‹ Histoire du ProtectoratChapitre 29 sur 118 · ET DES ROYALISTES · texte numérisé non relu

ET DES ROYALISTES

« s’ajouraer à la semaine prochaine et de se réunir « désonnais dans quelque salle de la Cité où les mcm- « nres soient à l’abri de telles insolences. J’ai chauffe « Knightley de mon mieux, et comme il est naturel- « lement colère, je me flatte que nous tirerons de cec « quelque avantage’. »

Quelques jours après, Hyde écrivait, de Bréda, à Mordaunt et à un autre de ses intimes correspondants : « Le roi ne saurait donner à ses amis, sur la conduite à O tenir dans le Parlement, d’autre instruction que le « conseil général de s’allier aujourd’hui avec tel parti, « demain avec tel autre, selon ce qui pourra jeter le « plus de confusion dans les affaires, et de prêter touo jours appui au parti le plus faible. 11 est étrange qu’on « n’ait pas encore atlacpié Thuiioe et les hommes (jui ont « soutenu la tyrannie de Cromwell... C’est, ce me semble, « la façon la plus populaire d’embarraïstir et d’irriter le « Protecteur actuel que de poursuivre ardemment les « criminels (pi’il est obligé de protéger.... 11 y a aussi O une chose dont nos amis doivent prendre grand soin, « c’est de faire tout ce qui dépendra d’eux pour amener « une guerre avec la Hollande, car l’honneur et le como merce de la nation y sont grandement intéressés*. »

Ce qu’avait j)ressenti M. Knightley éclata ; ce que, du sein de l’exil, le chancelier Hyde conseillait aux amis du roi, l’opposition tout entière, républicaine ou royaliste.

Burton, Viary^ t. IV, p.75; — Clarendon, State-Papers, t. III, p. 4-13.

* Clarendon, Sla<e-Paper«, t. III, p. 43C, 454.

en fit sa tactique et son habitude. La lutte entre le Parlement et l’amiéc devint la passion des partis et le fait dominant de la situation. Pour les royalistes, la politique et la haine se confondaient; chez les républicains, la haine étoufTa toute politique; les uns et les autres ne sc préoccupèrent plus que du désir de nuire à un régime détesté, et des justices à exercer sur les serviteurs de Cromwell et de sa tyrannie : les périls attirés par-là sur Richard et son gouvernement étaient, aux yeux des royalistes, autant de victoires, et les républicains oubliaient leurs propres périls dans la satisfaction de punir et de perdre leurs ennemis.

Dès l'ouverture du Parlement, ils s’étaient saisis de deux questions sur lesquelles leur hostilité rétrospective jvouvait plus aisément et plus efficacement se déployer: le 3 fé^Tier, sur la motion de Haslerig, la Chambre décida que tous les faits et tous les documents relatifs à 'état de l’armée et de la marine, ainsi qu’aux dépenses et aux recettes publiques, seraient communiqués à des comités qui lui en feraient leim rapport; et le 17 février, à la demande de Scott etdeVane, elle ordonna que, le lundi suivant, 21, il lui serait rendu compte de l’état des affaires de la république dans la Baltique et de ses relations avec les rois de Suède et de Danemark. Ainsi les affaires étrangères et les finances, la politique extérieure et l’administration intérieure de Cromwell étaient soumises à im débat solennel'.

> JournaU ofthr hotue of C., l. VII, p. 599, 605;— Burton, Diary, t. III, p. .55-65, 313-316.

