UTRE 1.— DEBAT SUR LES ACTES
même ; en même temps qu’Overton, Cromwell avait fait iirrêter et conduire aussi à Jersey, où il était encore détenu, sir Thomas Armstrong, royaliste, fort compromis dans les troubles d’Irlande : a Que votre ordre de mise a en liberté ne soit pas général,» dit M. Weaver; a qu’il « ne s’appUque qu’au major général Overton; Arm- « strong est un homme dangereux. » Plusieurs membres réclamèrent : a Je demande qu’on fasse justice égale, » dit le colonel Morley . — « Si l’ordre est illégal pour l’un, » sgouta M.Trevor, a il l’est aussi pour l’autre. » — o II y a O encore plus de raison de déclarer l’ordre illégal pour (1 les autres détenus, » dit le jeune lord Falkland, digne héritier du nom qu’il portait, a car le major général « Overton aurait pu être mis en prison par son général, a comme officier inférieur. » La Chambre hésitait; les chefs républicains se montraient divisés : « Débarrassez- « vous de cette affaire, » ditVane, le plus conséquent et le plus généreux d’entre eux; a déclarez le mandat inr O juste et illégal, et qu’ Armstrong soit relâché. » — a Je a ne voudrais pas, » reprit Haslerig, a que vous missiez « en liberté, sans y regarder, des rebelles irlandais.... a L’affaire du mjgor général Overton vous est seule sou- « mise; c’est à lui seul que vous êtes appelé à faire jus- 0 tice. — J’ai à vous présenter aussi, au nom de votre a comité, mon rapport sur sir Thomas Armstrong, » dit le colonel Terrill;a mais j’admets qu’on peut voter isolé- » ment sur le mqjor général Overton. » Cet expédient fut adopté; la Chambre ordonna, en qualifiant le mandat d’iiquste et illégal, la mise en liberté inuuédiate d’Over-
ton; puis le colonel Teirill fit son rapport sur sir Thomas Armstrong; mais la peur haineuse dellaslerig l’emporta sur l’équité de Yaue; la Chambre ne prononça point, et Armstrong resta en prison'.
C’était un acte d’hostilité bien ardente que d’attaquer ainsi le gouvernement d’un honune que son fils remplaçait à la tête de l’État, et dont les compagnons formaient, presque seuls, l’une des deux Chambres, étaient nombreux dans l’autre, et dii geaient les Conseils du pouvoir. Cependant ces attaqu s ne s’adressaient encore qu’à Cromwell mort, et ses t nseillers ou ses officiers, en se faisant honneur de le défendre, pouvaient laisser tomber sur lui le poids des actes dont ils n’avaient été que les instruments. Hais on en vint bientôt à les attaquer eux-mêmes, pour leurs propres actes, et bien plus violemment qu’on n’attaquait Cromwell, car, du fond de son tombeau, un grand homme se protège encore lui-même, et impose à ses ennemis une certaine mesure de justice et d’égards.
Le 25 mars, le comité des griefs fit à la Chambre son rapport sur deux pétitions, l’une de soixante-douze personnes, l’autre d’un individu isolé, Rowland Thomas, se plaignant tous d’avoir été, en 1655 et 1656, après l’in- - surrection de Salisbimy, arbitrairement transportés et vendus conune esclaves à la Baibade « au taux de 1,550 livres pesant de sucre, plus ou moins, selon leurs
' Joumalt of the h. of C., t. VH. p. 614; — Burton, Diary, t. III, p. 45-48 ; t. IV, p. 120. 150-101 ; — Bordeatuc à Matarm, 20 mari I05S ;Doi'umenl< hulorigues. n° XXI).