‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 64 sur 378 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des divins mystères, de calices et de patènes de verre. Il supportait les faibles avec tendresse, sans cependant favoriser le désordre des passions. Lorsqu'il mettait quelqu'un en pénitence, il fondait lui-même en larmes, ce qui inspirait de la ferveur au coupable ; il tâchait ainsi par ses soupirs et ses prières de lui obtenir de Dieu la grâce d'une vive componction. Son zèle s'étendait à toute la province : il en visitait les évêques afin de les exhorter à retracer en eux l'image de Jésus-Christ , le prince des pasteurs. Il fonda plusieurs monastères, et y fit observer la plus parfaite régularité. Il se fortifiait dans la pratique de toutes les vertus épiscopales , par les exemples de saint Germain d' Auxerre , avec lequel il était lié d'une amitié fort étroite , qu'il appelait son père , et qu'il respectait comme un apôtre.

Durant son épiscopat, il se tint plusieurs conciles auxquels il présida , entre autres ceux d'Orange et de Vaison que nous avons fait connaître. Il n'y en eut aucun dans lequel il ne soutint la haute idée que l'on avait conçue de lui. Ce fut principalement & son zèle et à sa prudence que l'on dut les canons de discipline qui furent faits dans tous ces conciles.

La fermeté de saint Hilaire lui fit des ennemis. Nous avons vu, par sa contestation avec saint Léon, que l'ardeur de son zèle l'entraînait quelquefois trop loin. Mais sa mémoire n'eut pas à souffrir de ces fautes qu'il effaça par les plus éclatantes vertus. Accablé sous le poids du travail et des mortifications, saint Hilaire mourut le 5 mai 449 , à l'âge de quarante-huit ans (1).

Dans l'année 446 , le pape s'occupa principalement des affaires de l'Église d'Illyrie. Par le partage exécuté

(1) Voyez sa Vie par saint Honorât, évéquc de Marseille; Godescard.

en 379, au commencement du règne deGratien, une partie de la grande et importante province de l'Illyrie orientale était échue à l'Empire d'Orient, mais les droits patriarcaux du Saint-Siège sur les églises de cette contrée n'avaient, comme de raison, souffert aucune atteinte par ce changement de souverain temporel. Afin de maintenir ces droits dans leur intégrité , malgré la séparation politique, et pour] que la province restât toujours en union spirituelle avec Rome, les papes saint Damase, saint Sirice et leurs successeurs avaient reconnu Tévêque de Thessalonique en qualité de métropolitain et de vicaire apostolique. Mais dans la suite, soit par l'autorité toujours croissante du patriarche de Constantinople, et sa proximité, soit par la manière dont le vicaire du Saint-Siège exerça ses fonctions, des plaintes eurent lieu , et il arriva que les évêques d'Illyrie eurent de fréquentes discussions avec le métropolitain de Thessalonique, et ne se montraient pas disposés, comme ils auraient du l'être, à lui obéir. A l'époque où saint Léon monta sur le trône pontifical, ils en étaient même venus au point de demander à l'empereur la réunion de la province ecclésiastique au patriarcat de Constantinople. Cet appel à l'intervention de la puissance temporelle, dans une affaire qui regardait exclusivemeut l'Église T demeura , il est vrai , sans résultat , mais les prédécesseurs de Léon avaient déjà été plus d'une fois dans la nécessité de rappeler ces évêques à leur devoir envers le vicaire apostolique et le Saint-Siège. En 444, saint Léon confirma Anastase de Thessalonique en qualité de son représentant, et il écrivit de nouveau aux évêques d'Illyrie, en les exhortant à la soumission. Dans cette lettre, « il recommande principalement les ordinations des évêques , où l'on ne doit regarder que le mérite de

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