‹ Histoire du ProtectoratChapitre 44 sur 118 · LIVRE II.— EMBARRAS DE L’ARMÉE · texte numérisé non relu

LIVRE II.— EMBARRAS DE L’ARMÉE

droit politique et les garanties de la liberté, par le

tyrannique usage ou l’hypocrite violation qu'il en fait.

Les auteurs de la crise qui venait d’éclater se souciaient peu de la république; ils avaient fortement adhéré et participé à la tyrannie de Cromwell. Depuis que son fils lui avait succédé, ils frémissaient des progrès visibles de l’opinion royaliste; ils subissaient avec humeur et jalousie le nouvel entourage, les conseillers et les courtisans favoris de Richard, ces jeunes nobles élégants et suspects, ces politiques de Parlement ou de tribunal. Ils avaient été accoutumés à voir, dans leur maîtijp, à la fois leur compagnon et leur supérieur; l’un et l’autre avaient disparu; ils ne ressentaient jKiur Richard aucun respect, à sa cour aucune satisfaction, pour leur propre avenir aucune sécurité. Ces sentiments décidèrent de leur résolution ; ils se mirent en garde contre des ennemis détestés, écartèrent des rivaux impertinents et firent passer sous leur joug un prétendu Protecteur*.

Mais le lendemain, après le premier élan de la passion satisfaite, leur embarras fut extrême ; tout gouvernement avait disparu. Parmi les conseillers efficaces de Richard, les uns, comme lord Droghill, lord Howard et lord Faulconbridge, partirent sur-le-champ pour leurs terres, pressés de rentrer activement, quoique sans bruit, dans les rangs royalistes ; les autres, Pierrepoint, Saint-John, Thurloe se mirent à l'écart, attentifs à ne

< Bordeaux à Maxarin, 19 mai 1Q59 {Documents historiques , B* XXV 11.)

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