SI
présentation d'an comité desdits officiers; que le Parlement prévienne, pour éviter . la confusion qui pourrait arriver si l’armée manquait de chef, considérant que la commission du sieur Fiectwood est près d’expirer, et que ceux qui ont depuis peu exposé avec tant de succès leur vie pour le salut de la république soient récompensés. Cette requête fut présentée e lue au Parlement le 1 5 par le colonel Desborough accompagné d’autres ofGciers ; ils furent sur l’heure, suivant l’usage, remerciés des expressions si affectueuses de cet acte. L’Orateur leur dit aussi que déjè il avait été pourvu à une partie de leur demande, savoir le paiement des arrérages, et à la subsistance tant des estropiés que des veuves, et que les autres points seraient pris en considération au plus tét. Ce devait être avant-hier, mais le débat se remit è aujourd’hui, et il a été ce matin arrêté de ne point examiner le préambule, mais de venir aux articles. Cependant les républicains ne sont pas demeurés oisifs; ils ont tâché tous ces jours d’attirer à leur parti des ofliciers pour leur faire signer une déclaration contraire à celle du Conseil de guerre composé de deux cent trente, tant grands que petits ofliciers, et quelques-uns, entre autres les colonels nouvellement rétablis, se sont trouvés assez disposés à désavouer la généralité; ils se font même forts de l’armée d’Écosse, sur ce que depuis deux jours le général Monk a écrit au Parlement qu’il avait em(HVIié que la requête de la brigade du Nord ne fût souscrite par les troupes qui sont sous son commandement; et l'on veut que les deux partis aient dépêché en Écosse pour ménager ce chef e' faire approuver ou désavouer aux ofliciers les dernières pro positions. Suivant les ré|K>nse5 qui arriveront, le Parlement sera plus ferme ou plus accommodant, et cependant les délibérations tireront en longueur ; c’est la seule affaire qui soit aujourd’hui sur le tapis; elle parait de telle importance que du succès dépend la ruine de l’une des deux factions et la forme du régime. Le Parlement n’a passé tous ces jours aucun acte considérable et n’a pu même terminer la question qui regarde le remplacement des places vacantes par la mort
DOCUMENTS
des députés, le parti de l’armée traTersant cette recrue qui serait sans doute composée de presbytériens; toutes ces partialités n’empèchèrent pas que le 7 de ce mois le Parlement et l’armée ne se trouvassent au festin de la maison de ville à l’issue de quelques prêches que les Trembleurs eurent l’impudence d’interrompre, nonobstant le respect dû à trois corps si considérables; le maire de Londres fut obligé de les faire chasser, et le Parlement projette un acte pour réprimer à l’avenir semblables entreprises
SI. de Bordeaux au cardinal Mazarin.
Loidrai, 4 t«pl«abr« 1059.
(Voir le n» LIV.)
(Ce numéro comprend huit lettres du cardinal Mazarin, adressées, du 16 septembre au *3 novembre 1636, sept à M. de Ilordeaux et une il Richard Cromwell devenu Protecteur. Je n’ai pas eu les copies de ces lettres i temps pour les intercaler, a leurs dates, dans la correspondance de M. de Bordeaux avec le cardinal; mais je ne le regrette pas ; présentées î pan et ensemble, elles mettent la politique et la façon de traiter de Mazarin dans un jour encore plus clair et plus frappant,)
1» Le cardinal Mazarin à M. de Bordeaux.
De FunUinebleao, 16 Mplembre 1658.
Je vous remercie du soin que vous avez pris de me donner part en diligence de l’avis que vous avez reçu de l’extrémité de la maladie de M. le Protecteur; j’en ai toute la douleur
et toute l’inquiétude imaginable , quoique je veuille encore espérer qu’il en sortira heureusement ; néanmoins, en cas qu’il plût à sa divine Majesté d'en disposer autrement, je vous prie d'assurer M. le milord Faulconbrige et tonte sa famille qu’ils peuvent faire un fondement très-assuré sur la protection du roi pour leurs intérêts, et qu’en mon particulier je leur rendrai tous les services qu’ils pourront recevoir de moi. Enfin , vous ne sauriez leur faire des offres qui aient trop d'étendue de la part de Sa Majesté et de la mienne, et que les effets ne leur conllrment dans la suite en toutes occasions. Surtout il ne faudra |ias qu’ils négligent ce qui est nécessaire pour la sûreté de Dunkerque. J’attends de vos nouvelles avec une extrême impatience, et je demeure, etc.