‹ Histoire du ProtectoratChapitre 27 sur 118 · I.IVRK I.— DfiRAT SI n · texte numérisé non relu

I.IVRK I.— DfiRAT SI n

qu’une réponse : les services que les officiers membres de la nouvelle Chambre des Lords avaient rendus à la lionne vieille cause, elle danger du retour de Charles Stuart. Ils la reproduisaient incessainment ; «Est-ce donc un crime a d’être un homme de l’armée? — Ce qui rend les hommes 1 qu’on attaque bons pour siéger dans la Chambre des « LordSjC’est précisément qu’ils sont des soldats; quelle O fidélité a été mise à une plus rude épreuve? Ils ont « supporté le froid et le chaud, la sécheresse et la pluie, « l’eau et le feu. — Ce sont les meilleurs officiers de la « meilleure armée du monde; leurs épées sont faites du « même métal que la massue d’Hercule. — Un honnête « savetier, parmi eux, vaut mieux que cent anciens « lords. — Du même coup qui rcnvei-sera celte autre « Chambre, vous renverserez le Protecteur actuel; son « prédécesseur pouvait rester en selle, quelque moux e- « ment qu’on fit autour de lui ; il n’en serait pas de « même aujourd’hui. » Mais ces arguments étaient de peu d’effet; la fortune et la tyrannie des majors généraux avaient décrié leurs anciens services , et parmi les gens qu’on menaçait du retour de Charles Stuart, beaucoup ne s’en inquiétaient guère plus. Les chefs républicains étaient d’ailleurs des orateurs plus éloquents et des meneurs du Parlement plus exercés que leurs adversaires; ils gagnaient du terrain à la prolongation des débats; ils étaient battus au vote, mais souvent à quelques voix seulement de majorité. A la fois irrités de leurs défaites et enhardis par leiuï progrès, ils tentèrent enfin le coup qu’ils méditaient , sans

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oser le risquer, depuis l’ouverlure de la session; ils attaquèrent, comme radicalement illégales et milles, les élections des soixante membres écossais et irlandais, presque tous CromM elliens, qui siégeaient dans la Chambre. a Ceux-là n’avaient , dirent les républicains, aucun « droit d’y entrer, car aucune loi ne les y avait appelés; O aucune n’avait réglé le mode de leur élection ; un pou a voir arbitraire et illégal y avait seul présidé; un Para lement anglais ne pouvait les recevoir dans ses rangs, a ni les admettre à faire des lois pour l’Angleterre.» La probité internationale elle droit public repoussaient cette prétention; l’Écosse et l’Irlande, incorporées à l’Angleterre, devaient avoir des représentants dans le Parlement qui gouvernait les trois pays devenus un seul État; on le leur avait promis; et si leurs députés actuels avaient été élus selon des formes arbitraires et sous l’influence du gouvernement, ils siégeaient depuis six semaines dans la Chambre; ils avaient pris part à toutes ses délibérations ; il y avait là un principe d’équité et mi fait accompli contre lequel ni les susceptibilités légales, ni les passions de parti ne devaient prévaloir. Après onze jours d’un débat aussi confus qu’àchamé, les républicains essuyèrent un échec complet; la Chambre décida que les membres écossais et irlandais continueraient de siéger dans son sein pendant la durée de ce Parlement; et cinq jours après, le 28 mars 1659, la question des deux Chambres, discutée pendant vingt-trois séances, reçut également sa solution définitive; les Communes votèrent, à 198 voix contre 125, a que, pendant la durée du Parlement

• actuel , elles traiteraient avec les |)crsonncs acliielle- « ment siégeant dans l’autre Chambre, comme avec une « Chambre du Parlement; n’entendanl nullement par-là « dépouiller de leur droit d’être dûment convoqués , « comme membres de cette Chambre, les anciens pairs M qui avaient été fidèles au Parlement'. »

C’était, pour Richard et ses conseillers, une grande victoire : le défilé périlleux était franchi; dans une Chambre des Commîmes librement élue, après un litire et solennel débat, le gouvernement protectoral était recoimu dans ses deux bases essentielles et contestées, le Protecteur et la nouvelle Chambre des Lords; la succession appartenait au üls de Cromwell et le privilège aristocratique à ses compagnons d’armes et de politique; l.i révolution avait son roi et ses barons. Malgré les dangers qui pesaient encore sur le pouvoir, malgré la modestie de Richard et la prudence de Thurloe, une joie orgueilleuse perçait dans l’attitude des vainqueurs. Les opposants, républicains ou royalistes, étaient tristes et découragés. Les rép ablicains avaient essayé de s’entendre avec les mécontents de l’armée et de concerter leurs coups; Lambert, qui siégeait à la fois dans la Chambre des Communes et dans le petit Conseil des officiers, s était fait le meneur de cette intrigue ; il avait été convenu que les officiers présenteraient à la Chambre une (létition exprimant leurs griefs contre le gouvernement

' Jüurnalt of the houxe ofC,, p. ; — Pari, hitt , t. XXI,

p. 200-297; — Burton, Diary, t. IV, p. 1-294 ; — Bordeaux! à Uazarm j et 13 mari 1659 [Documents historiques, n‘ XVI).

LES DEl’X CHAMBRES.

du Protecteur; mais Richard, informé du projet, se rendit en personne chez Fleehvood, au moment où les officiers mécontents s’y trouvaient réunis, et là, avec une fermeté inattendue, il leur déclara qu’il ne souffrirait pas de telles menées, ruine de la cause commune, et que, s’ils persistaient dans leur dessein, il se porterait, envers eux, aux mesures les plus fortes, sûr que l’appui du gros de l’armée, comme de la majorité de la Chambre, ne lui manquerait pas. Intimidés ou gagnés, les officiers s’arrêtèrent; la pétition ne fut pas présentée; Flcetwood et Desborough se montrèrent satisfaits et ralliés au Protecteur. Le travail hostile des royalistes n’avai t pas mieux réussi que celui des républicains; dans la Chambre, malgré quelques velléités de concert entre les meneurs des deux partis, les intérêts contraires et les vieilles passions prévalaient; plusieurs Cavaliers, à ce titre seul, avaient été ardemment signalés, déclarés inéligibles et expulsés, sans qu’aucun de leurs secrets amis républicains osât les soutenir; en dehors de la Chambre, diverses propositions d’alliance, faites par des niveleurs aux agents de Charles II, n’avaient abouti qu’à des conversations et à des correspondances vaines. A près les deux votes sur la reconnaissance de Richard et sur les relations des deux Chambres, il fut clair que, si le gouvernement était faible et mal uni, les oppositions l’étaient encore davantage, et qu’on s’était trop tôt flatté de brouiller le Protecteur soit avec l’armée, soit avec le Parlement*.

' Clarendon, Slate-Puptrt, t. III, p. 42(1, 130-4.32, 440-442, 449;

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