Quant aux affaires étrangères, Richard était resté et voulait rester fidèle à la politique de son père. Vivre en paix ayec les États protestants et les maintenir en paix les uns avec les autres, en jouant le rôle de protecteur des protestants faibles et de médiateur entre les proies* tants divisés; entretenir la division et la guerre entre les deux grandes puissances catholiques, la France et l’Espagne, dont l’union eût mis le protestantisme et l’Angleterre en péril, tel était le caractère essentiel de cette politique que Cromwell avait conçue et pratiquée, malgré la résistance des préjugés autant qu’avec l’appui des passions de son pays. La paix qu’il conclut, en 165A, avec les Provinces-ünies, souleva, de la part des républicains qui rêvaient l’incorporation des deux républiques, les plus violents reproches; la rupture avec l’Espagne infligea au commerce anglais des pertes et des souffi^ces considérables; l’alliance avec la France choquait des préventions invétérées et suscitait des méfiances profondes, même chez im grand nombre de partisans du Protecteur. Sans les méconnaître, Cromwell passa outre à ces obstacles, car il était de ceux qui savent que la meilleure politique a ses vices, et qui acceptent sans hésiter les charges que leurs propres résolutions leur imposent. Non-seulement la politique extérieure de Cromwell réussit ; non-seulement elle valut à l’Angleterre un grand accroissement de puissance en Europe, et à lui-même de la sécurité et de l’éclat ; mais elle avait conquis à tel point la conviction de ses conseillers, et poussé dans leur esprit de telles racines que , leur inaitra

'8 IVHK I.— POLITIQUE EXTERIEURE

mort et malgré les clameurs de ses ennemis, ils persévérèrent obstinément et partout dans lès mêmes voies. Les complications que fit naître, dans le nord de l’Europe, la guerre entre le Danemark et la Suède, ne les en détournèrent point; ils ne s’appliquèrent, de ce côté, qu’à rester en paix avec la Hollande en se portant médiateurs armés entre les Étals protestants engagés dans la querelle. Au midi, ils persistèrent dans la rupture avec l’Espagne et dans l’alliance française; le corps de troupes que Cromwell avait envoyé en France, comme auxiliaire de Louis XIV contre Philippe IV, continua de servir dans l’armée deTurenne; et en octobre 1638, Morgan, qui le commandait, contribua si vaillamment à la prise d’Ypres que Turenne lui en attribua publiquement riionneur, et que Uichard Cromwell le créa chevidier pour lui en témoigner sa satisfaction. La cour de Madrid faisait à Londres de fréquentes ouvertures d’accommodement. Mazariu, qui négociait la paix des Pyrénées et qui craignait que l’Angleterre ne s’arrangeât avec l’Espagne séparément et avant lui, écrivait coup sur coup à Bordeaux pour qu’il pressât le Protecteur de s’expliquer, et surtout de ne rien conclure isolément. Thurloe ne s’expliquait point sur les chances de l’avenir; mais il déclarait le Protecteur décidé à ne point traiter avec l’Espagne à l’insu de la France, et il tenait parole. Il alla plus loin : quand Mazarin, près de conclure avec la cour de Madrid, engagea Kichard à prendre la même résolution et à faire aussi la paix, Thurloe s’étonna et témoigna un vif regret de l’alliance de guerre qui avail

DE RICHARD CROMWELI-. 79

uni les cours de Paris et de Whitehall ; « 11 ne savait , »

« me dit-il, à quoi attribuer notre grand empressement; « jamais, selon lui, accommodement ne fut plus à cono tre-temps, puisqu’il donnerait à l’Espagne le moyen O de rétablir sa grande puissance.... tandis qu’avec la « continuation d’une guerre de quelques années, elle a serait réduite à un tel état que ses voisins n’auraient « plus sujet de prendre jalousie de sa grandeur. » Cromwell lui-même n’aurait pas montré un plus ferme attachement à ses desseins'.

Quand le débat s’éleva dans le Parlement’, ce fut précisément cette fidélité de Richard et de ses conseillers à la politique extérieure de son père qui devint leur embarras et leur danger. Leurs adversaires non plus n’avaient pas changé. Les républicains croyaient encore (|u’ils avaient été près d’atteindre à l’incorporation de la Hollande avec l’Angleterre, et ils ne pardonnaient pas à Cromwell la paix qui leur avait fait manquer cette conquête : « Si la coalition avec la Hollande, qui était déjà a bien avancée, avait été bien poursuivie, » disait Vane, « cet État serait devenu tout à fait nôtre. » — « S’il avait « plu à Dieu et à Son Altesse, » affirmait Scott, « de lais- « ser vivre un peu plus longtemps le petit pouvoir de a notre Parlement, nous aurions amené les Hollandais

• Baker, Chrontcîe. p. 693; — Whitelocke, p. 675: — Thurloe, State-Papers.i.l. p. 762; l. Vll, p. 591;— Carte, Ormond's Letlert, t. II, p. 157-173 -.—Bordeaux a Matarin, 2 janvier, 3 et 13 février. 6, 7, 10. 13, 17 et 31 mars, 10, 12, 21 et 24 avril 1639 [Documents historiques, n® XVIII).

