‹ Histoire du privilége de saint Romain en vertu duquel le chapitre de la cathédrale de Rouen délivrait anciennement un meurtrier tous les ans, le jour de láscensionChapitre 21 sur 27 · chapitre dans le. même sèns. H en avait élé prié · texte numérisé non relu

chapitre dans le. même sèns. H en avait élé prié

par « Madame et par d'autres princes et seif^ueurs, qui n'aifectionnoyent pas moins le jeunelaKivière- Vernay pour sa valeur et son mérite , que pour la dé tes talion qu Hz faisoient de T énorme, assassinat qui avoit esté commis en sa personne avec beaucoup d'injustice. De plus, il avoit esté mea à ceste prière par les larmes de ce povre viéliard , père du deCfunct. » Averti que , malgré toutes ses démaiches, ks sieurs Du Vivier avaieutdes chances auprès du

U& HISTOIBE DU PRIVILEGE

chapitre , le comte de SoÎMon» obtint et fit signifier au parlement de Rouen, le 1 1 avril, un arrêt du conseil portant iiyonction m concierge de celle cour, de remettre entre les mains d'un huissier, porleur de rarrêt ^ le» sieurs De Parfouim et leurs complices, pour être conduits dans les prisons du conseil, que le roi avait saisi du procès. Ce même arrêt défendait très-expressément au parlement et au chapitre « de rien attemptcr au pr^udice du dict tenvoy » , c'est-à-dire aux chmoiiies d'élire les Pariuurru , et au pai lemeiit de les leur délivrer. Mais il ne convenait point an parlement de devenir Tinstrument docile d*une animosité si grande; et il défendit , de son coté , au concierge de ses prisons^ de remettre les détenus à l'huissier da conseil. Pour le chapitre, il ordonna « que, sans avoir esgard à la dicte défence , ses commissaires procé- ' deroient à T examen de tous les prisonniers qui prétendroient au privilège de monsieur saina Komain. » Les Du Vivier continuaient de brider la herte ; et il était notoire qu'ils avaient au chapitre les plus grandes chances de succès. < De toute antiquité, leurs ayeulx avoient desdyë ung de leurs enfants à Tesglise; et, en exécution de ce vœu , uu de leurs oncles esloit chanoine en la cathédrale de fiayeux » ; le sieur Boussel de Parfourru était un rcligionnaire converti ; c'ét^ent des titres aux yeux du chapitre. Dans cette extrémité,

m SAINT liOiui!^ \ .431

la famille de la Rivière-Vemay et le comte de * Siiissouft, voulant tenter un dlemier effort, sollicitèrent et obtinrent du c<msèil un nouvel arrêt qui défendait au concic r(^i> du parlement de délivrercen prisonniers pour la fierté, et li|î ordonnait expresséiiieiil (soufi peine de dix mille éciis» d'amende), de les remettre entre Iba main» d'un tuiaaîer porteur de Tarrêt. Le conseil rëite'rait les défenses déjà faites au chapitre d'4ire , et au parUmfinl^ délivrer les Parfoumi. Un huissier, envoyé eiKoult hâte , de Paris , pour signifier cet arrêt , n'arriva k Rouen que le jour de T Ascension, assez tard. U se rendit vite au Palais; mais au momeat où il entra dans la grand'chambre , le purlement venait de décider que les Du Vivier et leurs complices, élus p.ar le chapitre, lui seraient délivrés, à la charge par ces prisonniers d'assister tous à Tarte de la cérémonie. L'huissier du conseil exhiba son arrêt, et, sans doute, il en espérait des merveilles^ Mais voila uu de messieurs du parlement qui \ a apercevoir que Texploit n'était point revêtu du /ktnqiis de rigueur, tant au conseil on avait été pressé! grande fut T indignation du parlement, en voyant cette omission de ccmséqnence ; et il passa , tout d'une voix, que 1 huissier du conseil (il s^appelait Giffon) serait arrêté et constitué prisonnier; ce qui fut iait a Thieure même. Ciojez que le malheureux Gigon aurait alors volontiers invoqué le privilège

de la fierté , après avoir fait plus de tfente limes à cbeval , tout d'une haleine , pour en empêcher ' Teffet. Pendant que lés huissiers le concluisaient à la conciergerie , le parlement délivrait au chapitre les sieurs DuViviev et leufs complices, qui, tous, figurèrcntà la procession du jour, « sans rliajppeau, ayants chacun ung bourlet sur la teste » 1593. L'année suivante, le privil( fiit accordé, non Tritii^Rc de la psisà un individu^mais aune conmiune tout entière, «r ^itbc*' M celle -de Cfaandei , dans le bailliage d'Alençon. Ce &it se rattachant à l'histoire des Gauihiers, paysans arraës i|ui, pendant deux ans (de' 1587 à 1589) troublèrent et ensanglantèrent le Perche et presque toute la Basse-Normandie, il convient d*enlrer ici dans quelques détails. Le grave historien De Thon n'a point dédaigné de parler des GauthUrs^ dans son Histoire uniçersette, « Citaient, dit-il, des

