Tome II
m HISTOIRE DU PRIVILEGE
Des Rotours , leurs ennemys capitaulx; y étant arrivés , ils partirent de l'hôtellerie du Griffon , accompagnés de seize ou dix-huit individus « ayant espées , halebardes , dagues , jaques de maille , boucliers , bercelonnoys et pistolletz. » Avertis que les sieurs Des Rotours étaient au marché aux chevaux, ils y allèrent. Aussi-tôt que Guillaume Vauquelin , sieur de Boissay , les aperçut , il cria à ses amis et à ses gens : « Sus, que personne ne sefaingne, et que ceulx qui n'ont des espées prendent des pierres ; alors, tous ensemble, d'une mesme force et volonté , commencèrent à frapper , de leurs halebardes et de leurs espées , sur les sieurs Des Rotours , le sieur De Boissay, criant : «Tue, tue. » Dans cette mêlée , un des valets des sieurs Des Rotours fut tué , et deux ou trois autres, blessés.
Le sieur De Boissay, le plus coupable de tous ces meurtriers, mourut peu de tems après le crime.
Dans sa confession , Vauquelin des Yveteaux dit « qu'il avoit femme et enffans en grandz fraiz entretenus aux escoles. » Le précepteur de Louis XIII était un Vauquelin des Yveteaux; je ne doute pas que ce ne fût un des descendans de Charles Vauquelin des Yveteaux, dont il est ici question.
Complices :
Jehan De Ronnay.
René Leverrier.
Guillaume Lever r ier .
1556. Pierre Piton (noble homme), verdier de la forêt de Monlfort, âge' de 35 ans.
Jean Travers, son cousin , l'avait souvent insulté; un jour que Piton était à cheval dans la foret de Montfort , ayant , à Varchon de sa selle , une arbalestre bandée , le garot dessus , apercevant Travers dans la foret , il le poursuivit, à la course de son cheval. Travers se jeta dans la rivière, à la nage,
criant à Piton de ne point le tuer; mais celui-ci, prenant son arbalète , lui lança le garrot qui estait dessus ; Travers, atteint et percé d'outre en outre, mourut dedans la rivière.
Pitou était un homme d'une extrême violence ; et il avouait beaucoup d'autres faits moins graves que celui qui précède, mais (jui accusaient son caractère emporté et sa vie désordonnée.
Poursuivi en vertu de décrets de prise de corps , il était en fuite depuis six ans. «< Puys le dict tems , ses terres estoyent demouréez en friche et en ruvne. — Les six filz de Richard De la Houssaie , sieur de Flancourt , ses cousins et ses ennemis capitaux , puissans et redoubtéz au pays , l'avoient poursuivi à outrance , pour le tuer avec haquebustes et pistolets. »
Lui et ses amis « avoient eu querelle contre des gentilshommes du pays , ses parens ; ilz s'estoient charché les ungs les autres par amas de gens, soudartz et portz d'armes. »
Le sieur D'AuzEBOSC (noble homme) , neveu de Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois.
Martin Mignot, e'cuyer (noble homme), seigneur de Biévredent, de la paroisse de Fry, non loin d'Argueil , entre Neufchâtel et Gournay.
« Hz s'estoient trouvez ensemble à quelques j eunesses... » C'est tout ce que dit le registre du chapitre.
558. Loys Lesens , e'cuyer ( noble homme ) , de la paroisse de Reviers, diocèse de Bayeux, demeurant à Vassy, près de Vire.
Il avait, de complicité avec plusieurs, assassiné, àCaen, l'enquesteur Godes.
Il avait mis le feu à la maison de ses belles-sœurs. (Voir l'histoire. )
1559. Robert Lesage , âgé de âO ans , né au Bosc-le-
Hard, diocèse de Rouen.
Lui et deux de ses amis , armés d'épées , de dagues et de pertuisanes , étant allés dans la garenne du sieur De Mailloc tendre filets pour prendre des connins ( lapins) , ils eurent une querelle avec trois ou quatre individus qui étaient venus là , avant eux , pour le même motif. Ils se battirent . Robert Lesage et son ami tuèrent les nommés Antoine Huillart , Jehan Mallemaison et Guillaume Mallemaïson.
1560. Guillaume Quibel, de la paroisse du Mesnil-
sous-Saint-Georges, âgé de â5 ans, laboureur.
Pour lui et tous les habitans du Mesnil~sous-Saint-Georges, près la Vaupalière .
Dans une mêlée entre eux et les gens du sieur De Radepont , un de ces derniers avait été tué , deux autres blessés .
Les registres du chapitre indiquent les noms de quelques uns de ces habitans :
Collasse Vasse.
Jehan et Guillaume, ses fils.
Pierre Avisart dit Morue.
Jehan Du Perron , aîné.
Jehan Du Perron , cadet.
Nicolas Du Perron.
Collas Quirel.
Michel Quibel.
Jehanne , femme de Michel Qui bel.
Anne Quibel , leur fille.
ESTIENNE MARAYS.
Madeleine ' sa femme.
DE SAINT ROMAIN. m
Pierre Lerron.
Vile ain Leroux.
Pierre Leroux , son ibère.
Jacques Cavelier.
Sa sœur. *
Nicolas Cavelier.
Marin Lefort.
Sa femme.
Pierre Guignon.
Sa fille.
Guillaume Mallet.
Gervais Vasse.
Sa fille unique.
Jehan Piquefeu.
Marguerite Vasse , veuve.
Jehan Le Roux.
Martin Dubusc.
Pierre Maueoue.
Robert Vasse.
Sa femme.
Jehan Chandelier.
Et beaucoup d'autres , dont Quibel ne put se rappeler les noms.
Guillaume Delacourt , e'cuyer, sieur du Maresc
et de Grainville.
A sa persuasion , et de complicité avec des hommes soldés par lui , le sieur De Saint-Remy avait assassiné les sieurs De la Mare et Kaguenel , au Pont-de-Lande , sur la route nY Caen.
Michel Mérie dit Saugrenée ,
Et Orlando De Courseulles , assistaient le sieur De Saint-Remy, en cette occasion.
Jehan De Pellevé, sieur de Tracy, Henri et Richard De Pellevé , ses frères , étaient impliqués dans cette affaire. (Voir l'histoire.)
