V. VEmpei^eur Guillaume et son règne, pp. 60 à 63 et
assemblées issues du suffrage universel, à condition que les attributions en fussent renfermées dans des limites restreintes. Enfin Tun et Tau tre adoptaientle principe des nationalités en vue de remanier la carte de l'Europe : Napoléon III pour contenter ritalie et agrandir la France, M. de Bismarck pour accroître le domaine de la dynastie de Hohenzollern sous le drapeau de Tunité nationale allemande.
Ce qui précède explique l'intimité des rapports qui subsistait entre ces deux personnages pendant la courte ambassade de M. de Bismarck. Il considérait, dès le début, son séjour à Paris comme passager et pouvant à tout moment être abrégé par son avènement au pouvoir à Berlin. Il voyait que les dissentiments entre la chambre prussienne et le ministère commençaient déjà à affecter le trône et que le roi Guillaume, mal défendu par ses ministres libéraux, cherchait un homme pour le tirer d'embarras. M. de Bismarck, dans sa correspondance avec sa famille et ses intimes, a toujours prétendu qu'il avait fui le pouvoir et que ce n'est que par dévouement personnel, comme un vassal obéissant à l'appel de son souverain, qu'il se crut tenu de prêter ses services au roi. Quoi qu'il en soit, dans le cours d'un voyage d'agrément dans le midi de la France, il reçut, à la fin du mois de juillet 1862, une dépêche qui le mandait à Berlin.