Ce qnc cVtaît

qiicic*c«Hibim. troupes de paysans, ainsi nommes de la Chapelle- Gauthier (village du Perche), qui, deux ans au-

^ parayant, avaient comuiencé à prendre les armes

pour défendre leur liberté contre les entreprises des troupes qui couraient la province. D'abord, ils n'avaient iait aucune violence; ensuite, leur nomhce sVtant accru , ils en vinrent aux voies de fiiit , chargèrent quelques partis qui allaient au pillage, et ayant pris un de ces cxiureurs, en firent une si

• (') RegUtres du f1i«pltr«.

DE SAINT BOmAim » • £^

cruelle bondierie^* qu'il ne resta pa3 le moindre

y«Btîge de ce cadavre, les en&ns et les femmes ajantbujusqu'àson sang. Déjà, l'exemple devenaut contagieux , le mal s'était lëpandu dans une ^ande partie de la proviuce. Au son du tocsin, on voyait de con^rt tous les gens de la ca mpagne, abandon* nant leur travail, courir aux armes et se rendre au lieu qui leur était marqué par les capitaines cpi'on avait rais dans chaque village. Quelquefioris ils se trouvaient jusqu'au nombre de plus de seize mille. A leur téte étaient tout ce quHl y avait, en Normandie , d ^esprits brouillons qui ne cberchaieut que le trouble : le comiéde Brissac, qui venait d'étrê

chasse d'Angers, De Mou^ , De Picrrecourl, De

Longchamp , le baron d'Ëcbaufifou , le baron de Tubœuf , De Roquenval , De Beaulieu , et plusieurs autres gentilshommes partisans de la bgue, qui assemblaient des troupes pour k parti, autour de Laigle et d'Argentan ^'^ Les paroisses de Saint- Sulpice-sur-Bille etdeChandei, dans le Perche, élaicril. au iioiabre de ces villages ligues, dont les faabitans armés désolaient la province. « £n 1589, tous les habitans de ces deux paroisses et des envyron^ estoient eu armes , par la sollicitation de plusieurs seigneurs et capitaines qui leur feiscnent croire que c^estoil pour la deileuce de la religion

!•) HishwtmUQtrteUe Ue De Thoo, livre 95".

43ft « HISTOIRE DU PBIVIUfeE

cithôlicqiie , «postolicque et roumaiiic. Un fiiear Lavièle était à la tête de cette niilke nwtiquc, efrîl avait sous ses ordres plusieurs capitaines, entre autres, un nommë La -Planche, ancien soldat, et on maréchal ferrant nommé Nicolas Eulde. Un sieur lia Plessis-Longuy, gentilhomme du pays* voyait de mauvais oeil ces rassemblciiiens de villageois amés. il ayait eu des altercations avec <pielques uns de leurs chefs ; il s'ëtaît battu avec eux. ' Le capitaine Chaumont avait été blessé dans une de ces rencontres. Le capitaine La Boyssière Sainte Sulpice, commandant des habitans du village de Sainl'^Sulpicd-stw-RiUe , dont son père était seigneur , avait été tué par lui, d'un cx>up de pistolet. Û avait tué aussi le capitaine La Cousture , et on disait que c'était par trahison. Enfin , on raœosah « de commettre journellement des meurtres et des volkries dans le pays, n Irrités contre lui^ les habitans de Cliandei jurèrent sa perte , et l'elFet suivit de près la résolution. Avertis « un jour, qa*il devait venir à Ghandei, les capilaiiies firent sonner le tocsin , et , en un instant , tous ks villageois fiirent réunis sous les armes , dans la grande place «an nombre de cent ou cent vingt envyron , parmy les qaé% estoit maistre Pierre Prévost « curé de Chan* dey, et ung aultre prestre nommé Viète. >» Leur attente ne fut pas longue. Du Plessis-Longuy avait été épié ei arrêté avec son domestique, par les