1562. La fierté ne fut point leve'e. Les religionnaires étaient , alors , maîtres de la ville de Rouen ; le chapitre était dispersé , le parlement retiré a Louviers , et le culte catholique avait cessé dans Rouen.
1563. Guillaume Duchesne , natif des faubourgz de
Saint-Gervais-lez-Rouen , âgé de §4 ans , papetier, et précédemment soldat.
Du tems qu'il était soldat, lui et ses camarades avaient acheté un cheval à des soldats qui l'avaient volé à Varengéville, à un nommé Cornillot qu'ils avaient tué. Maître Jehan Cornillot , prêtre , fils de l'homicide , étant venu à Houppeville , pour reprendre le cheval de son père , Duchesne « lascha ung coup de sa harquebuse , et frappa le dict Cornillot , prebtre , par l'ayne, dont décéda la nuyt suivante.» Lui et ses camarades , disait— il , l'avaient pris pour un huguenot , « et , à la vérité , le dict prebtre homicide estoit non en habit de son estât d'église , mais , selon que le temps l'ordonnoit pour les troubles , vestu seullement d'une chemise de drap bleu sur ses chausses et pourpoint. »
Etant ouvrier papetier à Maromme , il avait eu une querelle avec deux ou trois villageois qui lui avaient jeté des pierres. Se voyant assailly , il tira son espée et en frappa et couppa le garet de Guillaume Delarue , l'un d'eux.
« Et a, le dict jour et an, le chapitre, après l'élection du dict Duehesne , procédé à l'élection d'un second prisonnier. Du quel le nom et surnom , avec sa confession , et déposition , sont demeurez au secret du chapitre, au lieu de ccbiv que l'on avoit esleu l'année précédente, i562, et le (juel ne lut nommé pour obvier à l'esmotion et sédition du peuple , avec protestation de s'en pourvoir en temps et lieu. »
a. Balthasar Desprez , de la paroisse de Frettemeule en Caux , âge' de â7 ans , soldat de la compagnie du capitaine Mesnil-Vasse'.
Le jour de Saint-Mathias 1 563 , lui , et plusieurs soldats , un prêtre et deux moines , se rendirent , de compagnie . à la foire d'Ouville-FAbbaye , armés d'épées , de dagues et d'arquebuses.
Ils aperçurent , dans la foire , Remy Le Doyen et Nicolas Le Bouclier , domestiques du sieur De Lindebœuf , aussi armés. « En indignacion de ce qu'ils estoient, chacun jour, pillez par ces deux hommes , et aultres de la nouvelle religion dont ilz tenoient le party » , Despréz et un de ses camarades, apostrophant les deux valets de Lindebœuf , leur dirent : « Boute les armes bas, ce as tu esté qui m'as pillé tant defoiz. » En parlant ainsi, et « sans donner aulcun loisir à ces deux valets de tirer leurs armes , ou de les mectre bas » , Delamare , un des camarades de Despréz , « lascha iing coup de harquebuse , du quel Remy Le Doyen fut. attainct , de sorte que , tost aprèz , il rendit l'espérit. » Despréz , de son côté , aidé de ses camarades , tua Nicolas Le Boucher, à coups de dague. Quelque tems après, Despréz fut descouvert par le sieur De Lindebœuf, accompagné de dix ou douze hommes de cheval , et autant de pied , en la paroisse de Hugleville, prins, et par luy mené prisonnyer
en son chasteau de Lindebœuf , de là à Longueville , puis à Cany, et enfin à Rouen.
Complices :
Nicolas Machon , soldat , né à Yvecrique. Jacques Delamarre, d'Ouville-l' Abbaye, soldat. Frère Christophe Lemonnyer , religieux à Mor-
temer.
Frère Jacques Lemonnyer , religieux à Fécamp Jacques et Guillaume Lemonnyer , écuyers ,
frères du sieur De Bermonville et Des Moulins. HerronniÈRES , serviteur du sieur Des Moulins. Me. Jacques Bélart , ancien vicaire de Frette-
meule.
Adrien De Biville.
1565. Pierre Larchevesque, né à Neufchâtel-en-Bray,
clerc tonsuré , demeurant à Rouen , rue de VEspicerye.
C'était un catholique ardent. Le sergent Guillaume Carier lui ayant adressé des reproches , parce qu'il portait une épée au côté , malgré les édits du roi , le peuple prit parti contre ce sergent qui était un religionnaire exalté ; on lui jeta des pierres, il fut terrassé, et enfin Larchevesque le tua d'un coup de dague. La scène commença au Port—Morant, près la cathédrale, et finit à la Grande-Crosse. (Voir l'histoire.)
1566. Nicolas De Maduel (noble homme) , sieur de
Chus, né à Coupesarte , diocèse de Lisieux.
Il en voulait à Me. Pierre Le Sauvage , avocat à Poulie éque , qui lui avait intenté des procès devant les baillis de
Caen , de Rouen , le prévôt dos maréchaux , et le parlement dé Rouen, pr&eèz dans les quelz il m>oit consummé sa jferi- Ticssc et la phuBOH de ses biens. Cet avocat avait fait tuer un laquais du sieur De Chus , et volé la haquenée sur laquelle ce Laquais était monté. Le sieur De Chus l'épia , sur le grand chemin , et lui adressa des injures. Me. Le Sauvage avoil ung javelot au poing, du quel il blessa le sieur De Chus. A lors, ce dernier lu y donna trois ou quatre coups cCespée dedens le corps, pour raison des quelz il mourust en la place.
Condamné à mort , par contumace , il fut exécuté par effigie.
