‹ Histoire du prince de BismarckChapitre 16 sur 28 · I VV*' ^" 1M* I · texte numérisé non relu

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ritalie ; on devait s'allier en vue du maintien du statu quo et du respect du traité de Prague; des lettres avaient été échangées à cet effet entre les souverains ; on avait même étudié des plans éventuels de campagne. Mais aucun traité n'avait été signé; à peine existait-il une ébauche de traité au moment où l'Empereur, sans consulter l'empereur d'Autriche, sur qui il comptait le plus, contre le gré même du cabinet de Vienne, déclarait la guerre. C'est seulement lorsque les hostilités étaient déjà commencées, que les négociations furent reprises avec Vienne et Florence; mais, au moment même où elles étaient près d'aboutir, elles furent rompues, par suite des défaites soudaines des armes françaises. De son côté, le comte de Bismarck n'avait rien négligé, depuis quatre ans, pour neutraliser l'alliance éventuelle entre la France et l'Autriche. A cette fin, dès le lendemain de la guerre de 1866, il avait donné tous ses soins aux rapports avec la Russie. L'amitié personnelle de l'empereur Alexandre II pour son oncle le roi Guillaume, les propres relations d'ancienne date de M. de Bismarck avec les personnages influents do la cour de Saint-Pétersbourg facili^ tèrent beaucoup les efforts du chancelier fédéral. La politique française dans les affaires de Pologne, en 1863, avait refroidi les rapports qui s'étaient établis en 1857 entre la France et la Russie ; le souvenir de l'attentat commis contre lui à Paris, en 1867, par un Polonais, avait laissé dans Tesprit du czar des traces indélébiles; enfin, les engagements pris par M. de Bismarck en vue d'aider la Russie à se débarrasser des clauses gênantes du traité de Paris relativement à la mer Noire : toutes ces circonstances avaient rendu impossible pour le cabinet des Tuileries de détacher la Russie de la Prusse. Dès le début de la guerre, le cabinet

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de Vienne pouvait se convaincre que la Russie s'était engagée envers la Prusse à gêner toute action effective de rAulriche en faveur de la France.

La guerre et les défaites des armées françaises. — M. de Bismarck en présence de TEmpereur vaincu. — Illusions de M. Jules Favre. — Exigences de TAIIemagne. — M. de Bismarck prépare TEurope à l'annexion de TAlsace-Lorrainc—Avortement des pourparlers de Ferrières. — Impatiences. du quartier-général allemand de Versailles. - Irritation de M. de Bismarck contre les Français. —Il insiste sur la nécessité de bombarder Paris. — Il cherche à écarter l'intervention des neutres. — M. Thiers à Versailles. — Nouvel échec des négociations.

— Capitulation de Paris. — Les cessions territoriales admises eo principe. — L'opinion en Allemagne demande l'annexion de TAlsace-Lorraine. — Un tribunal international pour juger les promoteurs de la guerre. — M. de Bismarck menace de traiter avec Napoléon.

— L'occupation de Paris ajournés. — M. de Bismarck et M. Gambetta. — Préliminaires de Versailles. — Cession territoriale et indemnité de guerre. — Strasbourg, Metz etBelfort. — M. de Bismarck voudrait laisser Metz et Belfort à la France. — Opposition des militaires. — Le traité de Versailles. — Exigences tardives de l'empereur Guillaume. — La guerre de 1870 achève l'unification de l'Allemagne sous la direction de la Prusse. — Les États du sud se soumettent. — Difficultés avec la Bavière. — Le roi Louis amené avec difficulté à offrir la dignité impériale au roi Guillaume. — Sans l'alliance de la Bavière pas d'Alsace-Lorraine. — Concessions à la Bavière. — Les centralistes du Reichstag du nord sont mécontents.

— La lettre du roi de Bavière au roi de Prusse. — Traités avec les États du sud. — Le roi de Bavière n'obtient pas la compensation espérée. — Proclamation de l'empire allemand à Versailles.

Le récit de la guerre entre la France et l'Allemagne ne saurait entrer dans le cadre de ce livre : le rôle du comte de

Bismarck s'efface devant les opérations militaires dirigées par le général de Mollke. Le chancelier fédéral accompagnait le roi, qui, dès le 2 août, avait pris le commandement des armées allemandes*.

La fortune des armes fut, dès le début, favorable à TAllcmagne. L'empereur Napoléon vit promptement ses mauvais présages s'accomplir. Les cris de : à Berlin ! qui avaient retenti dans les rues de Paris, l'avaient attristé : mieux que personne ilavait compris quel redoutable adversaire il faudrait combattre. L'armée française, au nombre d'à peine 300 000 hommes, se trouvait en face de 880 000 Allemands. Le plan de campagne français fut renversé par la rapidité des mouvements de l'ennemi. L'Empereur, qui n'avait pas tardé à reconnaître tous ces vices, espérait que l'élan de ses troupes suffirait pour y remédier. Après les premières défaites, il avait voulu revenir à Paris pour réorganiser ses forces et attendre Tcnnemi sous les murs de la capitale. La Régence de Paris empêcha ce retour : le désordre qui régnait dans les esprits se communiquait aux régions gouvernementales. Gouvernement civil et commandement militaire subissaient des influences multiples et opposées. Le roi Guillaume, en quittant sa capitale, laissait derrière lui un gouvernement solidement assis : le sort des batailles ne pouvait porteratleinteàTavenir de sa dynastie. L'empereur Napoléon était loin d'être partagé aussi favorablement : la révolution, qui couvait en France depuis un an, guettait le désastre pour trouver un prétexte patriotique au renversement de l'empire. En moins de deux mois les armées allemandes avaient envahi le nord-est de la France et enfermé la moitié des forces françaises dans le

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