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LIVRE II— LES FILS DE CUOMWEI.L

a que VOUS voulez élever siu" une base nouvelle. Mais de « même que je ne puis me prêter ù rien qui retranche a quelque chose au mérite et à la gloire de mon père , H de même je rends grâce au Seigneur qui m’a préservé « de succomber à une tentation dont j’ai été souvent « assailli, à la tentation de déserter la cause poim laquelle O mon j)ère a véeu et est mort. » Moins de trois semaines après cet acte de soumission honnête et fière, Henri Cromwell revint à Londres, et Fleetwood, en annonçant son arrivée', dit qu’il était prêt à rendre compte à la Chambre de son administration en Irlande. La Chambre, I>our toute réjionse, vota « que le Conseil d’État était « chargé d’entendre, sur les affaires d’Irlande, le colonel a Henri Cromwell, qui serait libre ensuite de se retirer à « la campagne, dans le lieu qui lui conviendrait, pour « vaquer à ses propres affaires’. »

Les royalistes, qui avaient placé dans Henri Cromwell l’une de leurs espérances, ne voulaient pas croire qu'il eût ainsi renoncé à tout : « Nous n’ajoutons point foi ici a à ce qu’on nous dit de la soumission de Henri Croma well, écrivait llyde à Édouard Villiers’; le roi regarde « lord Broghill comme la personne ipii peut le mieux le

« servir dans cette circonstance; il vous prie donc de

a passer promptement en Irlande et de lui jiromethe a tout ce qu’il pourra désirer s’il entreprend de per-

‘ Le 4 juillet 16.59.

* Joumaï* ofthe h. of C.. t. VII, p.705; — Thurloe,S/a(e-Paj5tfr5, t. VII. p. 0S3-Ü85, G8tî : — Hordeaxtx à Mazarin, SCjuin, 17 juillet IC.'U 'Docj/meM/j n® XXXVJII^.

‘ Le iO juin 1Ü59.

« suader à Henri Cromwell qu'il obtiendra du roi tout ce a qu’il croira devoir proposer. » Quand il fallut se rendre à l’évidence et reconnaître que Henri Cromwell s’était soumis, les royalistes s’en vengèrent en parlant de lui et des siens avec insulte : « Richard Cromwell est a retiré dans le Hampshire, écrivait-on à Hyde', n’ayant a dans sa bourse point d’argent et hors de sa bourse a point d’amis; Henri est chez son beau-père , dans le a comté de Cambridge; Claypole, qui est réellement a très-pauvre, se cache à cause de ses dettes, et fait « dire qu’il est en France; la fortune de la vieille femme a est fort au-dessous de ce qu’on croyait, et Faulcona bridge n’est pas du tout fier de l’aUiance. » Une telle chute des Cromwell et un tel mécompte des royalistes étaient une double victoire pour le Parlement H eut un autre succès plus important; Monk se prononça en sa faveur. Méprisant l’anarchie en vieux soldat, et la redoutant pour sa propre fortune comme pour son pays, Monk se ralliait toujours, sans s’y dévouer, au pouvoir qui, pour le moment, lui paraissait le plus capable de gouverner. Après l’expulsion du Long Parlement, il avait soutenu et servi Cromwell; quand Richard Cromwell fut renversé, il se décida, par les mêmes motifs et dans les mêmes limites, à soutenir le Long Parlement rappelé. Beaucoup d’officiers d’ailleurs, dans son armée, étaient républicains et en relation intime avec ceux de l’armée d’Angleterre; il n’eût nas été sûr pour lui de

■ Le 16 juillet 1659.

* Clarendon, State-Papers, t. III, p. 501, 598.

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