En 1 562 , lorque l'armée de Charles IX assiégait Rouen , qu'occupaient alors les religionnaires rebelles , le sieur De Chus , qui était de service au camp du roi , « se présenta à ce monarque , et demanda sa rémission et pardon , qui luy fut accordée , au rapport de M. De Guise , qui attesta au roy les bons services que ce gentilhomme luy avoit faietz au faict de ses guerres. Mais ne luy fust oneques possible de faire passer les lettres au sceau, ains furent tousiours rompues en queue par monseigneur le chancelier de L'Hospital. »
20. Me. Basticn De Yillette , curé de la Motte-de-Druges , avait été assassiné par Pierre Bisson , secrétaire du comte de Montgommery. Un mandement de prise de corps ayant été obtenu contre Bisson , le sieur De Chus et plusieurs autres gentilshommes accompagnèrent le sergent qui en était porteur, afin de lui prêter main-forte. Ils épièrent Bisson dans le village de l'Epinay, et lorsqu'ils l'aperçurent, crièrent tous : Al'aydc du Roy. Comme Bisson se mettait en défense, François De Pescan , sieur des Bouillons , « le mira d'une arquebuse qu'il portoit , et luy en bailla ung coup de balle au travers du corps, du quel il mourust à la place. » Arrêtés à raison de ce faict , De Chus et ses complices furent menés dans les prisons de la conciergerie, à Rouen. « Dont adverty le sieur De Montgommerj . et pour enfpescher que la court de parlement n'en
prinst plus avant congnoissance , icelluy sieur De Montgommery , aecompaigné de trente ou quarante hommes de cheval, vint les tirer de la conciergerie , les mena aux prisons de Séez , et les livra es mains du sieur De Rabodenges , bailly d'Alençon , afin de faire leur procèz comme juge souverain au pais. Par sentence de ce magistrat, Chéverie et Putot furent décapités. » Le sieur De Chus et ses autres complices s'enfuirent , et évitèrent ainsi le supplice.
1567. Perrette Legrand , née au Mesnil-Guillaume ,
diocèse de Lisieux , âgée de ââ ans, ci-devant
chambrière du sieur De Caliége.
Pour crime d'infanticide. Les détails de crime n'offrent rien d'intéressant.
1568. Charles Vallée, âgé de â3 à â4 ans, né à
Pavilly, ci-devant soldat, en garnison à Neufchâtel, sous le capitaine Montuyt.
i°. Etant au Bosc-Bérenger , avec sa fiancée, sept soldats italiens voulurent lui enlever cette femme. Aidé d'un nommé Nicolas Allaire , soldat comme lui , il en tua deux , et mit les cinq autres en fuite.
Ces sept italiens appartenaient à une compagnie de gens de guerre de leur nation , logée alors au Bosc-Bérenger et dans les environs , et qui était sous les ordres du baron d'Esneval.
2°. En i568 , après l'édit de pacification , « ung huguenot de Rouen , ayant envoyé son enffant pour estre baptisé à la presche, plusieurs soldars et grand nombre de populace estant à la porte du Bac , voullurent donner empeschement au passage dudict enffant » ; ils y réussirent , et l'enfant fut rapporté à la maison de son père, près l'église Notre-Dame-de-la-Ronde . Le peuple vouloit entrer de force en cesle maison* Vallée fut arrêté comme instigateur de ce mouvement populaire , qu'à l'en croire , il avait , au contraire , voulu comprimer.
Ameroise Nez , de Rouen , âgé de â4 ans ou environ.
Georges Godefroy , son intime ami, avait été assassiné dans Rouen , par plusieurs espagnols ; et , en expirant , lui avait dit : Ha ! mon grand amy , je su/s mort ; je vous pryc bien fort de les faire mectre en prison , car Hz m'ont faict une acte malheureuse. »
Nez et ses camarades allèrent dans la grand' rue du Pont , où demeurait Castro , un de ces espagnols , afin, dit-il depuis, de le faire arrêter. Comme il frappait à la porte, survinrent Castro et quatre autres espagnols venans de devers le Pont, qui chargèrent Néz , l'épée à la main , et lui donnèrent des coups d'épée dont , toutefois , il ne fut point blessé ; Ambroise Néz , se voyant ainsi chargé , « mect l'espée au poing , poursuyt les dietz hommes , et donne à l'ung d'eulx plusieurs coupz d'espée dont il alla mourir ung peu plus bas que la fonteyne du Grand-Cimetière de l'esglise Nostre- Dame. » Il tua aussi , d'un coup d'épée au travers du corps, un autre espagnol nommé De Lerme , qui lui avait donné un couf) de dague par derrière.
Claude Goubert, dit Filleul, né à Anceaumeville. Loys De Braque , sieur de Byénetz , écuyer ,
homme d'armes sous les ordres du duc d'Anjou,
frère du roi.
Jehan Le Chevalier (noble homme), sieur des
Ifs , de la paroisse de Montville , près Rouen ,
archer de la compagnie de M. De Balzac d'En-
traigues (l).
(0 Un des descendans de ce Jehan Le Chevalier, sieur Des Ifs , lev la fierté en 1780.
Benoit Leroux, veneur du baron de Clères. Raullin Genault, varlet de chiens du baron. Louis Hastereau, laquais du sieur De Braque. Loys De Largille, de la paroisse de Saint-Remy-
des-Lettes.
Georges Pinel.
Lejeune.
Loys Du Glan.
Robert Pellecoq (ces trois derniers de Heugle-
ville).
Un lundi de juin i56g, les sieurs De Braque et De Dranville s'étant mêlés aux danses des habitans de Préaux , village voisin de Rouen , l'un d'eux avait donné un soufflet à un soldat qui se moquait de sa manière de danser. Il en était résulté une dispute ; puis , on s'était battu ; les nommés Morel ( ou Moreau ) avaient désarmé le sieur De Dran ville , et l'avaient contraint de se retirer avec le sieur De Braque , dans le château de Préaux, après avoir été frappés et menacés. Résolus à se venger de cet affront, mérité peut-être , les sieurs De Braque et De Dranville allèrent à Montville prier les sieurs Des Ifs et Goubert dit Filleul de les accompagner , le lendemain , à Préaux , et de les aider à punir les paysans qui les avaient insultés. Ces deux gentilshommes y ayant consenti, ils partirent tous quatre , le lendemain, accompagnés de Louis De Largille, de Louis Du Glan , de Robert Pellecoq , Georget Pynel , du veneur du baron de Clères , de son meneur de chiens , et de trois ou quatre laquais , « tous garniz d'armes , comme arquebouzes , pistoletz , espées et dagues. » Quand ils arrivèrent à Préaux , vers midi , « estoient les dictz Moreaulx (accompagnez de plusieurs personnes), en table, prenantz leur réfection en un racroq d'une nopce. » Les sieurs De Dranville et Des Ifs, qui , les premiers, le pistolet à la main.
attaquèrent ces villageois* lurent bientôt terrassés el bless< i GouiM rt-Filleul > atteint d'ung coup d'espèce par la teste, dont le sang luj couloit but le \isaige, pensant frapper les dietz Rforeauli , frappa d'ung coup d'espée leur mère qui se mettoit au devant deulx, dont elle tomba tost après morte, et plusieurs , tant de part que d'aultre , lurent fort blécéz. >•
Tikrre HlTBERT , cousUirier (tailleur), âgé de 28 ans . ne à la Prée , non loin de Cailly , diocèse de Rouen.
