‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 14 sur 131 · LIVRE I. — RELATIONS DE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — RELATIONS DE

barras où tomba Richard et dont un Parlement pouvait seul le délivrer. Mais il redoutait pur-dessus tout, et ses conseillers avec lui, de se trouver en face des républicains, des presbytériens royalistes, des Cavaliers déguisés en presbytériens ou en républicains, de tous ces ennemis acharnés de son père qui ne manqueraient pas de se coaliser contre lui, au nom des droits et des lois du pays. Sans se flatter qu'on pût longtemps échappera la nécessité d'un Parlement, on résolut de l'ajourner et de tenter, pour faire face aux dépenses urgentes, des expédients moins hasardeux. Lord Faulconbridge, depuis son ambassade auprès de Louis XIV pendant le siège de Dunkerque, était resté en rapports bienveillants avec Mazarin qui, à la mort du Protecteur, lui avait fait donner, par Bordeaux, les assurances les plus amicales. 11 fut chargé de demander confidentiellement au ministre de France si le roi serait disposé à faire au Protecteur une avance de cinquante mille livres sterling : « Bien que la « somme ne me parût pas si difficile à rassembler», écrivit Bordeaux cà Mazarin , « et que je jugeasse de « l'intérêt de S. M. de faire un effort dans la présente a conjoncture pour engager le nouveau Protecteur à « suivre les sentiments de son père, je me suis néan- « moins bien abstenu de rien promettre, ni de donner « qu'une espérance très-générale que S. M. se porterait

« à tout ce qui serait en son pouvoir 11 ne me fallait

« pas consulter mon père pour reconnaître la diflicullé « qu'il y a de tirer de l'argent du roi ; je ne l'éprouve « que trop moi-même, et elle m'oblige encore à deman*

LORD FAULCONimiDGE AVEC MAZARIN. 21

« der à Votre Éminence le [)ayement qu'elle me fait « espérer depuis six mois, et sans lequel mes lettres de « change seront protestées, ne sachant autres fonds pour « les acquitter. » Dans quelque embarras qu'il laissât son propre ministre, Mazarin, si sa politiijue l'eût exigé, eût trouvé et donné les 50,000 livres sterling qu'on lui demandait; il avait offert bien davantage à Cromwell : mais il ne portait à son successeur ni la même confiance, ni la même crainte ; il voulait vivre en bons termes avec lui et voir venir sa destinée, sans lui prêter im secours efficace et qui contribuât à l'affermir si, par lui-même, il n'en était pas capable. Bordeaux eut ordre d'éluder la demande en parlant des grandes nécessités où se trouvait le roi ; et quand Lockhart, toujours ambassadeur d'Angleterre en France, revint à Paris et renouvela luimême le désir que lord Faulconbridge avait exprimé , Mazarin persista à s'y refuser. Mais en même temps il entremit là, pour s'assurer à Londres de bonnes informations et quelque influence , une occasion qu'il se garda bien de laisser échapper : « J'ai « témoigné au sieur de Faulconbridge , » lui écrivait Bordeaux le 3 octobre 1058, «l'estime que Votre Émi- « nence en faisait et l'amitié dont elle l'honorait; il reçut « ces civilités avec toutes les marques de reconnaissance « qui s'en pouvaient attendre, et me professa un vérita- « ble zèle pour son service et un attachement aux inté- « rets de la France. Je l'exhortai à persévérer dans ces « sentiments, lui laissanj entendre que ses services ne « seraient pas rendus n une cour ingrate. Si l'on désire

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