UVRG 1.— DÉBAT SUR LES ACTES
facultés de travail; on n’avait épargné ni les vieillards, ni les ecclésiastiques, ni les officiers, ni les gentlemen; ils avaient été employés soit au moulin, soit au fourneau, soit aux travaux de la terre, n’ayant que des patates à manger et de l’eau à boire, outre le pain et les larmes de leur douleur; puis, achetés et vendus de planteur en planteur, saisis comme des bestiaux pour les dettes de leurs maîtres, fouettés au poteau comme des vagabonds, selon le bon plaisir de leurs maîtres, couchés dans des étables pires que celles des cochons en Angleterre, et bien d’autres souilhmces au delà de tout ce que peuvent dire ou imaginer des chrétiens. » Plusieurs membres de la Chambre étaient désignés comme les auteurs de ces actes odieux. C’était à Thurloe personnellement que Rowland Thomas imputait son expatriation violente et sa servitude*.
La Chambre fut vivement émue; les membres inculpés plus encore peut-être que leurs adversaires, car les pétitions étaient, dirent-ils, imprévues pour eux, le comité ayant fait son rapport tout à coup et sans les avoir entendus. Ils contestèrent, faiblement, quelquesuns des faits. Ds se récrièrent surtout contre la façon dont l’affaire arrivait à la Chambre : a Ceci, » dit Maynard, O est une grossière violation des privilèges duPara lement; nous ne sommes pas, dans les comités, juges a les uns des autres; aucun comité ne doit prononcer « sur l’un de vos membres sans votre autorisation. Cette
< JoumaU of th* h. of C.. t. VII, p. 619-630 ; — Barton, Diary, t. IV, p. 253-258.
t pétition est très-irrégulièrement introduite ; le présH O dent du comité aurait dû l’écarter. Je ne dis rien du Il fond ; c’est évidemment une pétition de Cavaliers. » Plusieurs membres partagèrent l’opinion de Maynard; l’orateur même de la Chambre se joignit à lui : a Aucun a comité,» dit-il, ne peut recevoir une pétition contre un a membre de cette Chambre sans une violation de pria vilége. » Haslerig et Nevil contestèrent cette doctrine et appuyèrent les pétitions, maisavec quelque embarras; la Chambre ne se montrait pas favorable ; la personne des pétitionnaires décriait leur plainte. Tburloe, saisissant cette impression, prit avec hauteur la parole : a Je « m’entends nommer dans cette pétition, » dit-il; a je c suis de l’avis de ceux qui pensent qu’elle est introduite « contre vos règles fondamentales; c’est une pétition de « Cavaliers contre vos membres.... Ma surprise est exa trème qu’une telle pétition soit présentée ici; je ne « m’étais certes jamais attendu à voir un tel jour pen- R dant que nous avons une armée sur pied et que notre R cause est debout.... Encourager des plaintes de ce a genre, pour d’anciens griefs, c’est jeter parmi vous la a discorde. Ceci n’est qu’une machination du parti du a roi. Pendant que vous écoutez ici scs doléances, il se a prépare à prendre les armes contre vous. Le drôle qui R se réfugie ainsi aous vos ailes en fera mieux les « affaires de son maître. Je demande que vous ordon* « niez son arrestation, et qu’il ne soit pas libre de mefc ( tre en feu cette Chambre et le pays*. »
> Burton, Diary, t. IV, p. 358-361 : — Clarendon, State Papers .111, p. 447.