DE SIR HENRI VANE
les Millénaires, les hommes de la cinquième monarchie {lu’il s’alliait, pour assurer leur dévouement à la République, et à lui-même un parti, en la plaçant sous leur drapeau. Cette conduite, qu’il prêchait assidûment dans les réunions pieuses, valut bientôt à Vane, dans les rangs inférieurs de l’armée et du peuple, une faveur dont s’inquiétèrent les autres meneurs républicains, Haslerig, Nevil, Sidney, plus politiques que dévots; ils résolurent d’éloigner Vane en le faisant nommer ministre en Hollande. Ses amis réussirent à détourner ce coup; il ne fut pas nommé ; mais des deux parts, la méfiance et l’animosité restèrent profondes; ils se reprochaient mutuellement , les uns de ne pas voir les périls de la République, les autres de se jeter dans des alliances qui perdraient la République, loin de la sauver *.
Pendant que, dans leur Parlement et leur Conseil d’État, les républicains se livraient à ces dissensions intestines, deux orages s’amassaient au dehors, près de fondre sur la République et le Parlement.
Depuis la mort de Cromwell, le parti royaliste semblait immobile : les vieux Cavaliers, fatigués et ruinés, étaient, pour la plupart, peu enclins à se relancer dans les hasards des conspirations et de la guerre; parmi leurs chefs, les plus respectés, le marquis de Hi;rlford. le comte de Southainpton , bien que toujours fidèles,
ï Clarendon, State-Papers, t. III, p. 505 306; — B(ucte^ rianæ, 1. I, part, i, p. 74-76, 101; — The Life and death of sir Henry Vane (London, 1663) passim ; — Biographia Britannica, art. Vank, t. VI, p. 3n'^9-3998 ; — Bordeaux à Brienne, 10 et 17 juillet 1650 {Z)ohistoriques, XLll).