IKB SAIHT BOMAm. 191

capilaines.Eulde et Ija Plauche, qfâfWàêté^ dm

quelques soldats, les tramèrent de force sur la place, où les habitaos étaient réuQÛ» C'était mener des agneaux à la boucharye. A peine ces paysans furieux aperçurentr-ils Ou Ple^si^-Louguy et son valet, qc^ils se nièrent tous ensemble snr eux, et les tuèrent à coups J'epce et de hallebarde. Les corps morts de ces deux malbeureiix furent traîné jusqu'à une mamière , à cAté du village. Il n'y eut pas un paysan qui ne irappât ces deux infortunés, de la hallebarde et de Tépëe , et qui , après leur mort, ne donnât encore des coups de hallebarde sot leurs cadavres , anbord de la mamière. Le sienr BuPle^sis laissait un frère, nomme La Manselière, qui poumiivit la ven^ance de ce meurtre, environné de drconstancés si affireuses. Des archers furent envoyés à la recherche des coupables. Trop pauvres et trop ignorés pour solliciter la grâce du roi , ces paysans s'enfuirent de tous côtés. Leurs terres demeurèrent en fincbe et sans labour. «Leurs pauuvres femmes et eufantz n'ayoyent plus d'autre ressources que de mandier leurs vyes. » Qi^lques uns des fugitifs forent arrêtés , mis en prison à Yeiv neuil, ci allaient être condamnés au dernier supplice, lôrsqu'enfin quelques uns de ceux qui s'étaient échappés se hasardèrent de venir à Rouen, demander, à genoux , le privilège de saint Romain* Pierre Maillard, Tun d'eux, laboureur, Agé de

m BISTOntE DU PRIVILlfGE

dnquante«-dnq ans , chargé de iemme et de dnq enfens , fut interroge pour tous les autres , par les députes du chapitre. Il sollicita « la grâce du pri> vilége de monsieur saint Roumain , en considération du grand numbre de paouvres gens qui estoieut en pajnne comme luy, depuis neuf ans , ayant abandonne le lyeu de leur nativité et demeure , et estant rëduictz en une extresme paouvretë, tellement qn'ilz aymoient myeulx endurer la mort que vivre plus longuement en telle misère , sy messieurs du chapitre n^avoyent pityé d'eulx. »

Si le crime était grand , il y avait neuf ans que les coupables l'expiaient dans Fangoisse et Tindigenre. Le chapitre eut pitié' de ces malheureux que leurs chefs avaient égarés. Pierre Maillard leva la fierté , et cette henreuse nouvelle alla réjouir et viviher une contrée où régnaient, depuis trop longiMhito des tems , la désolation , la misère et le désespoir. L'association formidable des Gauthiers n'avait point survécu long-tems à ce dernier crime de quelques uns de ses membres. Vers la fin d'aviH 1589, comme le duc de Montpensier assiégeait Falaise ^ qu'occupait la ligue , il apprit que les Gauthiers , au nombre de cinq mille, marchaient au secours des assiégés. Le duc alla à leur rencontre. Les Gauthiers s'étaient répandus dans les villages de Pierrefitteen-Gnglais, de Yillers et de Commeaux, non loin d'Argentan. Le duc de Montpensier et ses

DB SAINT ROMAIN. Ui

lieutenanâ Thorigny, Beuvron, Longaunay v De Vie, Martel de Bacqueville, GrimouvilIe-IjarchaTit , les altaquèrent successivement dans ces trois positions. L'artillerie de Farmëe royale ëpouvanta ces hommea braves mais iiuliscipiiues ; ils se dëbaiiilèrent , et on les tailla fadlemenlen pièces. Jamais il ne s'était fait un aussi grand carnage par une aussi petite poignée de monde. Plus de trois mille de ces paysans restèrent sur la place. De douze cents qui se rendirent à discrétion, quatre cents furent condamnés aux travaux publics ; les antres eurent permission de se retirer, après s être engages a ue point porter les armes pour la défense du parti ; on prit aussi avec eux quelques gentilshommes, et, entr' autres, le baron de Tubœuf. Cette défaite arriva un vendredi 99 avril. Cet écbec, non seulement affaiblit considérablement la ligue en Normandie, mais éteignit encore absolument le parti des Gautliiers, qui avaient rendu leur nom formidable a la noblesse et à toutes les villes de la province. Leur société' se rompit, et ils ne parurent plus depuis. De Thou, en disant que la nouvelle de la défaite des Gauthiers dut paraître d'abord incroyable , montre assez à quel point ces villageois armés étaient parvenus à se faire craindre

0) De Thuu , Histoire universeiie, livre 95«.

