‹ Histoire du protestantisme en TouraineChapitre 11 sur 30 · IÔ · texte numérisé non relu

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académies d'Allemagne. Ils examinaient les étudiants qui avaient fini leurs études et se destinaient à la carrière ecclésiastique. Ainsi, en 1609, Nicolas Despinet, natif de Normandie, et Jean Tassan, de Genève, furent consacrés, après avoir prêché devant l'assemblée réunie à Poligny, expliqué quelques textes de l'Ancien et du Nouveau-Testament, développé une question philosophique et promis de s'employer « sincèrement, fidellement et devant le Seigneur, à l'œuvre d'iceluy, chacun en son endroit (1). »

Si les luttes sanglantes semblaient ne devoir jamais recommencer, les consistoires ne pouvaient oublier que le clergé romain n'avait pas signé la paix. La guerre avait changé de nature, mais elle n'était pas terminée. Au lieu de se battre à coups d'épées, on se battait à coups de plumes. Les théologiens catholiques écrivaient des volumes dans lesquels le protestantisme était tort malmené. Le synode de 1601 chargea le pasteur de Tours, Pineau des Aiguës, de répondre aux adversaires (2); et plus

(1) Synode de Poligny, 1609 (Mss de Blois).

(2) Synode de Loudun, mars 1601, art. 8 (Mss de Blois). Le synode général tenu à Montauban en 1 5 0 ; avait déjà chargé Des Aiguës t d'entrer en conférence avec ceux de l'église romaine. » Aymon, Synodes, t. I, p. 186.

fard, en 1608, les membres de l'assemblée émient le vœu qu'on fit choix de « deux personnages en chacune province pour se consommer particulièrement sur les controverses, afin d3estre pretz à la deffense de la vérité lorsqu'elle se\ait impugnée (attaquée) par escrit ou aultremènt (1). »

L?s questions financières étaient traitées avec beaucoup de soin par les synodes. C'était eux bui distribuaient les deniers du roi. — En 1 (io 1 , il fut décidé que les sommes données par Sa Majesté seraient partagées également entre les ministres et les proposants, et que les veuves des pasteurs toucheraient « la moitié de la portion d'un ministre. (2). »

Maintenir la discipline était l'une des grandes préoccupations des synodes.

Celui de File-Bouchard défend les jeux même licites, « à cause de la perte de temps et d'argent (3). » Les bateleurs et les joueurs de violon sont invités à s'abstenir de leurs exercices, s'ils veulent être reçus à la communion (4). Les eunes filles ayant un père catholique et une père protestante et qui « se meslent de dancer,

(1) Synode de Preuilly, 1608. art. 24 (Mss de Blois).

(2) Synode de Saumur, juillet 1G01, art. 9 (Mss de Pois).

('5} Synode de 1599, art. 3 (Mss de Blois). (4) Synode de iGoo, art. 10 (Mss de Blois).

s'excusans sur la volonté de leur père, qui le? y contraignent », sont fortement censurées.

Le synode de l'Ile-Bouchard, tenu en 160:, blâme énergiquement les jeux de cartes, ];s danses et les momeries, et ordonne aux con&stoires d'y tenir la main et de faire respecter la discipline. Cette même assemblée ayant appris que certains pères de famille envoyaient 'eurs enfants aux écoles romaines et leur permettaient d'aller à la messe, enjoint aux égli-es de prendre des mesures sévères contre les coupables (1).

Le synode de Preuilly décide que les Bazochiens faisant profession de la Religion réformée et qui «adhèrent aux insolences de ladite société », seront censurés, et en cas ie continuation « desdites insolences, » seront suspendus de la Cène (2). — Un certain Vincent Jourdain, ancien cordelier, avait été inscrit en 1602 sur le rôle des étudiants; mais on le déclare indigne de subvention en ibo3, à cause de sa conduite scandaleuse (3).

Une plainte ayant été portée par L'église de Paris contre un pasteur, le sieur du Perche, la compagnie ordonne de réunir le colloque

(1) Synode de i6o5, art. n et art. l5 (Mss d; Rlois).

(1) Synode de 1602, art. 12 (Mss de Bloisï. (:>) Synode de Bauge, rGo3, art. 5 (Mss de Blois).

Je Touraine, de sommer l'accusé de companitre, et donne à ce colloque le pouvoir de le dtposer au cas où il ferait défaut. En attendait, elle le suspend de la Cène et du ministère, pour avoir quitté son église sans congé et èvoir menti en déclarant qu'il était allé assister au synode de l'Ile-de-France (i .

Les gens chargés de lire la Bible dans les templfes et qui restent couverts sont censurés. Les membres des églises sont invités à être attentifs à la lecture de la parole de Dieu et on leur rappelle que pendant le chant des psaumes ils doivent ôter leurs chapeaux, à moins qu'ils ne soient indisposés (2).

Un blâme sévère est adressé à tous ceux qui abandonnent les saintes assemblées, soit pour s'occuper de leurs affaires, soit pour « s'amuser aux tavernes et aux jeux illicites avec grand scandale (3). » Les synodes veillent aussi à ce que les pasteurs soient payés par les églises. L'assemblée de Preuilly de 1608, censure la paroisse de Chatillon et Loches, qui n'avait pas tenu les promesses faites à Grenon, ordonne

(1) Synode de Loudun, 1616, art. 20 des faits particuliers (Ms appartenant à M. le pasteur Lièvre, d'Angoulême).

(2) Synode de Saumur, juillet iôor, art. 10 (Mss de Blois).

(3) Synode de Saumur, 1Ô07, art. 11 (Mss de Blois).

que tous les arrérages dûs à ce ministre lii seront soldés intégralement, à raison de 3)o livres par an, moitié par Loches, moitié par Châtillon ; et déclare que si les membres d^ la communauté n'obéissent pas à cette injonction, leur pasteur leur sera enlevé (i).

Ainsi, au commencement du xvne sièc.'e, les églises développent leur vie intérieure sjus la ferme direction des synodes provinciaux et celle de Tours grandit peu à peu. Elle n'avait qu'un ministre en 1600; elle en eut deux en i6o3. Couppé, tout jeune encore, car il était proposant en 1602, fut adjoint à Pineau des Aiguës, qui, en 1595, remplissait déjà les fonctions pastorales dans notre ville et dans les environs (2). La guerre ruine les églises aussi bien que les peuples ; mais la prospérité est fille de la paix.

(1) Synode de 1608, art. 38 (Mss de Blois).

(2) La France protestante, 2' édition, au mot Couppé, dit qu'il fut pasteur à Tours à partir de 1601. ('.'est une erreur, car nous lisons dans les actes du synode ten.i à Baugé en avril i6o3 : « M. Couppé ayant séjourné un mois en l'église de l'Isle-Bouchard, s'en ira sans aul.un délay servir à l'église de Tours. » Actes de l6o3, art. 4. (Mss de Blois).

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