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AVANT-PROPOS. VII

diplomatie et battre en brèche traités et équilibre existants; et, bien que M. de Bismarck s'en défendît au début, il a fini par appliquer à TAUemagne le système et les procédés du ministre italien. L'Europe conservatrice avait été choquée par le caractère révolutionnaire de la politique de M. de Cavour, et elle Tavait contrariée et contrecarrée de mille manières ; mais au bout de dix ans elle s'en était accommodée: ce quia permis à M. de Bismarck de s'engager avec moins de risques dans la même voie.

Il est un point capital sur lequel le chancelier allemand n'a pas imité M. de Cavour. Celui-ci a toujours agi d'accord avec son parlement, et le régime parlementaire s'est développé en Italie parallèlement à l'œuvre de l'unité nationale. Cette double conquête était aussi l'idéal du libéralisme allemand; mais M. de Bismarck n'avait ni le tempérament ni les moyens pour le réaliser, sans compter qu'au début il rencontra auprès des parlementaires autant de méfiance que M. de Cavour avait trouvé de confiance aveugle auprès de ses compatriotes. L'un a été porté en avant par l'enthousiasme populaire, tandis que l'autre a eu constamment à lutter avec l'esprit de critique et le scepticisme de ses concitoyens.

Comme Richelieu — et ce sera là un trait d'analogie de plus — le prince de Bismarck a été l'objet d'autant d'éloges que d'accusations : comme lui, il a été plus sensible aux dernières, sans s'en laisser détourner

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