‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 35 sur 131 · RECONNAISSANCE DU PROTECTEUR · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE DU PROTECTEUR

« des choses à discuter dans la Pétition et avis, mais a non pas les fondements ; yous ne pouvez toucher aux « deux colonnes du temple de Salomon; cela n'ap- « partient pas au peuple; je regarde comme très-con- « testante que tout pouvoir soit dans le peuple. » — « Moïse, » reprit un membre inconnu, « n'avait pas été « choisi par le peuple; comment l'auraient-ils choisi, « eux qui voulaient à peine le reconnaître ?. . . Est-ce que « le peuple choisit Samuel ou Saùl? Nos rois étaient « rois avant que le Parlement les eût déclarés tels.... « C'est quand toute règle légale a été abolie que les « novateurs en sont venus à une prétendue règle de « nature , et que , pour s'approprier le gouvernées ment , ils ont dit que tout pouvoir résidait dans « le peuple.... C'est la main de la Providence qui a a élevé le Protecteur; il était Protecteur avant que « nous vinssions ici. »— « Nous l'avons déjà reconnu, » dit M. Starkie, « en nous réunissant dans cette enceinte « et en prêtant serment à la porte. j>— « Par quelle autoa rité siégeons-nous ici? » demandait M. Manley; « s'il « faut des fondements nouveaux, il en faut pour nous « comme pour Son Altesse, et nous sommes en question « aussi bien qu'Elle. »— « Il n'y a qu'une question, » s'écriait M. Steward ; a c'est de savoir si nous ferons tous a ensemble ce que nous avons fait chacun séparément, « avant d'entrer ici. » Un avocat obscur, M. Freeman, alla plus loin : « Son Altesse, » dit-il , « aurait pu nous a forcer à faire ce que nous devons faire ; elle aurait pu « amenef une armée à votre barre. » Le héros de la

guerre civile, le général en chef de l'armée du Long Parlement , Fairfax, qui siégeait silencieusement dans cette Chambre, se leva avec indignation, et demanda que le membre qui venait de se rasseoir fût appelé lui-même à la barre, pour avoir parlé d'y faire venir une armée. Les conseillers du Protecteur, en désapprouvant M. Freeman, réclamèrent pour lui le droit de s'expliquer. Il s'expliqua sans faiblesse : « Il y a, » dit-il, « des exemples « d'un tel emploi de la force. Je ne veux point justifier « ce qui est illégal. Je désire que nous soyons gouvernés « par les lois. Je demande que Son Altesse soit reconnue « avec les honneurs qui lui sont dus, et de telle sorte « que les Commîmes ne puissent plus chasser les Coûte ronnes, ni les Couronnes les Communes1. »

Pendant sept jours ce débat continua sans avancer, de plus en plus acharné. Le discours de Haslerig avait rempli toute une séance : « Les Hollandais , » dit Maynard , « vous donneront volontiers 2,000 liv. « st. par jour pour que vous marchiez toujours de « ce pas, car ils auront ainsi le temps de faire, dans « la Baltique, leurs affaires. » Le 14 février enfin, après divers incidents élevés par les républicains pour retarder une résolution qu'ils prévoyaient contraire à leurs vues, la Chambre vota « qu'elle reconnaissait et « déclarait S. A. Richard lord Protecteur et premier « magistrat d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, et de « tous les territoires qui en dépendent; » mais en même

i Burton, Diary, t. III, p. 157, 158, 114,222-223, 115, 117, 131,

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