I ne haine invétérée existait entre la famille Hubert et la famille Quenal ou Queval, l'une et l'autre domiciliées a la Prée.
Pierre Hubert avait déjà été en prison à Rouen, et fustige soubz la custode , pour des voies de fait envers Robert Queval. Cette naine ne faisant que s'envenimer, ils se battirent un jour dans le cimetière de la Prée, et Pierre Hubert tua Queval d'un coup de dague. Ce dernier paraissait avoir été l'agresseur.
Michel Duval, né à Echauffon , diocèse de Lisieux, âgé de ^.i ans.
Attaehé au service de puissant seigneur Félix Lcgris , baron d'Eehauffou , guidon de la compagnie de monseigneur de Rentv.
[/armée royale étant devant Loudun , le maréchal des logis marqua !<• logement du baron d'Eehauffou chez un gentilhomme nommé Hugues La Bassellc , sieur de Varennes. U - Ûeurs I)« Hanton et Des Courtilz entreprirent de déloger le -leur d'Eehauffou de cette maison , et menacèrent de mettre dehors ses chevaux et ses bagages. Le baron d'Eehauffou étant survenu, le sieur Des Courtilz lui tira un coup de pistolet qui le blessa a la jambe ; le sieur De Manton lui tira aussi un coup df pistolet . mais qui ne l'atteignit pas. Michel Duval
était là , avec le sieur De la Thibauldière , le marquis de Chaussis , écuyer ; Pierre Prévost , Jehan Buisson , Nicolas Morel , et autres officiers du baron d'Echauffou ; voyant leur maître ainsi attaqué , ils se jetèrent sur ses agresseurs , et les terrassèrent ; Buisson , l'un d'eux , donna un coup d'épée dans la gorge au sieur De Manton , et ce dernier mourut à l'heure même. Michel Duval, s'apercevant que le sieur De Varennes favorisait les ennemis de son maître , et venait de tirer l'épée pour les défendre , lui donna deux coups d'épée dont il mourut sur l'heure.
1573. François De Beaufort ( noble homme ), baron de Montboissier , seigneur de Boissonnelle , d'Aubusson , de Hauterive , de Vaux-Meaude , du Monteil , chevalier de l'ordre du roi , âge' de 44 ans, du diocèse deClermont en Auvergne, ancien page d'honneur de Henri II.
Depuis long-tems , Florie D'Apchier , sa femme , et lui , vivaient en mauvaise intelligence. Ils semblaient, toutefois , réconciliés, et avaient fait leurs pâques ensemble. Mais, dans la nuit du mardi de Pâques au mercredi, étant couchés dans le même lit chez le seigneur de Beauvoir , leur voisin et parent , ils eurent une querelle très-violente , qui finit par la mort de Florie D'Apchier, que son mari tua de deux ou trois coups de dague. (Voyez l'histoire. )
157/;. Messire André De Malherbe , sieur du Montier- Gathémo, chevalier de Tordre du roi, capitaine de la ville, château et vicomte de Vire, âgé de 40 ans, né à Gathémo, vicomte de Vire.
Me. Martin Neel, curé de Placy.
PvOBERT Lecordier, sieur du Bur.
DE SAINT ROMAIN. /,3f
Louis Bernard, sieur de la Blancapierre, Bvhnaré De Saint-Paoul, sieur de Carville. JEHAN De Brénouville, sieur du Lieu.
Le sieur De la Rouauldière.
Pierre Lemière.
Marguerin Lomosnyer.
Gaspar Néel.
Robert Vengerus.
Jean Lemercier , etc.
Ils se battirent , dans l'église de Vire , avec des gentilshommes protestans qui paraissaient avoir de mauvais desseins sur cette église , naguère dévastée par eux. Dans la mêlée , plusieurs gentilshommes périrent, de part et d'autre. (Voir l'histoire.)
>75. Claude Du Lac, ëcuyer.
Bertrand Du Lac.
Hector Du Lac, ses frères.
Pierre Delaporte , leur domestique , de la
paroisse de Baroche-le-Galsambles, près Orléans.
Ils avaient assassiné le sieur Delalandre dans son lit. ( Voir l'histoire.)
76. Damoiselle Jacqueline ou Jacquemine Du Boys- RIOULT , du pays de Bretagne.
Mariée, malgré elle, dans un âge fort tendre, à Guy De Guite i sieur de Vaucouleurs , près Dinan , en Bretagne , et accablée par lui de mauvais traitemens , elle le fit assassiner par le sieur Briand de Chateaubriand , que, peu après, elle épousa en secondes noces. Mais leur crime fut découvert; Chateaubriand fut arrêté , mis en jugement , condamné à mort par arrêt du parlement de Bretagne , et décapité à
Rennes. Jacqueline De Boisrioult fut aussi condamnée à mort, mais par contumace, comme complice de cet assassinat. (Voir l'histoire. ) «
1^7. Richard Sottinier, âge de§4 ans, né à Courson, vicomte de Vire.
Valet et complice du sieur Lemarchand de Chavoy du Grippon, il avait assassiné, conjointement avec lui , le sieur De Villarmoys, capitaine des légionnaires de Basse-Normandie. Le sieur De Chavoy alla avec les nommés Richard Sottinier , Michel Sottinier , Jullian Halley , Pierre Le Goubbe et autres , attendre , près du gros chêne de Surigny , le sieur De Villarmoys , qui revenait d'Avranches ; atteint d'un coup de pistolet , le sieur De Villarmoys succomba le jour même. Sottinier, dans sa confession, dit que, précédemment , le sieur De Villarmoys avait juré qu'il ferait mourir le sieur De Chavoy, à cause de l'empêchement que ce dernier donnait au mariage d'une de ses vassales avec un des vassaux du sieur De Villarmoys. A l'entendre , le sieur De Chavoy ne fit que prévenir un ennemi qui voulait le faire périr.