1600. Le fait à raisou du quel la fierté fiit levée ea 1 600 ».rur Drstut tcnait eacore aux querelles de religion. Les moines

Je Tiary lève !• , ,

«cru. tle la Charité-sul -Loire ayant, en vertu d'un ëdit du

roi, mis en vente des terres à haute justice, sises dans la paroisse de Tracy (Berri)^ et contiguës de celles de i; rançois Destut , sieur de Saint-Père , el de Tracy , un sieur De Jodon , voisin de ce gentilhomme , avait mis ces terres à prix. Le sieur De Jodon ëtait un religionnaire ardent « et s'il eust esté adjudicataire des dictes terres, il eust porte grande incommodité au sieur De Tracy et à ses suhiecti, estant icelluy l>e Jodon de la nouvelle prëtendae religion et homme scandaleux.... H y auroit faict le presdie et aultres assemblées illicites ». François De Tracy alla trouver à Auxerre les commissaires de la vente , et leiu* fit des représentations qui produH sirent Teifet qu'il avait pu en attendre. Les terres ne forent point a^^ugées au sieur De Jodon ; maïs ce dernier eut bienldt connaissance de cette démarche I et recherdia , dès lors , toutes les occasions de nuire au sieur De Tracy , en empédiant , par exemple , les voisins et redeyaiiciers de ce gentilhomme tt de luy rendre les corvées et debvoirs ordinaires à luy deubz , spécialement le jour de la bannye pour les vendanges; en &isantdeffience aux mareschaulx de ferrer ses chevaulx , aux habitans d'aller mouldre en son mouUin : en faisant semer plusieurs mauvays propos contre son honneur , et

m SAINT ROStAIM. AU

lîbi^Ues diliamatoire& coaire iaïuille, ei les appliquant aulx porter des eaglizes et lieux puUicqs <le la ville du Cosiie et de Tabbaye de Saînct-Laurens ». De tels outrages ne pouvaient être dissimulés. La firmille De Tracy porta plainte en justice.... Inrilë de cette dénonciation, un nommé Guichart, dit RodomoFii » parent du sieur De Jodoa, diercha les occasions de nuire au sieur De Tracy ; il interceptait ses lettres et insultait ses gens ; il Toutrageait, lui-uième , par les chemins. Le sieur De Tracy, sans cesse poursuivi par cet bcminie ^ se vit enûu réduit II défendre sa vie contre lui , un jour qu*il l'attaquait encox^ plus violenunentque de coutume ^ et le tua d'un coup dVpëe. Condamné à mort par contumace, à raison de ce meurtre, le sieur De Tracy prit la fiiite. On lui reprochait d'autres ùitSé Ainsi , « ung nomme Estienne Valençon , csgaré d'esprit, et hors d'entendement, le quel , en ceste aliénation d'esprit , commeltoit force excès, comme vioiement^ et aultres outrages , avoit esté arresté par ses ordres , et il Tavoyt £ûct fiouetter , de ftçon qu'il Tavoyl remjs en son sens ». Une autre fois , un ouvrier vigneron , loué par lui pour la iàçonde ses vignes, ayant été surpris traçaâkmiÀ la vigm d^utdàruyf comme il voulait lui donner un coup du plat de son épée, iedUtskuUkmmée^ l'ouvrier m troma blessé ; mais il l'ut pansé , nourri et médica« menté ches le sieur De TVacy. Enfin , un jour, il

UI&XOiaE BU P&lViLÉGË

ayaît donne uu coup de plat d'épée à son fermier. Le sieur Destut ayant été poursuivi activement par la famille de Guîcliard Rodomontf et se vuyaiit sur le point d'être arrêté par un archer du prëvôt, ^ît venu à Paris se rendre au duc de Montpeiisier , qui répondit de lui et s'obligea à le représenter au besoin. Le sieur De Tracy , ainsi mis à la garde du duc de Montpensier, pria ce prince qui le protégeait de l'envoyer prisonnier à Rouen , pour qu'il y put solliciter le privilège de ^aiut Romain. Le duc y consentit, et, écroué par ses ordres au Vieux-Palais , recommandé par lui au cha pitre et au parlement, le sieur Destut demanda et obtint la fierté.

