CHAPITRE VI
clergé d'Occident vous supplie avec instance d'ordonner la célébration d'un concile général en Italie, pour réparer ou adoucir tous les torts , de manière à ce qu'il n'y ait plus rien désormais de douteux dans la foi , ou de divisé dans la charité. Il est bien entendu que les évoques des provinces d'Orient assisteront à ce concile et que, si quelques-uns d'entre eux, entraînés par les menaces et par les voies de fait , se sont écartés du chemin de la vérité , on leur rendra leur ancienne vigueur, en employant des remèdes salutaires ; ceux même dont la position est moins digne d'intérêt ne seront pas retranchés de l'unité de l'Église s'ils se rendent à de plus sages conseils. Les décrets contenus dans les canons faits à Nicée, par un concile œcuménique, font voir clairement combien la demande formée par les prélats d'Occident est nécessaire , après l'appel que Flavien a interjeté. Favorisez les catholiques selon votre coutume et selon la coutume de vos ancêtres ; accordez-leur la liberté de défendre la foi , car ce n'est pas seulement la cause de l'Église que nous plaidons, c'est aussi celle de votre couronne et de votre sûreté; notre requête tend à vous faire jouir paisiblement des provinces soumises à votre domination. Protégez l'Église contre les hérétiques, et ne permettez pas que sa tranquillité souffre la moindre atteinte, si vous voulez que la main toutepuissante de Jésus-Christ protège à son tour votre empire.
« Donné le troisième jour avant les ides d'octobre,
son* le consulat d'Âstémls et de Protogène, personnages elarissimes (4). »
La seconde lettre synodale de saint Léon et du concile de Rome est adressée à sainte Pulchérie ; il se plaint de ce que sa lettre à Flavien n'a point été lue à Éphèse; il déclare que tous les évêques d'Occident conservent la communion avec Flavien , et prie la princesse , au nom du bienheureux apôtre Pierre , d'obtenir de l'empereur la convocation du concile universel. La troisième lettre est écrite au clergé, aux magistrats et au peuple de Constantinople , pour les consoler et les encourager k rester fermes dans la foi et l'obéissance à leur évéque^ « Car], dit-il , quiconque osera usurper le siège de Flavien de son vivant, ne sera jamais dans notre communion ni au nombre des évêques. » La quatrième lettre est envoyée à Fauste, Martin, Pierre, Magnus, Élie, Emmanuel, tous prêtres et abbés de Constantinople , pour les prier de se souvenir de leur sainte profession , de ne se séparer ni de l'unité de la foi, ni de leur saint pasteur,
Toutes ces lettres sont datées du 1 5 octobre 449 (2).
Saint Léon écrivit encore d'autres lettres en son nom personnel : à saint Flavien , dont il n'avait pas encore appris la mort , pour le consoler et l'exhorter à souffrir avec constance $ à Anastase de Thessalonique , pour le féliciter de ne s'être point trouvé à Éphèse, l'exciter à demeurer ferme dans la foi et la communion de Flavien, et à soutenir la fidélité des autres ; à Julien de Cos, pour lui promettre son appui et l'assurance de promptes mesures destinées à remédier à ces violences.
(1) Qnesnel. Ep. xxxix , xl.
(2) Bp. Xtv, XLTli.