‹ Histoire du priviláege de Saint-Romain (volume 2)Chapitre 46 sur 77 · DIX-SEPTIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

Me. Nicolas Lefort, prêtre, âgé de 55 ans, curé

de l'église paroissiale de Sideville , diocèse de

Coutances, né à Martinvast , diocèse de Cou-

tances.

Ln dimanche, jour de la fête de Saint-Gorgon , étant orcupé, dans son église, à chanter les vêpres , il apprit (pie

Michel De Ravalet , curé de Bréville , homme mutin et faisant plu. stost profession d'armes que de cure et d'église, accompagné de plusieurs mauvais sujets, frappait, et venait de blesser Robert Lefort, sieur de Carneville, son frère. Aussi-tôt, il sortit de l'église ( revêtu de ses habits sacerdotaux ) , pour défendre son frère. Il saisit Michel De Ravalet par le milieu du corps; ils luttèrent, se renversèrent par terre. Enfin, le frère du curé de Side ville , donna au curé Ravalet un coup d'épée qui l'étendit raide mort.

1602. Antoine De Lespine , de la paroisse de Saint- Laurent de Rouen, âgé de â6 ans, fils d'un procureur à la cour des Aides de Rouen.

Nicolas Le Sauvage

Pierre Gosselin, sieur de Moulineaux.

Roeert Briselance, né sur la paroisse de Sainte-

Croix-Saint-Ouen de Rouen , âgé de 1 6 ans et

demi, clerc de Me. Isaïe De Lespine, avocat à la

cour des Aides.

Le dimanche gras de cette année , De Lespine était allé, masqué , chez un sieur Thorel de la Haie-Gonnot , et y avait joué aux dés, puis s'était endormi sur une chaise. Pendant qu'il dormait, des laquais du sieur Gosselin de Moulineaux, attachèrent des feuilles de papier à son manteau , et y mirent le feu , puis ils mirent du coton brûlé dans un cornet , et le lui soufflèrent au nez. Réveillé en sursaut , et se voyant le jouet de cette valetaille , il donna un soufflet à un laquais du sieur De Moulineaux , qui se trouva près de lui. Le sieur De Moulineaux survint , et furieux de ce qu'on avait battu son laquais , donna plusieurs coups de canne à Antoine De Lespine , qui , se démasquant , se contenta de faire des représentations au sieur De Moulineaux. Pour l'heure, les choses en restèrent là ; mais bientôt , De Lespine sut que

k sieur I),- Moalineaux k fautait parfont de lui avoir

donné des coups de bâton. A qu<»lMnrs jours dé là, l'ayant if.eontré qui .sortait ,/„ ;« A /w„////r ,/„ /Wl-lhusson . j| W d* que u s'il estait hors la porte de Sainet-Tlilairo, S M tiendro.t t«la propos. ». Le défi ayant été accepté*, on M rendit immédiatement hors la porte Saint-Hilaire. Là, "" i0m]Kl{ à «France eut lieu entre Lespine et Briselance^ son ami, d'une part; et, de l'autre, les sieurs Le Sauvage et Gosselin de Moulineaux. Lespine reçut un coup d'épée sur le nez, et un coup de poignard, de' l'aîne gauche à la droite. Lui-même donna à Le Sauvage un coup d'épée à la cuisse, et au sieur De Moulineaux un coup d'estoc audeaabuj du cœnr.

Lors des Rogations, les quatre combattans étaient dans les prisons de la cour des Aides.

Les chanoines leur rappelèrent « les sainetz décretz et canons qui excommunient ceulx qui se battent en duel , ceulx qui assistent les combattans , et pryvent mesme de sépulture ecclésiastique ceulx qui meurent en tel duel. » Les prisonniers à les requirent bien humblement de leur donner absolution de cette excommunication , demandants pardon à Dieu et à M. le pénitencier, comme enfans de l'église catholique, apostolique et romaine. »

L'abbé Dadré , chanoine pénitencier , leur donna l'absolution.

Trois de ces prisonniers étaient gisants malades en la salle basse de la geôle , et hors d'état de porter la châsse de Saint-Romain , à la procession. Elle fut portée par Robert Briselance, l'un d'eux, qui avait été très-peu blessé.

