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rumeur qui s'eBtoit fatct après le crime. » Alors seulement ils étaient descendus de cheval, et avaient lois l'ëpëe à la main ; et, voulant sauver le marquis d'Alègre , l'un d'eux avait poursuivi le trompelte du sieur Du Hallot pour rempècher de divulguer le crime; un autre avait désarmé le maître d'hôtel. Vraies ou mensongères , ces explications ae furent point accueillies par le parlement.
A en croire encore le capitaine Fremyn, le sieur Du Fossey , Tun de ceux qui , comme lui , étaient restes à la porte De Montmorency du Hallot, lui avait dit, apiès le crime : « Ëncores que nous soyons du tout innocens , sy est il que nous serons tousiours en peyne , comme sy nous eussions eu . congnoissance du crime... Nous sommes misâmes à tout jamays ; et nous fault adviser à nostre asseiirance^'^ ». Fremyn n'avait pas suivi ce conseil, et ce fut la cause de sa perte. Déclare « dcucineat atteint et convaincu d'avoir^ adhéré et assisté au meurtre et assassinat inhumainement et proditoi> rement commis au dict feu sieur Du Uallot » , il eut la téte tranchée sur Téchafaud, à Caen. « Son corps, par après, fut démembré et mis en quatre quartiers, les quels , avec la dicte teste , fiirent porl^ et affichéz , savoir la teste en lieu éminent sur le pont de la ville de Yernon, et les dicte quartiers ès quatre
<■) Regittrcs secrets àn pwleiiieat rojalktc séant à Caen.
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m SAINT ROMAIN. 40
principales portes de Caen ; ses biens confisques , dëduclioiK faite de six mille écus pour les dames Da Hailot, et de deux mille ëcus d'amende pour la dëconUton du Palais et affaires de la cour. » Ea
septembre 1594 , époque où la fraction fidèle du parlement de Nonnandie était de retour à Rouen et confondue ayec Faut re , le nommë Dumont-Doubledenl, aussi complice du marquis d'Aiègre, ayant été méié et emprisonné à la requête des dames DuHallot, le chapitre eut la hardiesse d envoyer des députés se plaindre au parlement. Dumont fut-il coupable , dirent-ils , « il ne pouvoît nullement estre recherché au moyen du privilège de monsieur sainct Romain, obtenu par Péhu en fS93, pour luy et ses complices. » Ils demandèrent que Dumont t&t mis en liberté^ et que défense fût faite aux dames Du Hallot, de le poursuivre pour le crime de Yemon. « Cest , répondirent les dames Du Hallot, une menée pratîcquée par le sieur D^Alègre et ceulx qui conduisent ceste affaire pour luy. Par airét, tant du conseil privé que du parlement, tous les complices d uug si atroce , barbare et inhumain assassinat ont esté déclarés indignes du privilège. Au reste ratlaire ayant esté évoquée au conseil privé, elles siqpplièrent la cour de ne rien ordonner avant que le roi se fût prononcé , protestant prendre les chanoines à partie. » On peut imaginer la contenance embarrassite de ceux des membres du
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parlement, présensà ce débats qui avaient inoocoité D'Alègre, Féhuet leurs complices. Les tems étaient biea changés. Il fut ordonné qu£ le chapitre « se pourvoiroit par devers le roj. » Alors, les chanoines pressèrent vivement messieurs de rHotel-de-Ville de Rouen de s'adjoindre à eux dans ce procès devant le conseil , « y allant , disaient-ils ^ dn pins beau privilège de la ville. » On leur répondit que « la ville infcerviendroit volontiers si Ton vonlmt abroger le privilège ; mai;» qu il ne s'agissoit , quant à présent, que d'un faict particulier , et qu'ainsy la ville ne pouvoit donner adjonction » En décembre 1 594 , ce Dumout-Doubiedeat lut exécuté à mort, à Paris, en vertu d*un arrêt du conseil. Enfin , deux ans après , Le Cadet Lagloë , autre complice du même crime , fat aussi , ett vertu d'un ai rot du conseil , puni du. tloriiior supplice. Plus tard nous reviendrons sur cette ailaîre , qui ne fut entièrement terminée qu'en 1608. is%. L'ordre des tems nous ramène à Tannée 1594- Le sieur De Coqoerel , qui fut élu par le chapitre, cette année-là, était complice d'un meurtre, fruit d'une de ces querelles entre gentilshommes , si fréquentes à cette époque : et je ne parle de cette élection que pour faire connaître \uiie clause singulière de ranrét du parlement qui ordonna sa
ManiMcriu , bibliothèque du roL
délivianœ. Les prëtendaDS au privilège de la fierté ,
qui venaient voloatairemeut se constituer prisonnier» à Rou^n, dans Tespoir de Tobtenir, se faisaient presque toujours ëcrouer par quelques bourgeois de la ville , en vertu d'une prétendue obligation par corps, qu'ils étaient censés n'avoir point acquittée. A ce moyen , le chapitre seul savait quel motif les avait contraints de venir aux prisons ; et la justice ignorant les crimes à raison desquels ces prëtendans avaient sollicité le privilège , ne pou* vait poursuivre , après l'Ascension , ceux d^entre eux que le chapitre u'avait point iavorisés. Peut-être aussi cette collusion était-elle nécessaire à Tégard des concierges des prisons. Apparemment ces officiers n'auraient pas éaroué les prisonniers volontaires, sans renonciation d'une cause qui motivât 1 ecrou ; on n'avait garde de leur déclarer la véritable ; et il fallait bien qu'ils ouvrissent les pri* sons à un débiteur que son prétendu créancier faisait écrouer en vertu d'un titre qu'il exhibait. En 1593, Péhu s'était iaàt ainsi écrouer à la requête d'un sieur Dufossey, pour une obligation contractée par brevet passé devant les tabellions de BlainviUe. iji 159i, en délivrant le sieur De Coquerel , le parlement « adjugea aux povres prisonniers de la conciergerie la somme de vingt-cinq escus y> , pour laquelle il s'était fait écrouer. Le premier président enjoignit aux doyen, chanoines^