mSTOIRE DU PRIVILEGE
sa vye serriteur de la maifton de ceste dame. i» Maltraitée par lui, elle eu avertit le bai on Des Essars qui enToya ses fils Charles et Antoine chercher leur grand'nière avec une liticTe. Comme ils l'emmenaient I elle fut poursuyvie et rescousse » et , pour VaToir ainsi « |>rin8e et admenëe , ils furent accusés de rapt. » Jusque-là, ils étaient fort innocens, mais « par despit de ce , ik alfarent dans la maison de Chantelou, où ils priudrent et emportèreal les biens meuble^ appartenans à leur grand'mère^ oultrele gré et volonté du dict Dumouchel son raary. »> Ce fut le premier crime de ces jeunes gens ; en Toici un antre plus grave :
Etant allés à Saint- Avon u pour delfendre uug gentilbomme nommé Contremoulins , qui estoit assailly par la commune du dict lien, ilz meirent les mains zvûl espées , et repoulsèrent de faict et de force la dicte commune , dont il advint que , en la presse du dict débat , il tomba ung homme et une femme dedans ung puits , et en moururent. »
Une autre fois, Charles et Antoine, accompagnés de Guy leur frère « partant pour aller à la gueire « rencontrèrent, entre Aunay et le poni de la Mousse, te ung nommé Macé Carrel , lequel ik prindrent et lyèrent cokmne criminel de faulse monnoye (ce qui était controuvé), et ik donnèrent des coups à sa femme lors enceinte d^enfant, à cause de quoy elle advança le terme de son eniantement. »
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Peu après , leur grand'mère ëtaiH morte , outrës
contre Duinoui hei son second mari, qui avait déjà ùit dëcre'ter la terre des Essars et voulait faire dëcrëter la baronnie d'Aunay , ils allèrent aux Essars «estans gamiz d'arbalestres iMuidées, espëes et rondelles.^Leurpèreleur avaitTecoiiiiiiandë« qo?ih iiôtassent bien Dumouchel et luy estassent ses escriptures. Inclins à la suggestion paternelle, et îrritës de ce qu'en les voyant arriver Dumouchel s'estoit écrié ; « Véez cy les meschans Des Essars, il les fault prendre » , ilz mëirent les mains aux e^ées , tous troys ; et Tuu d'eux lui donna deux coups d'espëe, Tung dans Testomac, Pautre par le costé dextre , dont il mourut incontinent, »
Les quatre frères, accompagnés de douze ou «quinze gentilshommes, étant allés pour arrêter Tassassin du protonotaire Beauchesne, assiégèrent une taverne où il s'était rëfeigîë, et le maître ayant voulu défendre sa maison dont ils forçaient les portes, Charles le frappa « dHmg coup d*estoc à travers le corps , dont il mourut présentement, i» Un jour, ils chargèrent, entre Âunay et Beauquay, des sergens envoyés par le premier président, pour faire les criées de la baronnie d'Aunay. Ces sergens, épouvantés, s'enfuirent et laissèrent leurs chevaux, dont les barons d'Aunay s'emparèrent. Étant parvenus à arrêter un de ces sergens, « ils le fouettèrent d'espines. »
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Une autre fois, l'un d'eux, « ayant vcu ung homme each^ en ung buysson, pour Tespier (à. ce quMl croyait), il lui coupa les cheveux avec son espëe, et luy blessale front jusques à effusion de sang. » Sans entrer dans le détail d'une m ullitude d'autres actes de violence dont ces jeunes gens s'étaient rendus coupables, nous ajouterons seulement tpie Charles, Vun d'eux, confessa «i avoir logé très souvent cheulx des laboureurs et autres gens des champs, sans payer aulcune chose, et prins leurs chevauix, malgré eulx. » . Aussi , ayant fait solliciter leur grâce du roi , « le jour du Vendredi saiact » , le roi rejeta leur demande. Us avaient été arrêtés dans TégUse d'Aunay, où , « armés de leurs rondelles et arbalestres, ils résistèrent long- temps aux trente-six ou quarante soldats chargés de se saisir d'eux ^ et en blessèrent aucuns de plusieurs coups à sang et playe. » Malgré tant de crimes, ces quatre jeunes gentilshommes, protèges, comme nous l'avons vu, par des princes et par de puissans seigneurs, furent élus par le chapitre et délivrés par le parlement.