Cet assassinat fit beaucoup de bruit. Le sieur Du Grippon fut arrêté et détenu misérablement dans les prisons d'Avranches. M. De Matignon , chef des catholiques en Normandie , voulut le faire enlever de ces prisons par les vibaillis de Caen et de Coutances , et le faire conduire au château de Caen , pour le faire juger à sa dévotion . Il voulait , dit-on , faire périr le sieur Du Grippon , pour s'accommoder de la terre du Grippon, qu'il convoitait.
Le sieur De Villarmoys subit , pour ainsi dire , en cette occasion , la peine du talion . Car lui - même avait assassiné , en i5Ô2 , sur la route de Saint-Lô , le sieur Hermesis qui allait rejoindre Montgommery. (De Thon, Hist. univ., livre xxx. )
DE S\1NT ROMAIN. ' i3 .'»
Sottraier est \v premier prisonnier délivré parle chapitre, qui n'ait pas été conduit au prieuré de Ronnes— Nouvelles , pour > recevoir, après l'office de la cathédrale, une semonce du prieur. (Voir le cérémonial.)
En l6i3, la fierté fui levée par un sieur Lemarchand De Chavoy.
Noël Du Fayl , sieur de la Hérissaye , parle de ce sieur Du Grippon, dans ses contes d'Eutrapel, imprimés à Rennes, en i 597 .
« J'ay chanté quand il m'a pieu (dit-il), beu quand j'ay eu soif, resvé et solitairement entretenu mes pensées et souhaits, lors qu'ils se sont présentez; et, comme disoit le seigneur Du Grippon , de Normandie, me suis tonsiours retiré des compagnies , demie heure auparavant qu'il me deust ennuyer ; dit librement et consulté ce qui bon me sembloit , traité révéremment la grandeur du roi et des princes , aus quels, s'ils le m'ont demandé , je n'ay rien dissimulé. » {Contes tfEutrapcl , édit. de ^97, fol. i53.)
1578. François Du Menez , dit De la Montaigne, e'cuyer,
sieur du Guerrouil, âge de §5 ans, du pays de Bretagne , lieutenant de son père , qui était gouverneur d'Audierne, petit port de Bretagne.
Il chercha querelle au nommé François Verdon , qu'il prenait pour un espion des religionnaires vaincus à la Rochelle, et qui avait refusé de quitter Audierne, malgré ses ordres. Un duel eut lieu ; François Verdon fut tué , et son corps jeté à la mer. (Voir l'histoire.)
1579. François Lobier , de la paroisse de Tilly, dans le
bailliage de Caen.
Jean Lorier , curé de Juvigny-sur-Seule, son frère.
Complices de l'assassinat de Jean De Harcourt , sieur de Tome JI. 28
Jiivîgny, dont ils habitaient le château. Ils avaient agi ;« l'instigation de l'épouse de ce gentilhomme. (Voir l'histoire. )
1580. Jean Bellet , de la paroisse de Sainte-Croix-
Saint-Ouen de Rouen, âge de §3 ans.
Complice du capitaine Maynet la Vallée et du sieur Jérôme Maynet , qui , dans un combat prémédité , sur le pont de Rouen , avaient tué les sieurs De Lisle et De Vieufossé, en un jour et veille de Saint-Martin d'esté. (Voir l'histoire. )
1581. Jehan Du Plessis, e'cuyer (noble homme), sieur
du Plessis-Malesse, ou Me'lesse, en Bretagne.
« Il avoit esté nourry , une partie de sa jeunesse , avec Sébastien De Luxembourg, seigneur et comte de Martigues, et l'avoit suivy en plusieurs exploietz de guerre » , notamment à l'action qui eut lieu en 1 568 sur la levée de Saumur , action où D'Andelot , frère de Coligny , et les protestans qui étaient sous ses ordres , furent battus . Martigues , pour le récompenser de sa belle conduite en cette occasion , lui avait donné alors une enseigne de gens de pied. Du Plessis avait aussi assisté à la bataille de Moncontour , à celle de Châteauneuf , à la défaite des Provençaux , aux escarmouches de Jazeneuil et de Pamproux , et enfin , en 1 56g , au siège de Saint- Jean-d'Angély , où le comte de Martigues , son protecteur, fut tué d'un coup de mousquet.
Irrité de cette mort , il se retira en Bretagne , le cœur plein de haine contre les protestans et les autres ennemis du roi. Beaucoup de gentilshommes remuaient dans cette province, malgré les édits qui leur avaient ordonné de mettre bas les armes et de se retirer dans leurs maisons. Parmi eux était le sieur Delahaie-Saint-Hilaire qui , rentré chez lui depuis peu de tems , redressoit desjà son esquipage pour retourner trouver ceulx dont il tenoyt le part y. Du Plessis-Mélesse , ennemi de ce gentilhomme , se rendit , le lundy des rames i5"jo , à quatre
DE S VINT KOMAIN. 435
heures du malin, avec son frère ei plusieurs gentilshommes-,
à la maison <ln sieur Delahaie-Saint-llilaire , « à l'intention de le prendre prisonnier et le rendre entre les mains de justice , ronirre rebelle à la majesté du Roy. » Le sienr Delahaic- Saint-llilaiie ('tant descendu on bas, «fui frappé à mort, par aillions de la compaignve , de plusieurs coups de pistolle <t de poignard, desquelz il mourut incontinent. » (Voir l'histoire. )
Claude D'Aubigny, chevalier de l'ordre du roi , gentilhomme ordinaire de la chambre de sa majesté , seigneur de la Touche , d'Aubigny et de la Jousselinière, baron de la Roche et de la Seicherie, seigneur et châtelain de Sainte-Jeanne et de Brenesche ou Brevesche , âgé de 35 ans , du pays de Bretagne.
Outre les deux meurtres rapportés par nous dans l'histoire , il confessa les faits suivans :
Il avait été complice d'un meurtre commis dans les rues d'Angers, par le sieur De Pennentèz , qu'accompagnaient les sieurs De la Bélonnière et De Marsilly, puîné de Serrent.
Le sieur De Marsilly , puîné de Serrent , ayant été tué dans les rues d'Angers, à quelque tems de là, Claude D'Aubigny allait souvent à Angers , accompagné d'hommes armés , pour venger la mort de ce jeune gentilhomme, son ami.