1601. En 1 GO 1, la fierté fut accordée à un prêtre, L. fimc levé. « MaisU-e Nicolas Le FoH, curé de SideçiUe » dans

|Mr Je tnn de

8ideTni«(aCo. le Cotentin. Le 8 septembre 1578, jour de saint

tentin), qoî avait * "

coré de Gorgon, qui se célébrait, tous les ads, à Sideville , ce avec grande affluence et concours de peuple , la pluspart poui- y danser et s'esbatre, plustost que pour dévotion », le curé de Sideville était dans son église où l'on cliaiilait les vêpres, lorsqu'il lut averti que son frère Robert Le Fort, sieur de Camerille, venait d'être offemc (blesse) à sang, à peu de distance de l'église. Âussi-tàt il était sorti du choeur, revêtu de ses habits sacetiotaux , et , près de son })! ( sbytère , avait trouvé plusieurs gentilshommes , Tépée tirée, se battant les uns contre les autres :

tni- Ir Breville

DE SAINT AOMiON. 4^5

Alichd De RftTftlet , ciiré de Brërille , ëtait le plus échauffe de ces combattans ; et c'était lui qui ▼enait de donner an frère du curë de SideySle , un coup d^épée sur la téte. Ce curé de Bréviiie «c estoit ung homme mutin et faictieuxt faisant profession d'armes , plustost que de cure et ecdésiasiique. » Pen de tems avant , il avait tué le baron d^Echanffou, et venait d^obtenir des lettres de rémission poiuce meurtre. Le curé de Sideville, indigné de voir son frère ainsi Uessé, « appréhenda le curé de Bréville par le corps , pour enipescher <ju"ii ne le blessast d'avantage. 1» Long-tems les deux curés « se bouleversèrent l'un rautre. Enfui , celui de Sideville «se sentant, dit-il, oullra^eusement firappé» donna nng coup d'espée au travers du corps du curé de Bre ville, du quel coup ce dernier mourust et rendit l'âme entre les bras de son meurtrier , sans dire ny proierer autre propos , synon ; Ha ! je suis mort. » Le curé de Sideville, « recongnoissant que par ce meurtre il avoil i licoum T irrégularité, cessa de célébrer la messe. i> L^abbé de Cherbourg, qui présentait à la cure , lui donna un successeur. MicolasLe Fort envoya à Rome pour solliciter du pape sa réhiAUiiaiion aux fonctions sacerdoUdês ; mais il ne put rien obtenir, n ayant eu pardon du roy. Enfin, en 1601, la fierté lui fut accordée. f603.

Nous avons vu, en 1583, un sieur Gomer Du un frère obtient Breuil absous , par la fierté , de l'homicide par lui avoir *»■»*■ 11^ Ir

meurtrier de ion frère. ,

UiA HISTOIRE DU PEIVILS^Ë

commis sur Paasassin de son père. En 1603^ yin^t ans après , la fierté fut accordée à un jeime geuliifaomme qui avait vengë son frère par un meoitre qu^avaient accompagné des circonstances fâcheuses. En 1 593 , un duel avait eu lieu aux p(Mrtes de Verueuîl , entre le sieur Du Breuil et le sieur De la Morandière, lieutenant du baron de Mëdavy^ comrmandant pow la ligne à VemeuQ. Le nommé La Caiilolière, intimement lié avec le sieur De la Morandière, et témoin du combat, avait écarté tous les coups i^ui auraient pu atteindre sou ;uiii. Du Breuil ayant ainsi en téte deux adversaires » au lieu d'un , n'avait pu résister long-tems , et était tombé percé de coups. On sut bientôt comment les choses s*étaient passées. Hector De Barville Du Parc Jeune firère de Du Breuil, indigné de la conduite de La Caillotière , le provoqua en duel. Irlais le baron de Médavy empêcha le combat. lut alors, et par Teffet du chagrin que lui causait cette défense ^ qu'Hector De Barville quitta la ligue et s'attai^ au service de Henri 1\ . Qu( Iques mois après » ce jeune bommet â^é de seize ou dix-sept ans, se trouvant au bourg de IVlouiiins , chez la veuve de son frère Du Breuil , La Caillotière vint à passer devant la porte de la maison, La dame Du Breuil se persuada t|u il avait voulu les braver. Si vous ne vous en vengez, dkdie à Hector De BmvUlc , je ne eroiray jamaiz que vous ayez €Ùim vosire frère, jtjxité par ces paroles ,

