AU PARLEMENT
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cl d’en soumettre les officiers à une épuration. Elle en révoqua quelques-uns et les remplaça par des républicains ardents, démocrates fanaticpies ou sectaires mystiques. Mais ceux-là meme connaissaient Monk et avaient peu de goût à entrer dans son armée contre son gré ; ils firent acte de déférence en le prévenant, avant de partir lK)ur l’Écosse, qu’ils venaient d’être nommés dans tel ou tel de ses régiments. Monk écrivit sur-le-champ à l’Orateur • : « 11 entendait dire que la Chambre avait l’inten- « tion de déjilacer plusieurs de ses officiers : elle ne a connaissait certainement, par elle-même, ni leur per- ■ sonne, ni leurs qualités ou leurs défauts; elle en « jugeait sur des renseignements que d’autres lui foura nissaient; il se croyait lui, le général, aussi digne « d’être cru que personne ; il assurait la Chambre que a les officiers qu’on lui avait dénoncés étaient des « hommes honnêtes et fermes, et il répondait de leur « fidélité comme de leur bonne conduite, s La Chambre prit peur et revint sur ses pas ; les deux régiments de cavalerie et d’infanterie dont Monk était lui-même colonel furent exceptés de tout changement sans son aveu formel ; dans les autres corps, la plupart des officiers récemment nommés ne se rendirent pas à leurs postes et les officiers révoqués y restèrent. Par sa résistance efficace , ({uoique sans bruit, Monk grandit en Angleterre comme en Écosse, et dans le Parlement comme dans son armée ; ses rivaiu eux-mêmes, Fleelwood et Lambert, lui écri-
' Le 3 juin 1659.
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vaient fréquemment, soit i)Our le consulter, soit uniquement pour se maintenir en bons termes avec lui. La Chambre, en s’en méfiant, le ménageait comme un appui nécessaire, et il la servait sans lui appartenir'.
Les plus intimes conseillers de Cromwell, Saint-John et Tburloc, ne furent pas plus intraitables que ses fils : tt Expliquez-moi, je vous prie, demandait le chancelier « Uyde à M. Broderick’, comment il se fait que Sainta John conserve son crédit auprès des gens qui sont « maintenant en pouvoir, civils ou militaires ; est-ce que a Thurloe passera par la même porte ? Je ne comprends c pas que lui, qui est encore en danger d’être excepté a de l’amnistie, soit en même temps employé dans les « plus grands secrets du gouvernement, car j’ai des M raisons de croire qu’il se mêle autant que jamais des a affaires étrangères. » Les soupçons do Hydc étaient fondés; les chefs républicains, tout en laissant Thurloe en crainte que la réaction contre les sen iieurs de l’usurpateur ne vînt le frapper, avaient recoiu^ à lui pour les atl'aircs étrangères, et il continuait en effet de les diriger, s’en entretenant habituellement avec Vane et Scott, écrivant pour eux des dépêches, mettant à leur service scs relatior.s secrètes au dehors, à Paris, à Bruxelles, à Madiid, gardant seulement celte réserve qu’il ne leur
^ JoumaU of the h. of t.VII, p. 658, 670,6T7, 680; — Pari, hitt., t. XXI, p. 414, 426; — Thurloe, State-Papers, t. Vll, p. 669, —Baker, Chronicia, p. 705; — G uinble, ifonfc'j hi/a, p. 98-103;— Monk, Étude historique, p. 65 :— Hnrdaaiix à JUoaarm, 26 juio 1659 {Documents historiques, u° XXXIXJ.
’ Le 4 juiu 1659.