , voulant troubler par ses prétentions l'état des églises et la paix de Tépiscopat , s'est écarté de cette route que nos ancêtres ont toujours tenue, et qu'ils ont si sagement ordonné de tenir. Il prétend vous soumettre à sa puissance et se sous* traire soi-même à celle de Pierre , s'arrogeant le droit de faire des ordinations dans toutes les églises des Gaules, au préjudice des métropolitains, et blessant, par des paroles pleines de hauteur, le respect dû à saint Pierre, à qui le soin de paître les brebis appartient plus spécialement, parce qu'il a reçu, avant les autres , le pouvoir de lier et de délier. Quiconque pense devoir lui dénier la principauté , n'en diminuera la dignité en aucune manière ; mais enflé d'orgueil , il se précipitera luimême dans l'abîme. »
Le Pape déclare qu'il a absous Gélidonius sur la déposition des témoins , à qui Hilaire présent n'a su que répondre devant plusieurs évèques assemblés. Il assure qu'il aurait confirmé la sentence portée contre Célidonius , s'il n'avait montré la fausseté des accusations faites contre lui 5 sur quoi il marque qu'on ne doit pas même admettre aux moindres ordres du clergé ceux qui ont épousé des veuves.
Il fait savoir aux évêques qu'il a maintenu Projectus dans son Siège , et il blâme Hilaire d'avoir donné à un évêque malade le chagrin de lui ordonner un successeur de son vivant , et de l'avoir fa^it dans une autre province
où il n'avait aucun droit, le Saint-Siège ayant révoque le privilège qu'il avait accordé pour un temps à Patro— cle 5 et enfin d'avoir fait cette ordination sans avoir pris les suffrages du clergé et du peuple.
Il règle la manière dont on doit faire les élections. Nous avons appris , dit-il , qu'un évêque se fait accompagner d'une troupe de soldats pour se rendre maître des églises dont les évêques sont morts «, et leur en imposer qu'elles ne connaissaient pas. Je vous en prie , mes Frères , je vous en conjure au nom de Dieu , empêchez ces désordres 5 retranchez de vos provinces la cause des dissensions. Pour nous, nous avons déchargé notre conscience devant Dieu en chargeant la vôtre de remédier à ces abus. Il trace ensuite les règles qu'on doit observer dans les élections des évèques. Il faut avoir le témoignage des principaux citoyens , signé des clercs , avec le consentement du clergé et du peuple, afin que celui qui doit commander à tous soit élu par tous. Il rend, dit-il, aux métropolitains le droit de faire les ordinations avec les plus anciens évêques de la province. Il n'est pas permis à un métropolitain de transférer son privilège à un autre ; que si , malgré les décrets apostoliques, il tente de le faire, le droit d'ordination sera dévolu au plus ancien évêque de la province. Enfin, il déclare irrégulières les ordinations qui n'auront pas été faites le samedi ou le dimanche, suivant l'ancienne coutume.
Le Pape ôtë à Hilaire le droit de métropolitain, et même la juridiction qu'il prétendait sur la province de Vienne. Heureux, ajoute-t-il, de conserver son propre siège par l'indulgence du Siège apostolique. Il lui défend d'indiquer des conciles , de faire des ordinations et même d'y assister, parce qu'il avait assez montré qu'il