15&1. L'année suivante, le dauphin écrivit, à un mois u Gertr ru d'intervalle , deux lettres pressantes au chapitre,
accordée an lïrnr *■
De saioi-Rcmj. puur lui rccommauder le sieur De Saint-Kemy, a qui « il estoit advenuune fortune (un malheur). » — « Le plus seûr et le meilleur moyen que je voyc de le saulver (disait le jeune prince), est qu'il puisse avoir la fierté, espérant que vous ne vouldréz, en cela, .
moins £ure pour moy, ceste année , que vous fëSstes Tannée passée. » Un mois après, le dauphin écrivait encore aux chanoines de Rouen : « Aflin que mieulx vous cognoissez de quelle ailection je désire retirer le sieur De Sainct Remy de Tinconvénient où il est tombé, j' envoyé devers vous le présent porteur, pour, de rechef, vous prier bien fort , de ma part , que vous veuillez tant faire pour Tamour de moi , que de faire avoir, ceste année , la fierté au sieur De Sainct Remy, en quoy faisant, povés estre asseurés que me ferez bien graat plaisir. » Le jeune duc d'Orléans, joignant ses instances à celles du dauphin son frère, priait le chapilre « d'estre aydant, pour l'amour de luy, au dici sieur De Sainct Kemy , de sorte , disait-il , quMl se puisse sentir du prévillégc que vous avéz , le jour Sainct Romain , a la descente de la châsse, «il semblerait, en lisant ces lettres, que l'on n'eût à reprocher au sieur De Sainl- Remy que quelque crime fortuit, firuit presque involoiiiaii c d'un de ces mouvemens de colère dont il est difficile, à des militaires surtout, de se rendre toujours entièrement maîtres. Mais nous avons lu sa confession au chapitre, et nous y avons trouvé, de compte fait, quarmie^deux crimes ^ tant vols à main armée, que meurtres , viols, actes de violence , commis presque tous en France, et surtout en Normandie, non loin de Falaise dont il habitait les environs. Sans entrer dans le fastidieux détail de
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ces <{uarante-deux crimes, parmi lesquels» encore , nefiguraient point ceux coimnis parles domestiques du sieur De Saintr-Remy, eu vertu de ses ordres , nous dirons que ce gentilhomme , étroitement lié avec les quatre jeunes barous d'Aunay, que nous avons vus lever la fierté Vannée précédente, s'était distingué par une infinité de prouesses dignes de ses quatre amis. Dès Tâge de seize ans , il battait et tuait les serions qui venaient lui signifier des exploits. Ou Tavaii vu iigurer avec ses compagnons de désordre « dans une multitude de combats oà avaient péri des gentilshommes et des bourgeois. Un jour il avait mis le £eu à une maison de Gisors, et pendant qu'elle était en proie aux flammes , il avait lié le propriétaire à un arbre , et Tavait fouetté de verges d*osier. Il avait fi>rcé des maisons, « rompu des huis , coilres et feaeslres ; » il avait violé des femmes ; il avait assassiné de guet-à-pens ; il donnait des coups d i pce a ceux que lui désignaient ses amis. Assiégé dans le château de Montgardon^ par ordre de la justice , il s'était défendu en désespéré, et avait tué des arquebusiers. Au Neuibourg, àlaFerté-Macé, àlisieux, àDun-le^Roy, dans un village près de Bourges, et drms d'autres lieux, lui et ses camarades avaient soulevé par leurs excès l'indignation des habitaiis, qui, tous, s'étaient réunis en armes, au son du tocsin, pour les chasser. Dans ces divers conflits, Saint-Remy avait «donné
DE SAIM ROMAiN. Sà7
des coups d*espëe à tori et it travers « » beaucoup *
d'hommes avaient pen. Qu^après tauL de crimes , dont aous ne donnons^ toutefois ^ ict, qu'une idée iori incomplète , Saint-Remy, maigre tous ses protecteurs, n'eut pu obtenir sa grâce du roi, on le conçoit sans peine. Mais le chapitre se montra n^oins inexorable; et, en 15^1 , il accorda la iîerie à ce prisonnier prottfgfj dfi dauphin*
L'année suivante, ce prince fit, en faveur du î^^^. sieur De la Boisstère, homme d'armes dfi la compagnie de jNl. l)e Villcbou, une deaiarchc qui lut moins heureuse. « Sans vostre ayde (écrivait -il an chapitre), ce gentilhomme ne peult avoir grant espérance de lopgue yye. Je désirerois , en cela , le secourir, tant en £aiyeur dn sieur De Villebon , que âuôsy en faveur des services que luy et ses prédécesseurs ont ùictz au roy nu>n seigneur et père. » Charles , due d'Orléans, sou frère, écrivit aussi en faveur du sieur De la Bpissière, Ënfin , ramiral D'Annebaut recommandait éiiergi<piement ce gentilhomme «t qui estoit (disait-il ) eu gros danger de sa vie.}» — «LesieurDelaBpissifape,<youtaitril,e6t homme pour faire bou service au loy , et aussy de race qui en a beaucoup faict à la couronne* » Mais toutes ces soUicilaiîons furent inutiles ; et la fierté fut donnée, cette année Jà, à Jehan Onfiray, du diocèse deBayeux, coupable d*avoir défloré Jacqueline
HISTOiaS DU PJUVILÉGIL
Lëvesque sa pupille. On sait qu*aIors ce crime était puni du dernier supplice «547. François I". mourut le 3* mars 1 546 (1 547 nou-
Laiimtl l'icot /••
veau style;. Avait-ii continné le privilège de la !^1«^lït'il;. &erle? Je ne trouve point de lettres de confirmation émanées de ce monarque. L'histoire u eu parle pas, et jamais le chapitre n'en allégua aucune dans ces volumineux inventaires où sont cités avec tant de complaisance les titres favorables au privilège.