CHAPITRE V
a est donc né d'une nouvelle naissance dans un nouvel c ordre de choses. Nous disons dans un nouvel ordre de c choses , car Celui qui , dans le sien , est invisible , est t devenu visible dans le nôtre -, l'incompréhensible a « voulu être compris. Celui qui était avant tous les « temps a commencé à exister dans le temps ; le Sei- « gneur de l'univers en voilant sa majesté , a pris « la forme des esclaves ; le Dieu impassible n'a pas « dédaigné de devenir un homme passible , et l'imt mortel de s'assujétir aux lois de la mort. Nous « répétons encore qu'il est né d'une nouvelle nais- * sance, car la virginité restée intacte , n'a pas connu c Ja volupté et a donné pourtant la matière de la chair c C'est la nature et non pas le péché que Jésus-Christ a « reçue de la mère du Seigneur; et parce que la naissance « de noire Seigneur Jésus-Christ , engendré dans le « sein de la Vierge , est miraculeuse, sa nature n'en <r est pas pour cela différente de la nôtre. Car- le vrai « Dieu est aussi vrai homme ; cette unité n'est point « un mensonge , car l'humilité et la grandeur de Dieu « se sont réciproquement unies et pénétrées. De même « que Dieu n'est point rabaissé par la miséricorde , « l'homme n'est pas absorbé par la dignité. Chacune « des deux formes , divine et humaine , fait , en cornet munauté avec l'autre, les opérations qui lui sont « propres. Pendant que le Verbe fait ce qui est du «r Verbe , la chair exécute ce qui est de la chair. Le « premier brille avec éclat dans les miracles , la seconde
« succombe sous les outrages. De même que le Verbe
« demeure dans l'égalité de gloire avec son Père, la « chair n'abandonne pas la nature de notre race. Car ce le Rédempteur , toujours un et le même , est, nous ne « pouvons trop le répéter, vraiment Fils de Dieu et vraice ment Fils de l'homme. Il est Dieu , puisqu'il est dit : « Dans le commencement était le Verbe, et le Yerbe « était en Dieu \ et Dieu le Verbe est dans l'homme, « puisque le Verbe s'est fait chair et a habile parmi « nous ; il est Dieu , puisque tout a été fait par Lui et ce que rien n'a été fait sans Lui. Homme, puisqu'il est « né de la femme et sous l'empire de la loi. La naisse sance de la chair montre la nature humaine ; la con- « ception de la Vierge est le signe de la puissance dir « vine ; la faiblesse de l'enfant se voit dans l'humilité <c du berceau-, la gloire du Très-Haut se manifeste dans « la voix des anges. Celui qu Hé rode veut faire cruelle- « ment mourir entre dans la vie comme un homme; « mais c'est le Seigneur de l'univers que les Mages vien- « nent humblement adorer. Afin que l'on n'ignorât pas « que la divinité était couverte de l'enveloppe de la « chair, quand il se fit baptiser par Jean , son précur- « seur, la voix du Père retentit dans le ciel, disant: « Celui-ci est mon fils bien-aimé , dans lequel j'ai mis « toute mon affection. Celui-là même qui, comme ce homme , est tenté par les artifices du diable , est , « comme Dieu, servi par les anges. La faim , la soif, la a fatigue et le sommeil sont évidemment de l'homme; a mais rassasier cinq mille hommes avec cinq pains , a mais distribuer à la Samaritaine une eau vive dont