Hector De Barville , écuyer , sieur du Parc , âgé de â6 ans, demeurant à la Boullaye, paroisse de Saint-Frogend, diocèse de Séez.

Dans un duel qui avait eu lieu aux portes de Verneuil ,

entre le sieur Du Breuil et le sieur De la Morandière , un nommé La Caillotière , témoin et ami du sieur De la Morandière , avait rabattu tous les coups que Du Breuil portait à son adversaire , en sorte que Du Breuil , ayant en tête deux champions au lieu d'un , avait fini par tomber percé de coups. Hector De Barville , plein de ressentiment contre celui qu'il regardait comme l'assassin de son frère , étant , à peu de tems de là , à Moulins , chez la veuve de ce dernier , vit passer La Caillotière devant la maison. On crut que c'était une bravade ; et sa belle-sœur , indignée , lui dit , en pleurant , ainsi qu'à son frère le sieur Cyprien De Barville , que si ils ne la vengeaient , elle ne croirait jamais qu'ils eussent aimé leur frère décédé. Presque aussi-tôt , les deux frères montèrent à cheval , et se rendirent à Courtraye , où était descendu La Caillotière . Ils étaient suivis de quatre soldats , l'un more , l'autre suisse , le troisième du Poitou , le quatrième de Mortagne . Le sieur De Saint-Aignan , hôte de La Caillotière , ayant cherché à le protéger , fut tué par un des soldats ; Hector De Barville tua La Caillotière d'un coup de pistolet et d'un coup d'épée. Etant en garnison à Verneuil , sous le commandement du sieur De Médavy , ce dernier « luy bailloit souvent des mandementz pour se faire payer de sa solde sur les habitans des paroisses de la Maynivière , Montchevrel , le Mesnil-Yon , Marchemaisons et autres , les quelz Hector De Barville contraignoit de payer leurs taixes tant par emprisonnement que prinse de bestiaux , et autres violences du temps. »

Aux environs de Séez, lui et plusieurs soldats qu'il commandait, s'étaient emparés de trois charrettes chargées de vin, et il avait fait vendre à son profit , au marché de Verneuil , les charrette^, le vin et les chevaux.

1604. Nicolas Du Toupin, sieur d'Orival, de la paroisse de Trouville-en-Caux, âgé de §3 ans , demeu-

quelquefois au Vertbosc, quelquefois en la maison du sieur De Fontaine -Martel.

De compagnie avec le sieur Du Manoir, qui en voulait aux sieurs De Cany et De Coutances, parce qu'il chassaient sans cesse dans ses bois, il alla provoquer ces deux gentilshommes ; ils se battirent , deux contre deux , dans le petit bois du Montde-l'If . Les sieurs De Cany et De Coutances tombèrent percés de COUDS.

Une autre fois , étant au Vertbosc , chez le sieur De Bosleville son père, il avait tué un nommé De Blaves qui maltraitait deux lévriers et ne voulait pas les laisser tranquilles, quoiqu'il l'en eût prié plusieurs fois.

Une compagnie de soldats à pied , commandée par le capitaine Levassent*, était venue à Epinay-sur-Duclair , et cinq soldats de cette compagnie allèrent loger dans un moulin, où ils commirent telles cruautez que le meunier alla implorer l'assistance des sieurs Du Mesnil-Vassé , Du Manoir et Du Toupin ; ils s'y rendirent aussi-tôt, et Du Toupin, voyant un de ces soldats le menacer de sa pique, le tua d'un coup de pistolet.

Il était le fléau du pays. Un jour qu'on le savait au Vertbosc , chez son père , les paysans s'assemblèrent , au son du tocsin , pour le prendre ; mais il était assisté de Pierre Du Toupin , Robert Gondouin et Jean De Lanquetuit ; ils se défendirent vigoureusement. INicolas Du Toupin parvint à -"('■chapper. Dans le combat, Pierre Du Toupin fut tué, et Robert Gondouin blessé.

05. Pierre Baudouin, e'cuyer, ne' à Fresney-le-Vieux, diocèse de Bayeux, âge' de â5 ans.

Il avait tué Gabriel De Clinchamp, sieur de Hacqueville , village à trois quarts de lieue du Fresney, diocèse de Bayeux. Ce crime avait été commis à Sény. Les familles Baudouin et

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