Etant capitaine de cent hommes d'armes , sous le comte de Alartigues , son parent , et se trouvant à Périgny, en Lorraine, les sieurs De Festal voulurent emporter de force de l'avoine qui était dans son logis ; comme ils s'y opiniâtraient malgré ses défenses , on mit l'épée à la main , et D'Aubigny donna aux deux frères un coup d'épée au travers du corps , dont ils moururent à l'heure même.
De retour à Paris, il >e rendait à ehrval de chez l'évéque
do Maillezais, son parent, chez le roi, ayant en croupe le sieur De la Tour, et à sa suite son frère et deux ou trois gentilshommes. Dans la rue , il fut attaqué par un frère des feus sieurs De Festal , accompagné de huit à neuf hommes à cheval. Ce dernier, voulant donner par derrière un coup d'épée à D'Aubigny sur la tête , atteignit le sieur De la Tour, et lui porta un coup mortel. D'Aubigny, avant de pouvoir tirer son épée, reçut deux coups d'épée, l'un au bras, l'autre à la gorge. Enfin , ayant tiré son épée , et appelant son agresseur chien et
huguenot y il lui donna deux coups d'épée au travers du corps ,
dont il mourut la nuit suivante .
Il leva la fierté, accompagné de plus de trente personnes ,
ses complices.
1583. Chrestien De Gommer , ëcuyer , sieur du Breuil , âgé de §8 ans, ne' au pays de Brie.
Son père , grand - maître des eaux et forêts à Château- Thierry, avait été assassiné par l'abbé d'Orbais. Plusieurs années après , excité par tous les gentilshommes de son voisinage à venger la mémoire de son père, il tua l'abbé d'Orbais.
François De Gommer , son frère , Et François De Jouan , sieur de Malherbe , son beau-frère, e'taient ses complices. (Voir l'histoire.)
1584. Pierre Gueroult , âge' de 28 ans , né à Friclie-
mesnil.
Un mardi de Pentecôte, lui et douze de ses camarades étant allés à Bosc-le-Hard pour se divertir, une querelle s'éleva entre un jeune homme de Bosc-le-Hard et un jeune homme de Clères. Les amis des deux combattans prirent parti les uns contre les autres. « Ils s'entremeslèrent , se battant les uns les autres, que de poings, que de pierres, que de coups de
dagues et d'espées. » Gueroult donna un coup de dague au travers du corps d'un nommé Jean Treyet, de la paroisse de Grigneuzeville , et Le nomme Auber, de la paroisse de Frichemcsnil, l'acheva. Ils pouvaient être deux cents, de trois paroisses, Grigneuseville, Bose-le-Hard, Carmesnil. Trois autres que Tre\ et v moururent. Il y eut des blessés de part et d'autre.
Pierre De VàUSSÉ (noble homme), sieur de Vaugarry, ne' à Mont-Chevreuil, âgé de 3â ans.
Etant aux guerres de Flandre , il avait eu une querelle avec le capitaine Julien , bâtard de Médavy , et il nourrissait contre lui des projets de vengeance. De retour en France , il s'attacha au baron de Médavy, ennemi irréconciliable du capitaine Julien, qui avait osé se présenter pendant long-tems comme héritier de Médavy ; il avait même plaidé au parlement de .Normandie contre le baron ; mais enfin ce dernier avait obtenu un arrêt qui déclarait Julien bastard et non filz légitime. Le baron haïssait mortellement Julien ; le sieur De Vaugarry n'aspirait qu'à se venger de lui ; ils s'entendirent donc en peu de tems. Vaugarry se rendit à Paris , dans l'unique dessein de se défaire du capitaine Julien ; et, en effet , un-italien , nommé Marc Tulle , qu'il avait pris avec lui comme un homme d'exécution , tua , d'un coup de pistolet , dans la rue des Anglais , près la place Maubert , le capitaine Julien , qui rentrait chez lui , et qu'ils avaient épié. Le procureur du baron de Médavy, complice de cet assassinat, fut mis sus la roc à Paris.
Lui et un gentilhomme , son voisin , nommé Cyprien De Berville, sieur de la Mauguignière , étaient ennemis jurés, et , par défiance l'un de l'autre , ils ne marchaient qu'armés et accompagnés de gens munis d'espées , arquebuses et pistolles. Un dimanche , le sieur De Vaugarry, allant à la messe , fut attaqué par le sieur De la Mauguignière. Un des deux soldats qui. accompagnaient Vaugarry riposta par un coup de pistolet . qui tua le sieur De la Mauguignière père.
1586. Raoul Coignet (noble homme), secrétaire du roi.
ne' à Paris, âgé de §5 ans.
Il était en procès avec François Coignet , son frère aîné , et ce procès les avait brouillés. L'un et l'autre , accompagnés chacun de leurs amis , s'étant rencontrés près de Neaufle , une querelle «'éleva entr'eux à l'occasion de ce que Raoul Coignet avait battu le chien de François. Ils étaient tous armés de pistolets etàepoictrinauxi1). Ils se battirent. François Coignet et le sieur De Florimont, son ami, furent tués. Il paraît certain que François Coignet périt de la main de son frère. (Voir l'histoire. )
1587. Gaspard Des Atjruz , écuyer , sieur de Morton ,
du pays de Loudunois, âgé de 4-7 ans.
i°. En 1 5^4 ? il avait été complice d'un meurtre commis par six gentilshommes du Poitou .
i°. Un sieur Des Dormants ayant usurpé 120 arpens de marais appartenant à la commune qu'habitait le sieur De Morton , ce dernier prit parti pour la commune. Dès-lors ces deux gentilshommes se vouèrent une haine profonde, et Des Dormants chercha plusieurs fois l'occasion de tuer son ennemi. En diverses rencontres , assistés chacun de quelques amis armés , ils se combattirent par les chemins , et , dans ces combats, il y eut des hommes tués, d'autres faits prisonniers, « comme s'ilz eussent esté en faict de guerre et contre les ennemys. » Le maréchal de Cossé , chargé par la reine— mère d'accommoder leurs différends , mourut avant d'avoir terminé cette affaire . A quelque tems de là , un combat eut lieu dans les rues de Loudun , entre le sieur De Morton et les beauxfils du sieur Des Dormants. Dans ce combat, le sieur Des
(') Sotte d'arquebuse plus courte que le mousquet.