par les pleun de sa belle^scBur , Hector , accompa-

gnë de Barville-Vauhulia , l'un de ses frères , et suivi de quelques soldats armés ^ se rendit à cheval, à Cour teraye, chez le sieur De Saint-Aignan son cousm , où il sut qu'était La Gaillotière. Saint-Aignan, qui devina leurs projets , voulait les empêcher d'avancer ; mais un des soldats de la suite des deux frères lui tira à bout portant un coup de pistolet qui le tua sur la place. La Gaillotière, qui était sans armes , subit le même sort, et përit assassiné par dnq ou six hommes armës. Avaiit d'expirer, il dit à Hector : « Monsieur Dé Barviile du Fore, qu'o^éz^ vùus faut ? Vous an^z tué Vun de vos meilleurs amys Ce mot inspira au jeune Hector De BarviUe un regret indicible « tel qu'il eust voulu estre à la place de sa victime. » Mais les soldats de sa suite, peu touchés de ce qu^il y avait d'attendrissant clans ces dernières paroles d'un mourant, donnèrent jusqu'à «cinquante ou soixante coups ^d'es* pée » sur le cadavre de ce malheureux. En 1603, Hector De Barville vint h Rouen solliciter la fierté. L'assassinat des sieurs La Gaillotière et De Saint- Aignan avait fait beaucoup de bruit. Barville de Vaubulin, frère d'Hector, et quelques autres de ses complices , mis en jugement, à raison de ce double meurtre , avaient eu la tête tranchée. La réputation * d'Hector ëtait mauvaise ; il avait, dès l'âge de quinse ans , pris part à un autre meurtre. Dans les guerres

UB mSlOIRE DU PaiYIUBGfi

de la ligue il avait rançonné durement les pa--

roisses des environs de Vcrneuil , pillé des con- Toiâf fait vendre à son pro&t des bestiaux enlevés à de pauvres villageois ; il était criblé de dettes, et on le soupçonnait de iausse-iuomiaie. £lu , touleiois, par le chapitre, et amené devant le parlement, il avoua les a imes que nous vtuuns de rapporter. Claude Groulard, premier président, lui remontra que le privilège de saint Romain rw pouvait estre ièccordè à ceuLc 4jui se tromoienl caiwaigÈtus tPttng iel assassinai de guei-^pens. Le parlement était obsède par les pareus des huiniudes , qui s'opposaient à la délivrance du prisonnier, coupable, disaient-ils, ti"a56a6Miiat picmcditc , ctroue d ailleurs depuis Tinsinuation du privilège , et détenu au Vieux-Palais, double motif qui l'excluait de la grâce qu'il osait solliciter. Mais Hector De BarviUe était protège' par de puissans personnages. Le roi lui-même avait écrit en sa faveur, et l'avait, en outre, recommandé de vive voix au cardinal de Bourbon , troisième du nom , archevcque de Rouen. Sou extrême jeunesse , lors de l'assassinat des sieurs De Saint-Aignan et La Caillotière , le souvenir du désordre universel qui régnait alors dans totite la France, le mouvement naturel et irrésistible qui l'avait porté à venger un frère, atténuaient un peu rénormité du crime. « Desjà sous le privilège sainct Romain , des cas énormes avoient esté enveloppée

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Dt i»AlNX ROMAIN. *49

et aMOUpis. » Cesl ce que dirent les gens da roi, en consentant qu'Hector De Barville fût délivré» maU par provision seulement. Le parlement adopta ce terme moyen , dont beaucoup d'arrêts antérieurs offiraient l'exemple. BarviUe, secrètement dëdarë indigne du privilège, (ut toutefois délivrë au chapitre, mais par maiÙ£re de provision seulement, aux Marges eonUnues au registre f disait rarrét. Ces expressions auuonçaieut, de la part du parlement, des desseins ultérieurs. Parmi cette multitude immense d'haLilans de la ville et des campagnes, accourus à Rouen, de toutes parts, pour voir la cérémonie de la fierté, le bruit se répandit qu'on devait arrêter le prisonnier après la iéie. Un envoyé du chapitre vint demander au premier président Groulard si cela était vrai ; ce magistrat lui donna Tassurance du contraire. En effet , la cérémonie eut lieu comme de coutume , les cloches sonnèrent , la lierle fut levée , la messe chantée à JMotre-Dame. Mais,au moment où M. Halley, bourgeois de Rouen, maître eu charge de la confrérie de saint Romain, *«*|»«JeieT*ru voulait faure entrer chez lui le prisonnier pour j souper et coucher seluu T usage, Thuissier Louvel, et Bouirey, commis-greffier de la Tournelle, assistés de plusieurs personnes apostées par un nommé De Launaj de Saint-Ajignan, parent de celui qui avait été tué lors de Tassassinat de La Caillotière, se jetèrent sur Hector De Barville ; les uns le prirent