* Les 17, 21, 23 et 24 février 1659.

a à ne faire qu’un avec nous ; . . . c’était l’affaire de quatre B ou cinq mois; nous n’avons jamais eu meilleure chance 8 pour devenir les maîtres du monde. » — o J’ai honte, » s’écriait Nevil, a de vous rappeler à quelles eonditions O la paix avec la Hollande fut faite; elle n’avait d’autre a objet que d’établir sur nous le gouvernement qui pré- O valut en effet, et l’Angleterre fut conquise, au lieu de B conquérir la Hollande. » La rupture avec l’Espagne et l’alliance avec la France n’étaient ni mieux comprises, ni traitées avec plus de faveur : les triomphes de Blake dans la Méditerranée, l’extension qu’y avait prise le commerce et l’autorité qu’y avait acquise le nom anglais, la conquête de la Jamaïque malgré l’échec de Saint-Domingue, la possession de Dunkerque, l’influence exercée par Cromwell au profit des protestants du continent, la sécurité qu’il leur avait value en entretenant, entre la France et l’Espagne, la désunion et la guerre, tous ces résultats de sa politique, si évidemment favorables à la puissance de l’Angleterre, disparaissaient devant les plaintes des négociants intéressés au commerce d’Esl)agne, ou devant les rancunes jalouses contre les Hollandais, ou devant l’antipathie qu’inspiraient le nom et les maximes du gouvernement de Mazarin. A ces intraitables souvenirs de parti, dans l’appréciation des rapports extérieurs de l’Étal, venaient se joindre les prétentions également intraitables que ramenaient les questions d’organisation intérieure et constitutionnelle ; conti aiiits de revenir au principe monarchique , les républicains n’eu acceptaient nulle jiart. en fait, la nécessité et les

conséquences; à côté du Protecteur, ils voulaient toujours la Chambre des Communes seule investie, non-seulement de la souveraineté, mais même du gouvernement ; en discutant les affaires étrangères, ils réclamèrent avec passion, pour elle, le droit de paix et de guerre, la disposition de la force armée, le choix ou du moins l’approbation des généraux et du Conseil d’État associé au Protecteur : « Je pense, » dit Scott dès l’ouverture du débat, O que ce n’est pas votre intention de laisser le <i droit de faire la paix ou la guerre entre les mains du a premier magistrat; » et quelques jours plus tard : a On objecte que vous n’ètes pas un corps propre à trai- « ter de telles affaires; mais un temps a été, et pas loin a de nous, où deux royaumes ont été conquis et les Hola landais presque conquis par les soins d’un Parlement a et d’une vingtaine de conseillers. » — a N’abandonnez a pas, B disait Vane, u la confirmation, sinon le choix, a des commandements sur mer, car c’est votre droit.... O Gardez-vous aussi de reconnaître qu'il y a un Conseil a d’État dont vous ne savez pas même les noms, et de « les confirmer ainsi en bloc, o Ce fut, dans le cours de cette discussion, leur constant effort de retenir entre leurs mains la décision directe de toutes les questions qu’ils agitaient : u Ceci serait tout simplement, » dit le procureur général sir William Ellis, a jeter bas le prea mier magistrat et l’autre Chambre, c’est-à-dire noua flt remettre en répubUque aussi complètement que nous a Payions jamais été*. »

