LIVRE IL— EMBARRAS DE L’ARMEE
fait, Richard n’était plus rien; il attendait avec anxiété dans son palais ce qu’on déciderait de son sort ; et l’alarme était telle autour de lui, que ses serviteurs se hâtaient de faire transporter dans la Cité leurs effets précieux, craignant le pillage du palais. Évidemment personne à ^Vhitellall ne se croyait plus chargé ni capable d’exercer ce pouvoir actif dont, à aucun moment, la société ne saurait se jmsser'.
L’armée et ses chefs ne le iwssédaient guère plus euxmêmes, tant ils étaient divisés entre eux et incertains dans leurs conseils. Plusieui-s des généraux, Fleetwood et Desborough surtout, auraient désiré maintenir Richard au Protectorat, pour gouverner sous son nom, à la faveur de la parenté. Le lendemain même de la dissolution du Parlemeni, Fleetwofal alla à Whitehall pour s’en entretenir avec lui ; et « fort mal reçu iralK)id, dit Bordeaux, il ne laissa pas d’entrer après en particulier chez M. le Proteeteur, où ils demeurèrent queli|uc temps. » Mais la plupart des ofliciers et des sous-oflicici-s voulaient le rétablissement de la ré|)ublique ; les anabaptistes, les partisans de la cintjuième monarehie, tous les sectaires mysli(iues, puissants parmi les soldats, étaient encore plus ardents contre le Protecteur. Ces diverses fractions de l’armée avaient chaeime leurs réunions officielles, leurs pourparlers secrets, leurs agents,
* Thurloe. State-Paprrs, t. Vil, p. 665-657;— Clarendon, Stete^ Papers, t. III, p. 401, 459 ; — Journal* of the h. of C., t. VII, p. 0.">i ; —Noble. Memoirs of the Proterlnral house, l. I, p. 165, Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. If, p. 41d.