Vubuz, frère de Morton , ayant été tué d'un coup de poic- ,. irinal ( sorte d'arquebuse ) , Morton , qui venait de recevoir lui-même un coup d'épée, « voyant sondict frère mort et luv bléce oultrageusemenl » , donna deux coups d'épée à un soldat qu'il étendit mort. Il blessa au même instant celui qui avait tué son Frère. I n des beaux-fils du sieur Des Dormants fut tué aussi dans cette rencontre. Enfin, en septembre i586, lui , et trois cavaliers qui étaient avec lui , ayant été chargés dans un village par quatre frères du nom de Dormants , accompagnés de soldats armés, dans ce combat un des sieurs Des Dormants périt de la main de Morton , qui lui-même vit tombera ses côtés deux des hommes qui l'accompagnaient.
1588. Nicolas Auger , de la paroisse de Nolleval ,
militaire.
Envoyé par les sieurs De Sainte-Catherine et D'Angers, pour dire à Etienne Leclerc , leur voisin , de renvoyer des pestiférés logés chez lui , qui pouvaient infecter tout le hameau, on le reçut mal , et il répondit sur le même ton . Les sieurs De Sainte-Catherine et D'Angers accoururent , et , se voyant aussi injuriés par Etienne Leclerc, qui les menaçait d'une fourchefile , ils résistèrent et tuèrent ledit Leclerc , de complicité avec Nicolas Auger.
1589. Valentin Vallée, écuyer (noble homme), sieur de Blanc-Fossé , enseigne de la compagnie du capitaine Trésaint , sous le commandement du sieur Du Noyer, âgé de 27 ou 28 ans.
i ". « Estant aux trouppes du capitaine Thomas , voulant passer par Orbec , les habitantz féirent résistance , où il y en eut quelques-ungs des ditz habitans, jusques au nombre de trois ou quatre, de tuez. »
2°. A Neuvi-au-Houlme , près Falaise, il avait eu querelle avec un nommé Yillers , « pourquoy ils méirent tous deux la
main à l'espée , et Blancfossé donna à Villers ung coup d'estoc dont il mourut en la place. »
3°. Il avait tué en duel un nommé Yieumonde , parce qu'il portait une bague que le sieur De Blancfossé reconnut pour l'avoir donnée à une fille.
4°. En juillet i588, les troupes du sieur Du Noyer, passant par un village nommé la Petite-Haie , quatre ou cinq mille paysans les attaquèrent et les poursuivirept pendant huit ou neuf lieues. Les troupes se mirent en défense, et il y eut beaucoup de ces villageois tués et blessés.
5°. Les sieurs Du Noyer , De Blancfossé et quelques autres , se trouvant à l'hôtellerie des Trois-Maries , à Argentan , le sieur D'Hémery de "\ illers se mit à parler des états de Blois où il allait se rendre, puis il se vanta de la rémission qu'il venait d'obtenir du meurtre par lui commis sur la personne du fils de M. De Lisores, président au parlement de Normandie. Les propos imprudens qu'il tint en cette rencontre occasionnèrent une querelle , puis un combat entre lui et le sieur Du Noyer. L'un et l'autre étaient accompagnés de leurs amis , tous mirent les armes à la main ; Blancfossé voyant le sieur Du Noyer, son maître , en danger , tua le sieur d'Hémery d'un coup de pistolet. Le sieur De M aune ville , ami de D'Hémery , qui voulait tirer sur le sieur Du Noyer , fut luimême atteint d'un coup mortel. Blancfossé et un valet du sieur Du Noyer, tuèrent un palefrenier du sieur D'Hémery, qui voulait tirer sur leur maître. Ils tuèrent aussi un sieur De Vallonnière et un nommé Lambert , de la suite du sieur D'Hémery. Cette tragédie se passa près de la porte d'Argentan . Le sieur D'Hémery , homicide , était du parti du roi ; le sieur Du Noyer et les siens servaient pour la ligue , sous M. De Brissac qui les recommanda chaudement au chapitre .
Blancfossé leva la fierté pour le sieur Du Noyer et ses autres complices.
DE SAINT KOMA1N. Ml
K). Antoine Hagues.
11 avait tué , en aguet de chemin, le sieur De Marchéneuf.
.1 k\n Du Mesniel , sieur du Tôt , son complice.
h Ils estoient prévenus de grand nombre de meurdres et voleries exécrables et crimes atroces. »
i. Jacques Pollart, ou Poullart , de la paroisse de Saint-Etieniie-des-Toniieliers de Rouen, de la compagnie des arquebusiers de ladite ville.
Son père, lui , le capitaine Leduc et plusieurs autres arquebusiers de Rouen, avaient dîné dans un jardin , du côté de Saint-Sever. Le soir, pour revenir à la ville , cette société nombreuse prit deux barques. Pollart père et François Leduc , capitaine des arquebusiers, étaient dans la même barque ; le tils Pollart était dans une autre. On commença par se jeter de l'eau , d'une barque à l'autre , avec les avirons. Puis , on se tira des coups d'arquebuse ; Pollart fils , croyant que la sienne n'était , comme les autres , chargée qu'à poudre seulement , coucha en joue les passagers de l'autre barque , fit feu , et eut le malheur de tuer , du même coup , son père et le capitaine Leduc. (Voir l'histoire. )
g. Thierry Polys, âge' de S8 ans, né à Rouen, sur la paroisse Saint- Vincent, homme d'armes sous la charge du capitaine Perdriel, à Rouen.
De complicité avec ses six frères, il tua, de guet-à-pens, près de la Harenguerie, à Rouen , le nommé Yvon Gaudissart , qui avait maltraité Thomas Polys, l'un de sesdits frères.
93. Claude De Péhu, sieur de la Motte, de Longueil, entre Compiègne et Noyon, âgé de ^1 ans.
Complice de l'assassinat commis par le marquis d'Alègre,
sur la personne de Montmorency Du Hallot , lieutenant du roi Henri IV, à Vernon. (Voir l'histoire.)
15%. Nicolas De Coquerel (noble homme), de la ville cTArdres , comte' de Guines , âge' de ââ ans , homme d'armes de la compagnie du sieur Du Boys d'Ennebourg, gouverneur d'Ardres.