I Burton, Diary. 1. 111, p. ui, 388-390, 318, 473, 44J-443 488 T. I. 6

8î LIVRE I.— DÉBAT SUR

Beaucoup de Croinwelliens, partisans ou créatures du Protecteur, prirent part à ce débat : Thurioe seul le porta et le soutint à la hauteur naturelle du sujet, avec cette fermeté simple et cette précision d’idées et de langage qui révèlent à la fois un homme convaincu et un homme expérimenté, mais aussi avec une froideur triste où perçait son peu de confiance dans la force et l’avenir du pouvoir qu’il servait. Laissant de côté les questions d’organisation constitutionnelle qui devaient prendre place ailleurs, il exposa, dès le début de la discussion, l’état des faits au nord de l’Europe et dans la Baltique, la situation, les dispositions et les actes déjà accomplis des puissances qui s’y trouvaient engagées, leurs nouveaux préparatifs, les rapports de l’Angleterre avec chacune d’elles et les points sur lesquels ses intérêts pouvaient être affectés : exposition sans réticence, sans ornement, sans polémique, telle qu’il eût pu la faire dans un Conseil de gouvernement et pour éclairer sa délibération : a Dans cet état des affaires, » dit-il en finissant, O et afin de pourvoir aux événements qui {leuvent sur- « gir. Son Altesse a cru devoir faire préparer une flotte; O son intention n’est point d’épouser, dans cette ,que- « relie, l’une ou l’autre cause, juste ou injuste, ni de « nous mêler d’une guerre dans laquelle nous ne sommes « point intéressés, mais de veillfer à notre conunerce et « à l’intérêt général de cette nation. L’équipement de la 8 flotte est très-avancé, mais il n’y a aucun engagement.

— JoumaU ef II1<I10U<< ofC., I. VII, p. 606; — Baker, ChronicU, p. 697.

I Son Altesse a jugé convenable et nécessaire que cette « Chambre fût informée de toutes choses, afin qu’elle « puisse donner tels conseils qu’elle trouvera bons'. » Dans le cours de la discussion, Thurloe intervint rarement, et uniquement pour rectifier quelques faits ou répondre à quelques questions. Mais le dernier jour, soit pour influer sur le vote, soit pour venger l’honneur de son ancien maître, il reprit la parole, et toujours simplement, brièvement, mais d’un ton ferme et un peu dédaigneux, il parcourut les diverses questions soulevées dans le débat, la paix avec la Hollande, la guerre avec l'Espagne, l’intérêt protestant en Europe, maintint sur tous ces points la politique de Cromwell, affirma que jamais les affaires n’avaient été conduites plus utilement ni plus glorieusement pour la nation anglaise, et répondant à l’orateur qui venait de parler sur la guerre de la Baltique : a Cette question, » dit-il, « vous a déjà coûté « beaucoup de temps; je ne vous en ferai pas perdre O davantage. Je n’ai point la prétention de vous donner, « à ce sujet, aucun conseil; je n’ai voulu que vous bien a instruire des faits. L’honorable membre vient de vous a (lice que, dans sa conviction, il y avait quelque engau gement secret pour faire les affaires de la Suède. U <i n’y a point de charité à parler ni à penser ainsi. Je U vous ai dit qu’il n’y avait point d’engagement du tout, a Vous avez eu un exposé honnête, juste et vrai de cette a affaire; il n’y a ni plus ni moins que ce que je vous

1 BurtOD, Diary, t. III, p, 315 376-38S.

0 ai dit. C’est à votre sagesse à prendre les résolutions « que vous jugerez convenables*. »

La Chambre repoussa la prétention des républicains qui voulaient faire renvoyer l’affaire à un comité a chargé B d'aviser aux moyens de la conduire selon l’intérêt B public. » On vota au contraire’, à 176 voix contre 98, B qu’on s’en remettrait à Son Altesse le lord Protecteur B pour l’exécution du vote de la Chambre concernant B l’équipement et la mise en mer d’une flotte considéa rable, armée pour la sûreté de cette RépubUque et la a conservation de son commerce ; réservant d’ailleurs B les droits de cette Chambre sur la force armée et sur B les questions de paix et de guerre, o C’était, pour le moment et quant à la question spéciale dont il s’agissait, ce que demandait le gouvernement du Protecteur: mais malgré ce succès, il sortit ébranlé et inquiet de ce débat; il avait vu se dresser de nouveau contre lui tous les ennemis que Cromwell tenait comprimés, et il ne se sentait ni assez de force ni assez de conûance en luimême pour surmonter longtemps le flot qui recommençait à l’assaillir’.