Tlaro «or ce liriionnier qui

*4SÛ UISTOIE£ DU P&iVlLEGK

au coliet, les autres aux cheveux, s'ëcrlant qu'ils inteqetaient clameur de haro sur lui ; Tun d'eux le menaça d^un poignard nu. Les membres de la confrérie de saint Romain résistèrent. Le maître en charge de la confrérie réussit à arradier le prisonnier aux mains qui Pavaient saisi , et le fit entrer dans sa maison, où ces furieux n'osèreni le poursuivre. Il y eut alors dans Rouen une grande rumeur. A sept heures du soir, le premier président Gronlard vit entrer dans son hdiel les anciens maîtres et tous les confrères de saint Romain; ils traînaient avec eux ceux qui avaient attenté au privil^, et se plaignaient surtout de Bourrey, commis de la Toumeile , celui de tous qui s'était mêlé le plus avantdans ces scènes tumultueuses. Bourrey, après bi^n des dénégations, se voyant forcé d'avouer le fait, déclara que , parent du sieur De Launay qui avait interjeté ce haro , il n'avait pu feire autrement que de Tassister, jparce que bon sang ne peui mentir quand il est eschauffé. Au moment où le premier président lui adressait une sévère remontrance ainsi qu'à Thuissier Louvel , un députe de Tarchevéque de Rouen vint, au nom du prélat, se plaindre de ces actes de violence. De son cété, le duc de Montpensier, gouverneur de la province, envoyait dire au premier président qu'avMi de ce qui se passait, « il s'esloii voulu lever pour aller, avec main armée, faire exécuter la volonté du roi.

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D£ 8AIHT KOMAfll. i&i

du quel il avoit exprès commandement en faveur du prisonnier » ; mais que le nkauyais état de sa santé Ten av aii empêché, et que, d'ailleurs, il comptait sur Tempressement que le parlement mettrait à y donner ordre. Le premier président Groulard se bâta d'envoyer convoquer tous les membres du parlement, per domoSf avec prière de se rendre au palais, à Tinstant même. Il était neuf heures du soir lorsque le parlement fut réuni. L'anteur de tout ce mouvement était le sieur Eusladie De Saint-Aignan, dit DeLaunay. Cousin des sieurs De Saint^Aignan et La Caillotière, si odieusement assassinés par les £arville, il avait , depuis 1593« fait de grandes dépenses et une infinité de démarches pour assurer Farrestation d'Hector De Ban ille. il avait même , avec la permission du roi , /aii mener du canon devant la maison de ce dernier, pour se rendre maître de lui. Mais , averti que, par l'eUet du privilège de saint Romain , Hector De Barville allait être transporté au Vieux-Palais, et (ju'il y avait un complot pour Tenlever et le rendre k la liberté « il avait uUerjeLe le haro qui avait causé tant de rumeur et dont il dédarait se désister. Mandé devant la cour, telles furent les explications que donna le sieur De Launay de Saint-Aignan. Le procureurgénéral Le Jumel dît que la voie du haro « estoit inlroduicte quand il y alloit de la force et violence à la quelle on ne pouvoit résister* » Le parlement

U$ft HISXOIE£ DU PRlViL£G£

ayant rendu, le matin, un arrêt de délivrance en faveur du sieur De Barviile , sa partie civile n'avait pas du troubler la solennité et cérémonie, et don* ner sujet à une grande commotion et sédition. Il requit que le sieur I>e Launay, malg^ son désistement, £ut condamné à de grandes amendes. Ensuite, parut devant la cour M*. Bourrey, commis à la TouriicUe. Parent des deux gentilshommes assassinés par les Barviile , il s'était iudiscrétemeut prononcé, en toutes rencontres, contre Télection d'Hector Du Parc. Le matin, pendant que le parlement examinait le procès du prisonnier, il n'avait cessé de prendre des notes et de rédiger des mémoires , à Teftet de nuire à Hector De Barviile. « Il avoit dans sa pochette quatre ou dnq requestesà présenter contre luy, selon les occurrences. » Après que le parlement avait eu décidé que De Barviile ne serait délivre' que par provision , on avait entendu Bourrey s'écrier plusieurs fois, en sortant du Palais, gue estait urtg sainct arrest que celuy que la court çenoii de rendre, ei qu'il meUroii plus de vinfrt hommes à la queue du prisonnier, qui Fem^ pescheroienl bien de s'enfuyr. C'était lui qui avait excité M. De Launay Saint*Ai^an à Péchauffoorée qui mettait toute la ville en rumeur; c'était lui qui avait donné des instractions à Thuissier Louvel et à ses coasurts. Il confessait sa coulpe en s'excuscuil sur son affection envers ses pamds meschammeni

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D£ &AAMÏ ROMAIN. &53

assassinez. Le premier président lui adressa , au nom de la cour, les reproches sëvères qu'il méritait Sur ces entrefaites, el au moment où le parlement se disposait à déclarer tortionnaire le haro inte^eté si irrëgalièremeni par M. De Launay Saint-Aignan^ et à le condamner , ainsi que Bourrey , à de f ortes amendes y le sieur Halley , maiire de la confirërie de Saint-Romain, vint, accompagné de plusieurs bourgeois, £ûre pari à la cour d*an incident nouTeau*

