‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 34 sur 131 · RECONNAISSANCE DU PROTECTEUR · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE DU PROTECTEUR

« ré1 Passe encore pour Olivier Cromwell. Il avait

a violé son serment de fidélité au Parlement, son devoir « envers le public , le respect qu'il devait au grand o corps de qui il tenait son autorité; il avait usurpé le « gouvernement. Mais son mérite était si extraordinaire « que nos jugements et nos cœurs en pouvaient être « aveuglés. 11 s'était frayé le chemin à l'empire par les « actions les plus illustres; il avait à ses ordres une « armée qui avait fait de lui un conquérant , et un a peuple qui avait fait de lui son général. Mais Richard a Cromwell , son fils, qu'est-il? Quels sont ses titres? o Nous avons vu qu'il porte au côté une épée; mais a i'a-t-il jamais tirée? Et ce qui importe encore plus « aujourd'hui, est-il propre à obtenir l'obéissance d'une o grande nation, lui qui n'a jamais pu se faire obéir par o un laquais? Et c'est cet homme que nous devons recon- « naître comme notre roi, sous le nom de Protecteur ! « un homme sans naissance , sans courage, sans cono duite ! Pour moi, je le déclare, jamais on ne dira que, a d'un tel homme, j'ai fait mon maître \ »

J Burton, Diary, t. III, p. 107-113, 145, 159.

* Burton, Diary, t. III, p. 171-180, 227;— Oldmixon, Hist. ofthe Stuarts, p. 430-431; — Biographia britannica, t. VI, p. 3913; — Forster, Statesmen ofthe CommonweaUh, t. III, p. 177-187, 199-200; — Bordeaux à Mazarin, 20 février 1659 [Documents historiques, no XV). — M. Forstera fait, de la dernière partie du discours de Vane, un discours séparé qu'il a placé deux mois et demi plus tard, au moment où Richard se laissa contraindre par l'armée à dissoudre le Parlement. Mais Oldmixon, et la plupart des historiens qui font mention de ce discours de Vane, le placent tout entier dans le débat relatif à la reconnaissance de Richard comme Protecteur. Les dernières phrases du discours même l'in-

f>r> LIVRE I.— DEBAT SUR LA

Cette franchise rude et hautaine demeura sans réponse et sans écho; les Cromwelliens s'en indignaient, mais avec trouble ; la plupart des républicains la trouvaient inopportune; les hommes modérés et sans engagements de parti demandaient qu'on en finît promptemcnt du débat, alarmés de voir les périls de la situation aggravés par tant de passion. Quelques royalistes essayèrent, à la faveur d'une discussion si libre, de laisser entrevoir leurs vrais sentiments : « Ce qu'a été le Long Parlement, je « dois m'en taire, pour des raisons d'État, » disait le colonel Gorges; «je ne ferai non plus aucune réflexion sur « le lord Protecteur; qu'ils restent l'un et l'autre en « paix dans leur tombeau ; j'espère qu'ils n'en sortiront « jamais. » — a Je suis pour la constitution sous laquelle « nous avons si longtemps vécu, » disait M. Stephens; « relevons l'ancien édifice. » Mais ce n'était pas aux amis suspects de la royauté déchue qu'il appartenait de combattre efficacement les doctrines et les prétentions républicaines ; les Cromwelliens déclarés et les membres nouveaux, partisans de l'autorité, convenaient mieux à cette lutte, et ils ne s'y épargnèrent point : a II est trop tard,» dit le major Beake, « pour prétendre a que tout le pouvoir réside dans cette Chambre; « regardez à votre constitution : il peut y avoir bien

diquent positivement; èt le témoignage de Bordeaux, qui en rend compte à Mazarin le lendemain même du jour où le discours fut prononcé, ne laisse aucun doute à cet égard. Si Burton, dans son Diary, ne cite rien de cette dernière partie du discours de Vane, c'est probablement qu'il fut effrayé de sa violence contre le Protecteur et n'osa pas en reproduire les termes.

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