‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 82 sur 378 · CHAP1TAE V · texte numérisé non relu

CHAP1TAE V

dans les églises pendant l'Âvent , et cet usage , assurent quelques écrivains, existait aussi dans la Gaule.

Saint Léon , non content par sa lettre de mettre Fiavien en état de combattre l'hérésie d'Eutychès , écrivit aussi à l'empereur, en s'exprimant de la manière la plus précise sur les rapports du Saint-Siège avec le concile, déclarant que la lettre adressée à Flavien contenait la doctrine même de l'Église catholique sur le mystère de Tlncarnation. Après avoir félicité Théodose de son zèle pour la foi, saint Léon continue :

« Par les actes de la procédure épiseopalo, Eutychès ajant été convaincu d'erreur et d'ignorance , il aurait du renier sa condamnable opinion 5 toutefois, comme la piété de l'empereur avait indiqué un jugement synodal à Ephèse , afin que la vérité se montrât à cet ignorant et aveugle vieillard , il envoyait trois légats pour tenir sa place à ce synode et y porter l'esprit de justice et de miséricorde, afin que l'erreur soit condamnée , puisqu'on ne peut douter quelle est la foi chrétienne , et que l'on pardonne à Eutychès , s'il se repent , suivant la promesse qu'il a faite dans le mémoire qu'il m'a envoyé, de corriger tout ce qui aurait été improuvé par notre sentence. Quant à ce que l'Église catholique croit et enseigne universellement sur le mystère de l'Incarnation du Seigneur, la lettre ci-jointe, à mon frère et coévêque Flavien, l'expose pleinement (1). »

Le Pape déploie l'activité la plus infatigable dans le but d'éclairer sur la doctrine de l'Église tous les personnages appelés à exercer une influence dans les délibéra-

(I) Ep. xxix.

202 SAINT LÉON*LÊ.GRÀND.

tions qui allaient s'ouvrir pour décider l'affaire d'Ëutychès, afin qu'ils puissent juger en pleine connaissance dd cause. Il eut soin d'écrire à l'impératrice Pulchérie, dont il loue le zèle contre les hérétiques : « Si Eutychès , dit-il, persiste dans son erreur, personne ne pourra révoquer la sentence qui aura été prononcée contre lui par les évêques. Il ajoute que n'ayant reçu la lettre dé convocation au concile que le 13 du mois de mai, à peine a-t-il assez de temps pour y envoyer des légats. Pour lui, il ne peut s'y trouver en personne , aucun de ses prédécesseurs ne s' étant encore trouvés à des conciles tenus hors de Rome , et l'ctat des affaires ne lui permettant pas de quitter son Siège et sa patrie sans mettre le peuple au désespoir (1). »

Les Huns menaçaient l'Italie que , trois ans après , ils envahirent.

Dans une autre lettre aux abbés de Conatantinople, le Pape leur déclare positivement que la doctrine, telle qu'il l'a exposée, est puisée dans la tradition et dans les Pères (2).

Il envoya ses instructions dans deux lettre* adressées à Julien, évêque de l'île de Cos, chargé, avec les prêtres René et Hilaire, de représenter le Saint-Siégo auprès du concile. Dans la première, il résume l'enseignement dogmatique développé par la lettre à Flavien •, dans la seconde , il renvoie Julien à la lecture de ce document pour apprendre quelle est la foi de l'Église romaine, et il termine en disant que si Eutychès se corrige, il faudra user d'indulgence à son égard, et se relâcher de la sévérité de la sentence prononcée contre lui (3).

(1) Ep. xxx.

(2) Ep. xxxi.

(3) Ep. xxxiv , xxxv.

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