Il y avait peu d'instaiis, le cardinal de Bourbon, LWbe»*!!»*

de Boum calèv*

archevêque de Rouen, ëlait venu chez lui, s'était in • ^ ^^^'«1» saisi d'Hector De Barville, et Pavait enlevé dans son carrosse attelé de quatre chevaux, sans qu il j eut en moyen de s'y opposer. Cette nouvelle mit le parlement « en plus grande peine que auparavant. » M* Bouchard de Cottecôte, maiire des requêtes, avait assiste à toutes les délibérations du jour, et connaissait bien Tailaire. A la prière du parlement, il alla à rinstani trouver le prélat , pour sonder ses intentions et le déterminer, s*il était possible, à rendre le prisonnier en testai çu*il esêoii^ pour que la cérémonie pût être achevée. Il devait représenter au cardinal les conséquences de ce qu'il venait de faire , et cela au moment où le parlement procédait contre l'huissier et ses consorts, et s'occopait de faire réparer les fautes commises. Le cardinal re pondit « qu'il n'avoit rien entrepris que pour l'exécution des lettres et commandements

M HISTOOE DU FBIVILEfiE

qu'il avoit du roy », et , ces Icitres , ces ordres, il ks comnraniqiia à M. De Cottecôte , en remarquant que le prisonnicT elait maiiittiiaiitau Vieux-Palab, et qu'à dix heures du soir il était trop tard pour qu'où ouvrit les portes de ce chàteau-fort; il a\'iserait, le lendemain, à ce qu'il aurait à faire ; mais l'huissier qui ayait si scandaleusement trouUé h cérémonie, et ceux qui l'avaient secondé, devaient être sérèrement châtiés, et, à cette fin, envoyés an conseil privé du roi ou au graucl-conseil. Après avoir entendu le rapport de M. De Gottecdte, k parlemcut, sentaiil la nécessité de protester contre toute idée de connivence entre lui et ceux ^ avaient trooUé la fête et mis la ville en rameur, déclara « toriionmûre et fait contre et au préjudice de son anrét et de k liberté de la c^iémonie publique , le haro interjeté par £ustache De Saiut- Aignan, sieur de Launaj, sur Hectinr De Bacville, sieur du Parc, délivré au chapitre. » Ce gentilhomme et Bottirey fiurent condamnés chacun à vingt-cinq livres d^amende. L'arrêt ordonna que « BarvOk seroU remis en iei esiat quil estoU aupdxramnt le haro, pour que tes solemniiéz aceouskanées em le/ acte pûssetd esire f aides et parachevées^ » Une information eut lieu sur Us forces ^ irouUes ei insohmees qui tmiient estéfaicies lors de la dicte soientniié. Le lendemain, par suite de reoseignemens plus précis sur la conduite de Bourrey, commis à

coMfil » contra

Pclin, l'un ilr« a$> tatfins de Montmon

Isk Tournelk « le parlement le dëcrëta de prise de corps et le fit ëcrouer à la conciergerie. Suspendu, en outre, de sa charge, Bourrey n'obtint sa mise en liberté , le 16 mai , tfuê pour la révérence de la feste prochaine (la Pentecôle) et sous la condition de ne pas sortir de la ville*

En 1606, la lamentable histoire de 1 assassinat de Montmorency du Hallot occupait de nouveau les esprits. Gomme nous Pavons vu précédemment, trois des scélérats compUces du marquis d'Alègre, ^"^«jd»"*!aiTétës à quoique intervalle , avaient ex{Âé successivement leur crime sur Téchafaud. Depuis, et lorsque les troubles de la ligue furent entièrement apaises , les dames Du Hallot ayant su que Pébu la Mothe était à Paris , parvinrent à le faire arrêter et écrouer dans les prisons du Grand-Châtelet. Le chapitre de Rouen intervint, le dirons-nous? aux fixais du marquis d'Alègre, qui, toutefois, ne parut jamais ; il s'était relire' en Italie, et ne revint que long-tems après en France , où il épousa Louise De Flagheac^'^ Cette affaire importante , dont la discu»' sion réveillait de si tragiques souvenirs, fut plaidée au conseil, pendant plusieurs journées consécutives, a Grande cause , certes , qui fut diversement

(•> Ksiai généalo^que sur la r/uuiion lyAlègrtf manuicril de la bibliothèque du roi. Il rn^a élé coniniani(|uc par M. LlicalNloe , employé de ce drpùL, homme de letlres aussi docte qa^obfigeaDt

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