LA VIEUX-RUE
Parrochia de veteri vico apud Rutem, 1229. Ecclesia de Veteri Rua, Eud. R. La Vieil rue, i4i9.Lavieu Rue, 1648.
Saint-Martin.
On trouve aux archives départementales une charte datée de l'an de grâce 1296, qui commence ainsi :
« A tous cens qui ces lettres verront, le vicomte de Rouen salut. Sachiez que par devant. nous fu présente Maheut .la reine jadis famé Eustace de Conetot, de la paroisse de la Viez Rue, qui, de sa bonne volonté, recognut que elle avait donné et de tout en tout quitie et dclessie a tous jours a hommes religieuls le prieur et le couvent de Saint Lô de Rouen pour Dieu et pour aumosne et pour le salu de samç et de ses amis a lusage et laumosne as dis religieulz, cest assavoir une masure avec les edeffices dessus mis et la terre qui i appartient avec tous les fruis dessus croissans et estans en ceste présente anée assise en la dite paroisse entre la terre Engucrran Bance et la terre Jehan
deBoutigny, etc., si comme elle se pourporte join tout
le droit, laction, la seigneurie et les propriétés que elle avoit povoit et devoit avoir et povoit demander et requerre en tous biens moebles et non moebles en court layc et en court de église envers quelques personnes qije che soient pour quelque manière, pour quelque reson et cause que che soit ou peust esire en tens présent et au tans avenir. . . et promist ladite Maheut pour soy et pour ses hoirs et jura sus saintes evangilles que jamais es devant dites choses ne en aucune dicheles ne demandera ne réclamera pour reson deritage de conqucst de douaire, etc. En tesmoing de cheu nous avons mis a CCS lettres le sccl de la vicomte de Rouen. Che fu fet lan de grâce mil ce i^,ï^, et scze.^»
La mcmc année, plusieurs autres individus, parmi lesquels
nous trouvons les noms de Hel , Laceliere, Aubree la
Bachelière, Guillaume Boisscl, de la paroisse d'Escales, Raoul duesnel, Thomas Godart, de la paroisse de Bouville, abandonnent également aux religieux, dans la paroisse de la Fiei Rue, une pièce de terre touchant à la propriété que
venait de lui céder MahcutLarcine, devant le môme vicomte de Rouen.
Dans un ancien inventaire, dressé vers la fin du xv* siècle, on voit que les religieux de Saint-Lô possédaient à la Vieux-Rue plusieurs rentes et un assez grand nombre de pièces de terre qui leur avaient été presque toutes concédées dans les xm' et xiv* siècles. Elles constituaient un fief noble ayanl droit de tryeou volliére; droit qui fut fiefl^é moyennant dix sols de rente fontiire et seigneuriale. Les déclarations de 141 9 et 1462 s'expriment ainsi :
« Item, en icelle viconté de Rouen, en la paroisse de la Viel Rue, ung petit fief noble, contenant environ soixante acres de terre auquel a court et usage hommes et resseans prevost rentes en deniers, grains, oefs, oyseaulx avec reliefs et treizièmes quant ils eschieent et tout ce qui a simple justice appartient. »
Ce fief nommé « Les aînesses Gausefeugère », suivant l'aveu de 1577, situé en la paroisse a de la Vieil Rue, doibt par chascun an à cause dudict fief, terre et seigneurie, la somme de vingtz denycrs tz et un chappeau de roses au jour de Saint-Jean ... xx d. »
D'après une charte de Henri II, roi de France, datée de Rouen, en l'année 1554, il était défendu aux officiers de la terre et seigneurie de Préaulx, de troubler, en quoi que ce fut, les religieux de Saint-Lô sur leurs fiefs nobles de Saint-Léger de Bourdeni et de La Vietirue , qui ne devaient aucune charge ni redevance d'aucun genre.
Le 7 juin de l'année 1577 on fut obligé de vendre le fief noble de la Vieux-Rue, appelé L^ Port Morin^ pour satisfaire aux taxes imposées sur le clergé.
Suivant les pouillés, c'était le prieur de l'abbaye du Bec
qui nommait à la cure, laquelle valait, du temps d'Eude Rigaud, trente livres et comptait loo feux.
La Vieux-Rue dépendait du doyenné de Ry, bailliage de Rouen. Aujourd'hui, c'est une commune de l'arrondissement et à 14 kilomètres de Rouen, canton de Darnétal, 300 habitants environ.