‹ Histoire du ProtectoratChapitre 89 sur 118 · PE I.OCKHART AVEC MAZARIN · texte numérisé non relu

PE I.OCKHART AVEC MAZARIN

plans des royalistes, donnant ainsi à sa prudence les airs au moins de la bassesse, et commettant, pour une bonne politique, d’inutiles indignités, a Si nos amis « ponvaient se tenir sur leurs jambes,» écrivait Ormond à Hyde ' « jusqu’à ce que le cardinal crût qu’il dépend « de lui de faire pencher la balance et d’en avoir tout « l’honneur, il engagerait probablement alors la France a dans notre cause. Mais pour qu’il eût cette conviction, « il faudraitque son jugement, qui est très-fin, comptât « sur la presque infaillibilité du succès; et en attendant, « il vivra bien, n’importe par quels moyens, avec la a République, et avec son très-habile ministre, Lock- « hart, auquel il porte une haute estime. » — « Je puis « assurer Votre Éminence, » écrivait Bordeaux au cardinal au moment où l’insurrection de Booth était près d’éclater ’, a que ma conduite a été fort conforme a à ses ordres, et qu’il ne m’est point arrivé de laisser a aller aucune parole capable de produire de la jalousie, a ni de faire espérer aux royalistes que le roi appuie a leurs desseins*. »

Jamais la situation du Parlement républicain n’avait

semblé meilleure . vainqueur au dedans, il était en sûreté au dehors; son ambassadeur triomphait du roi à Fontarabie comme son général des royalistes dans le comté de Chester. De solennelles actions de grâces furent

* Le 29 août 1650.

* Le 7 août (28 juillet v. s.) 1659.

* Clarendon, Stata-Pa^ari, l. III, p. 538, 540, 544, 549-550, 54T; / ^Lettres du cardinal Mazarin sur Us Négociations dts Pÿrénécs, 1. 1,

p. 151-152; — Bordsaua: à MoMarin, 7 août 1659 (pocumtnts histo^ riquM, n* LI).

«s UVRE II —MENÉES DE IJlUBKRT

célébrées dans tout le pays pour remercier Dieu de la délivrance de la République La Cité de Londres donna à la Chambre un grand banquet où les deux pouvoirs se prodiguèrent les félicitations et les engagements mu~ tuels*. Hais ces brillantes manifestations n’abusaient personne, et l’appréhension d’un péril imminent pesait sur tous les esprits au milieu des fêtes de la victoire.

Dès qu’il apprit la défaite de Booth, le Parlement s'empressa de témoigner au vainqueur sa satisfaction. 11 vola, pour Lambert *, un joyau de mille livres sterling et des présents de cent, cinquante et dix livres aux messagers de grades divers qui avaient apporté les nouvelles. Mais à mesure que la reconnaissance s’étalait, la méfiance allait s’aggravant. On disait, dans la Chambre, que Lambert voulait se faire Protecteur , et saisirait probablement cette occasion de le tenter. L’armée, de son côté, ne dissimulait pas son humeur contre le Parlement; en. voyant leurs officiers recevoir leurs brevets de la main de l’Orateur, les soldats se moquaient tout haut de leur nouveau général , déclarant qu’ils voulaient l’avoir avec eux à la première campagne, et qu’ils n’iraient pas plus loin que Lenthall ne les conduirait. Lambert ne se hâta point de revenir à Londres après sa victoire : on entendait dire qu’il se promenait dans le pays, sondant les dispositions du peuple, cigolant

I I.e 6 octobre 1659.

* Le même jour 6 octobre J — Jounuilt of the h. of C., I.VII, p. 786, 790, 792, 793 ; — Whitelocke, p. 684 ; — Bordeaux à Utuarin, 6 octobre 1659 {Documentt historiques, n° LU).

• Le 93 août 1659,

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