‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 76 sur 378 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

loups rapaces, qui perdent les faibles et les simples. Or, tel s'est montré à nous maintenant Eutychès , autrefois prêtre et archimandrite. Il paraissait penser avec nous et avoir la vraie foi, quand il résistait à l'impiété de Nestorius et qu'il semblait lui faire la guerre. Ensuite il s'est efforcé de détruire la foi de trois cent dix-huit Pères, ainsi que les lettres de saint Cyrille à Nestorius et aux Orientaux , et de renouveler les anciennes erreurs de l'impie Valentin et d'Apollinaire. Se dépouillant enfin de la peau de brebis , il a soutenu ouvertement devant notre saint concile : qu'il ne faut pas confesser qu'après l'incarnation Jésus-Christ est de deux natures, dans une hypostase et une personne ; que la chair du Seigneur ne nous est point consubstantielle. Mais il disait <p a la vérité la Vierge, qui l'a enfanté selon la chair, nous est consubstantielle, mais que la chair que le Seigneur a prise d'elle ne nous l'est pas \ que le corps du Seigneur, pris de la Vierge , est bien un corps humain, mais non pas un corps d'homme , ce qui est contraire à toutes les expositions des saints Pères.

« Mais pour ne pas allonger cette lettre , nous avons en même temps envoyé à Votre Sainteté les actes de ce qui a été fait il y a quelque temps à son sujet , actes par lesquels , l'ayant convaincu de tout cela , nous l'avons prive' du sacerdoce, du gouvernement de son monastère et de notre communion , afin que Votre Sainteté , sachant ce qu'il en est , signale son impiété à tous les evêques qui vous sont soumis , de peur que, ne sachant point ce qu'il pense ni de quoi il a été convaincu, ils ne communiquent avec lui par lettres ou autrement, comme avec un homme de la même créance. Moi et les miens nous saluons affectueusement , dans le Christ , tous les frères qui sont avec Votre Béatitude. Fasse le Seigneur

que vou$ vous portiez bien et que vous priiez pour nous, Père bien-aimé de Dieu ! »

Cette lettre n étant pas parvenue à Rome, saint Léon, surpris de ce silence de l'archevêque de Constanûnople, lui écrivit en ces termes , le 48 février 449 :

« Comme le très-chrétien et très-clément empereur nous a envoyé des écrits touchant le trouble qui s'est élevé chez vous, nous nous étonnons que votre fraternité ne nous ait rien écrit de ce scandale et qu'elle n*ait pas été la première à nous en instruire, afin que nous puissions connaître les faits avec certitude. Car nous avons reçu une requête du prêtre Eutychès, qui se plaint d'avoir été injustement excommunié sur l'accusation de l'évêque Eusèbe : d'autant plus qu'il proteste avoir comparu à la citation: enfin il assure que, dans le jugement même , il a présenté sa requête d'appellation et quelle n'a pas été reçue : ce qui l'a obligé d'afficher à Constantinople des actes de protestation. D'après cela, nous ne voyons pas avec quelle justice il a été séparé de la communion de l'Église. Mais considérant la cause même , nous voulons savoir la raison de votre fait et que tout soit rapporté à notre connaissance; car, comme nous voulons de la maturité dans les jugements des évéques , nous ne pouvons rien décider sans connaissance de cause. Que votre fraternité nous envoie donc, par une personne capable , une ample relation de ce qui s'est passé et nous apprenne quelle nouvelle erreur s'est élevée contre la foi -, car la lettre du très-pieux empe-

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