Un sieur De Sailly avait , précédemment , vendu un cheval au sieur D'Espinay du Boys d'Ennebourg ( frère du gouverneur d'Ardres), qui lui avait payé une partie du prix. Plus tard , le sieur De Sailly étant à Vernon , se plaignit au sieur D'Espinay de ce qu'il n'avait point de cheval pour courir à la bague ; alors le sieur D'Espinay consentit volontiers à lui prêter celui qu'il lui avait vendu précédemment. Mais le baron d'Oisteville ayant eu envie de ce cheval , le sieur De Sailly , à qui il était prêté , n'eut pas honte de le lui vendre par le prix et somme de Zoo escus sol, à payer quand il seroit prestre , mort ou maryé. De là , entre le sieur D'Espinay et le sieur De Sailly , des querelles et une haine qui devaient avoir une issue tragique. A quelque tems de là , les deux frères Du Boys D'Ennebourg , accompagnés de plusieurs gentilshommes , et entre autres , du sieur De Coquerel , se rendaient , à cheval , de Vernon à Mantes , où était alors la cour , lorsqu'entre Géfosse et Bonnières , pas s ai ge fort estroict , ils aperçurent deux cavaliers. Dans l'un d'eux le sieur D'Espinay reconnut Du Sailly , et il piqua vers lui, suivi du sieur De Dampierre , gentilhomme du Tronquay-en— Lyons. « Haï Sailly, te voilà, s'écria-t-il, ilfault maintenant que tu meures. » Sailly se mit en défense ; m^is que faire contre trois hommes armés? (car le sieur De Coquerel s'était réuni aux deux premiers agresseurs ) . Frappé et blessé à mort par les sieurs D'Espinay , De Dampierre et De Coquerel , Sailly fut emporté dans la
rivière par son cheval, qui nagea *t gagna une île en face,
laissant son inait-re mn é dans le lleuve.
Jacques Thorel. écuyer, sieur de la Garenne, ne à Etouteville-en-Caux, âge' de %& ans.
Cl vitde De Landes, écuyer, sieur de Beaurepaire, et quatre soldats.
Ils avaient assassiné , dans le réfectoire de l'abbaye de \ almont, dom Letanneur, religieux de cette abbaye. Le sieur De Beaurepaire lui en voulait, parce qu'il chassait sur les terres de la duchesse de Longueville. (Voir l'histoire. )
16. Pierre De la Sceaulle , écuyer, sieur de la Motte , né à Hermival ., diocèse de Lisieux , homme d'armes de la compagnie du sieur De Longchamp , âgé de âO ans.
Le sieur De Longchamp ayant trouvé un valet de Jean De La Masure, écuyer, sieur du Boyssimon , son ennemi, tirant du gibier sur ses terres, lui avait adressé des reproches trèsdurs , dans lesquels le sieur Du Boyssimon n'avait pas été épargné. Le lendemain, ce dernier, ses deux irères et deux soldats armés de toutes pièces, allèrent chez le sieur De Longchamp , qui était absent , et adressèrent aux domestiques des propos injurieux contre leur maître. A deux jours de là, les sieurs De la Sceaulle et De Saint-Ouen , amis du sieur De Longchamp , chassant ensemble avec deux autres individus de leur suite , et deux soldats qui se joignirent à eux, rencontrèrent le sieur Du Boyssimon , qui , précédemment , avait menacé les deux premiers de les tuer ; ils le provoquèrent ; il leur répondit « qu'il extermineroit la race des Longchamp et les leurs » , et il ordonna à son valet de leur tirer un coup d'escopelte. Alors Le sieur De La Sceaulle tira au sieur Du
Boyssimon un coup de pistolet, qui le blessa à mort. Le sieur De Saint-Ouen l'acheva. ( Voir l'histoire. )
«597. Richard Du Vivier écuyer, sieur du lieu, âge
de ââ ans, né à Landes, diocèse de Bayeux. François De Boissel ou Boussel De Parfouru,
âgé de 35 ans, né à Parfouru.
Salomon De Banneville , écuyer, sieur de Lan-
gerie, âgé de 30 ans , né à Banneville, diocèse
de Bayeux.
Robert Le Bourgeois, écuyer, sieur de Tournay,
âgé de ââ ans, né àTournay, diocèse de Bayeux. David Le Vicomte , écuyer , sieur de Belletot ,
âgé de 32 ans, né à Sermentot , diocèse de
Bayeux. Pierre Marguerie.
Pour l'homicide de Germain De Vernay, fils de Jean De Vernay, sieur de la Rivière. ( Voir l'histoire. )
1598. Pierre Maillard , laboureur , a Chandey , dans
le Perche, âgé de 55 ans.
Pour lui et pour la commune de Chandey tout entière, qui avait pris part , ainsi que lui , à l'assassinat du sieur Du Plessis- Longuy , fléau du pays.
Ce fait se rattache à l'histoire des Gauthiers. (Voir l'histoire . )
1599. Laurent Quinerit , avocat en la vicomte d'Ar-
gentan, âgé de 97 à §8 ans.
Le sieur De Clerfœuille lui en voulait, parce qu'il lui avait , précédemment, disputé la qualité d'écuyci . S'étant rencontrés
à la foire du bourg 3e Melleraut, Clerfœuille l'apostropha êl lui chercha querelle, à propos d'une redevance à laquelle il
prétendait que Quinen'1 «'tait tenu envers lui, comme vassal. Quittent lui dit : « Si vous ne vous vouliez contenter de la raison, il fait It mettre les espérons bas. » A ce mot, le sieur De Clerfoeuilie , furieux , provoqua Quinerit. Ce dernier refusa le combat, et Clerfœuille monta à cheval et s'en alla. Mais, une heure après, Quinerit, retournant chez lui, rencontra le sieur De Clerfœuille, qui l'attaqua l'épée à la main. Quinerit se défendit et le tua du premier coup d'épée.
0. François Destut , écuyer , sieur de Tracy et de Saint-Père (de la province de Berry) , exempt des gardes-du-corps du roi, âge' de 38 ans. I m terre à haute-justice, attenante à celles du sieur De Tracy, ayant été décrétée et mise en vente, ce gentilhomme Ht des démarches pour que cette terre ne fût pas adjugée au sieur De Jodon , religionnaire ardent, qui n'aurait pas manqué d'y établir un préehe et d'y tenir des assemblées secrètes. In autre religionnaire, nommé Guichard dit Rodomont , furieux du succès de ces démarches, insultait, en toutes rencontres, le sieur De Tracy, qui, un jour enfin voyant Rodomont le menacer de l'épée , se défendit et le tua. ( Voir l'histoire. )