TROISIÈME ÉPOQUE
Depim 151)7 jusqu'en Tannée 1791 , où le pmilëge de MÎDt Romain cessa d'exister.
B chapitre ressentait un extrême 1597.
dépit de Techec que venait de rece- u chapur* r«it ▼oir son priYiiëge; et peut-être le ag^MitMiMi. choix qu^il fit en 1 597, un mois environ après Tenregistrement de Tëdit, ne fiit41 pas étranger à ce sentiment. Du moins est-il certain que les prisonniers auxquels cette compagnie accorda ses suffrages étaient on ne peut plus désagréables an roi , aux princes , et aux membres du conseil , qui firent ce qu'ils purent pour les empêcher d'obtenir la
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(îerte. Et , cependant , le fait à raison duquel ils la sollicitaient n'était pas indigue d'indulg^ce.
En mars 1596, vers la Mi-*Garéme, les sieurs De Bousse] de Parfourru, Richard Du Vivier, Salomon De BenoeyiUe, De Tooraay, De BeUetot, De Beuvrîgny, et d'autres seigneurs du diocèse de BayeuXt priés par le sieur De Ragay de se trouver «« à la bieoTenue de son espousëe »^ fille du sieur De la Forêt , partirent tous à cheval du château de Ragii) pour aller aunleyant de la nouvelle mariée, c]u'ils rencoutri reiit à Montigny, accompagnée de la dame De la Forêt, sa mère, et de « plusîemv gentilshommes et damoiselles. » Tous ces amis du mari saluèrent les deux dames, et reprirent avec elles le chemin du château de Ragny, où « la nouvelle espousee fut reçue à grand'ieste et en grande joie. Les tables estant couvertes pottr souper, arriva une troupe de manques , les (^[uels jouèrent et dansèrent « pays sortirent. Après soupper, sur les dix à unxe heures du soir, vint une autre compaiguie de masques, au nombre de sept à hoict, vesius de linges blancs (c'est-à-dire, sans doute , déguisé en fantômes). Ils estoient suivis de plusieurs serviteurs qui avoieni 4«s numieaniz y soubz les quek ilz portoient des espëes et pistolles (pistolets). D'abord quatre des dicUi masques dancèient ung ballet ; puis tous ensemble dancèrent des bransles et jouèrent à trois déz (c'ëuit le jeu £avori du tems^
et il n*y avait point de bonne mascarade sans des). Apris avoir joaë et daacë, ils a'aBsemUèrent tous ensemble comme pour se retirer. Mais Vun d'iceulx, qui avoit des sonnettes aux jambes , coudoya fort rademem , et en apparence avec dessein , le sieur Richard Du Vivier, qui s'écria ; Voillà uttgmasifue ùnparûmf tt repoussa du pied cet bomme masquë qu'il ne reconnoissoit pas. Alors , le dict masque, s*accouIdant sur la table , feist quelques gestes de la teste, en murmurant: et, repassant pour s'en retourner , donna au sieur Du Vi%ier ung coup de poing dans Testomac; et, comme ce dernier le poursuivoit, en lui en demandant raison, le masque meist Tespëe. à la main , et en donna ung estocade dans la gorge au sieur Du Vivier, au moiueut où il dég^nott luy mesme son espëe. Du Vivier, se sentant blessë et se voyant assailly par les autres masques , donna à son agresseur plusieurs coups dont il mourut sur la place. » Dans cet instant, le masque de cet homme qui venait d'expirer se détacha de son visage, et on reconnut en lui le fils unique du sieur De la luvière-Vernaj ; ce vieillard à cheveux blancs était là auprès du coips inanimé de son fils, et poussait des cris décfairans. Le jeune La Kivière-Vernay et les autres gentilshommes qui s'étaient masqués avec lui avaient tous fait partie du cortège qui était allé au-devant de la dame De Ragny; et, apès le diner, ik avaient, à Tinsu de
m HISTOIRE DU PEiVIUÉGE
leurâ autri^s amis , imagine cette mascai'ad<: qui avait si mal fini. Il était in^ossible de souqpçonner la plus légère préméditatimi de combat et de meurtre eatre ces jeunes gentilshommes qui étaient unis par les liens de la plos étroite amitié. Ceu d'entre eux qui s* étaient masqués n'avaient pas été reconnus par les autres , qui avaient pris ea maiK vaîse part leurs agaceries et leurs importunites un peu gênantes. Quelques uns même, voyant les valets de ces hommes masqués porter des armes sous leurs manteaux, avaient cru que c'était « quelque agression des ligueurs , à raison de la treive de Bretaigne qui venoit d'expirer » ; et il en était résulté, entre eux tous, une mêlée dans laquelle La Rivière-Vernay avait péri. Mais cette affaire iailKt avoir des conséquences très -funestes pour les meurtriers involontaires du sieur De la Ririère- Vernay. Ce jeune homme était page du comte de Soissons, qui seconda activement la famiHe dans les démarches qu'elle fit pour obtenir vengeance de ce meurtre déplorable. Vers la fin de 1 596, quelques jours avant Tarrivce de Henri I\ à Rouen, où il venait tenir l'assemblée des notables , les sieurs De Parfourru, Du Vivier et consorts étaient venus dans cetie ville, espérant obtenir leur grâce à Toccasion de la fOjmsemirie.Car c'était un rieil usage, encore existant alors , que , lorsque les rois de France venaient pour la première fois dans une
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bonne ville de leur royaume , ils signalaient leui* entrée par la de'livrance de tous les individus détch nu& dans les prisons de cette ville. Henri lY , prëvenu contre les sieurs De Parfourru par le comte de Soissons, les déclara indignes de grâce ^ et défendit qu'on lui parlât d'eux. Déchus de ce moyen de salut, ils sollicitèrent le «privilège de la âerte. Mais le comte de Soissons Payant su , se hâta d'écrire au chapitre u(}u uu^.si meschant acte que le meurtre commis parles sieurs DuVivier etParfoorm ne debyoit demeurer sans puailioii. Désirant, disaitil f que la justice âist rendue et. les malfaicteur^s punis , il prioit affectueusement les chauoiiies de Kouen de ne vouloir faire qu'un tel crime, dont Timpunitë toumoit h conséquence, demeurasiaboly, et ne permeltie que le&coupahles.sepussi ni servir du .dict privilège de la fierté. » Charles De Booibon , eoaiijuteur.iie raixhevéque de Rouen > écrivit au