‹ Histoire du prince de BismarckChapitre 2 sur 28 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

rentes classes de sujets. Richelieu livrait bataille aux protestants tendant à former un État dans TÉtat : M. de Bismarck guerroie contre TÉglise catholique, qui se défend contre romni[)oteace de TÉtat. Richelieu enfin poursuivait, avec acharnement et avec succès, rabaissement de la maison d'Autriche au profit de la suprématie des rois de France. En mourant, il pouvait déjà entrevoirie soleil levant de la dynastie qui devait prendre la place de l'Autriche et dont le premier ministre, deux siècles plus tard, achèvera l'œuvre de Richelieu au détriment de la France.

Dans les procédés mêmes on distingue certains traits de ressemblance, parmi lesquels on remarque surtout le dédain des hommes et des choses lorsque le but est en jeu. Comme Richelieu, M. de Bismarck pourra dire : « Je n'entreprends rien sans y avoir « bien pensé; mais quand une fois j'ai pris une résolu- « tion, je vais à mon but, je renverse, je fauche tout. » Il faut ajouter, cependant, que le maître du chancelier allemand ne ressemble pas à celui du cardinal français : si Louis XIII permit à Richelieu de « couvrir tout de sa « soutane rouge », Guillaume I" couvrait toujours, et au moment opportun, son ministre de l'autorité royale.

Dans l'œuvre spéciale dont il poursuivaitla réalisation, M. de Bismarck a eu la bonne fortune de pouvoir marcher sur les traces d'un contemporain illustre. Le comte de Cavour lui avait montré qu'avec beaucoup d'audace on pouvait avoir raison de l'opposition de la vieille

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