Le débat sur les finances lui fut encore plus fâcheux, car l’attaque porta principalement sur ce qui faisait la sécurité du Protecteur, sur la dotation annuelle et fixe de 1,300,000 Uvres sterl. instituée j)ar \a. Pétition et ar«*

I Burton, Diary, t. III, p. 481.

B Le 34 février 1659.

> Joumalt of tk» housê of C,, t. VII, p. 607; — Burton, Diary, t. III, p. 'ISO-iSa; — Thurloe, State-Paper», t. VII, p. C36.

‘ Art. VII ,-ParLhitt., t. XXI, p. 135.

pour l’entretien des forces de terre et de mer et pour les frais ordinaires du gouvernement civil. Cette dotaticm, qui ne pouvait être modifiée que du consentement des trois pouvoirs, ne suffisait point à toutes les dépenses publiques, qui s’élevaient, en 1659, à 2,201,540 livres stcrl.; mais par sa permanence, elle assurait au gouvernement du Protecteur une certaine mesure d’indépendance, et du temps pour attendre les subsides ultérieurs dont il avait besoin. Cromwell avait regardé cette disposition de la Pétition et avis conune l’une de ses plus utiles conquêtes au profit du pouvoir; mais c’était précisément une de celles que les républicains contestaient le plus ardemment, car ils ne croyaient la souveraineté populaire satisfaite et les libertés publiques garanties que si le gouvernement, dans ses besoins matériels comme dans son principe, était, tout entier et à toute heure, à la merci de leius suffrages. « Les 1,300,000 a livres fixes nous perdront, » disait Yane; a si jamais O quelqu’un de nous a pensé autrement, c’était une faia blesse ; la bénédiction de Dieu ne peut aller avec une a telle institution, d — « Si le roi et nos ennemis l’avaient « emporté, » s’écriait Haslerig, a Je crois en conscience a que nous n’aurions pas eu 1 ,300,000 livres ainsi ima posées sur nous à tout jamais. « — « Je ne voterai pour a l’autre Chambre, » disait l’avocat Dendy, i que si cet a article de la Pétition et avis est changé ; » et comme ni le Protecteur ni l’autre Chambre n’étaient disposés à y renoncer, c’était là, dans le débat sur les finances, un obstacle presque insurmontable à tout accord. Les em-

barras financiers étaient d’ailleurs extrêmes ; le rappoH détaille et consciencieux que fit à la Chambre son comité constata que, dans les chances les plus favorables, les recettes de l’année 1659 étaient de 80,623 livres sterl. au-dessous des dépenses. Un grand nombre d’abus furent en même temps signalés; il y avait, sur le prix du bail des fermiers de l’excise, un arriéré considérable ; mandés et interrogés devant la Chambre, ils se plaignirent h leur tour que beaucoup de contribuables ne payaient pas. Des membres du Parlement étaient compromis dans ces griefs. Thurloe lui-même, qui se vantait, avec un j)eu de faste, de n’avoir jamais rien eu à voir dans les questions d’argent, fut soui)çonné d’avoir promis aux fermiers de la taxe sur la bière que, moyennant une allocation annuelle de mille livres sterl., il les mettrait à l’abri de toute poursuite. La Chambre faisait, pour arrêter ces désordres, de sérieux et honnêtes efforts; tantôt elle prenait des mesures pour assurer la rentrée des taxes, et pourvoir, en partie du moins, au payement des arrérages de l’armée ; tantôt, par des propositions destinées à modifier les conditions et la durée de certains impôts, elle essayait de ressaisir la plénitude du pouvoir financier et *de faire rentrer le gouvernement sous son joug absolu. Mais ces tentatives, mal eonçues et bientôt .abandonnées, servaient plus à afficher le mal qu’à le guérir, et à décrier qu’à redresser le pouvoir. Commencées le 3 février, peu de jours après l’ouverture du Parlement, les discussions de finances se prolongèrent, de mois en mois, jusqu’au 20 avril, veille de sa

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