LIVRE II, - LAMBERT CHASSE
membres du Parlement poirv aient se rendre à leur poste, coupa toute communication avec la Cité, et marcha de sa personne sur Westminster. Arrivé près du palais, il se trouva en face du colonel Morley qui, le pistolet à la main, lui dit qu'il tirerait sur lui s'il faisait un pas de plus : o Colonel, » répondit Lambert, a je passerais par- « là si je voulais ; mais je prendrai un autre chemin; » et il poussa en effet d'un autre côté. Le colonel Moss était, avec sa troupe, sur le point où il se porta; Lambert, s'avançant vers les soldats, leur demanda : a S'ils voulaient « souffrir que neuf anciens officiers, qui avaient si sou- « vent combattu pour eux et avec eux, fussent dépouilo lés de leurs emplois et ruinés, eux et leurs familles. » — « Il vaut mieux, » dit Moss, a que neuf familles soient « ruinées que si la nation et le Parlement l'étaient eux- « mêmes. » Lambert répliqua; un pourparler s'engagea; quelques soldats de Moss passèrent à Lambert; mais la plupart restaient en suspens. La garde à cheval du Parlement arriva, se rendant à son service, et commandée par le major Evelyn; Lambert alla à lui et l'interpella vivement; Evelyn regarda autour de lui, comme pour consulter silencieusement ses soldats; plusieurs se montraient ébranlés; son lieutenant Caithness le dissuada de résister; il descendit de cheval, et sa troupe grossit celle de Lambert. Sur ces entrefaites , l'orateur du Parlement, Lenthall , qui se rendait en carrosse à la Chambre, fut arrêté, près de la cour du Palais, par un détachement des gens de Lambert placé là sous le commandement du lieutenant-colo-